ODONCHIMEG DAVAADORJ

ZOOM




du 25 janvier au 23 février 2019. Vernissage le vendredi 25 janvier 2019



from January 25 to February 23, 2019. Opening on Friday, January 25, 2019

 
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ENGLISH PRESS RELEASE BELOW



D'origine mongole, Odonchimeg Davaadorj s'est confrontée à une nouvelle culture occidentale en partant à l'âge de 17 ans pour la République Tchèque puis la France. C'est certainement cette identité multiple qui lui permet d'exprimer sa perception du monde à travers différents médiums. Elle pratique le dessin, la peinture et la sculpture mais également la vidéo, la performance, la danse, la poésie et plus étonnamment le travail sur le vêtement . Elle explique : « Je pense qu'au bout d'un moment, on sent qu'une œuvre doit sortir. Si c'est un poème, il faut que je l'écrive. Si je n'arrive pas à écrire, il faut que je bouge, que je danse ou que je dessine. »

Jusqu'à son départ pour l'Europe, Davaadorj a construit une proximité rare avec la nature, de part un mode de vie proche de l'autosuffisance au sein d'un village isolé. Les œuvres qu'elle développe depuis ses études se trouvent inéluctablement incarnées par cet attachement au champ des espèces animales et végétales. Une nostalgie certaine se dégage de ces petits mondes que l'artiste déploie sur toutes sortes de supports, et aussi une grande poésie. Chaque élément (personnage, animal, maison, etc.) se revendique du souvenir mélancolique de son enfance. Ils sont souvent liés par un fil rouge dont la nature intrigante conforte l'aspect onirique de son travail. Cette couleur relative au sang, à la vie, est enrichie par la fragilité du fil de couture, sorte d'artère primordiale à son dessin. Sa palette, mais également son goût pour le tissu et la sculpture sont autant de témoignages de l'admiration de Davaadorj pour le travail de Louise Bourgeois, excessivement féminin, intense et charnel à la fois.

L'ensemble de l'exposition se détaille comme un zoom sur de petits univers qui, réunis tous ensemble, dévoilent l'inconscient de l'artiste. Très attirée par la poésie et l'étrangeté, elle éprouve profondément le besoin de reproduire les idées qui affluent dans son esprit. Au départ, il y a une intuition mais l'intention rattrape rapidement le processus créatif et des mondes fantasmagoriques apparaissent. Malgré ces divergences, l'artiste souhaite que ses œuvres soient immédiatement compréhensibles, sans besoin d'aucune référence artistique, en confrontation directe avec le spectateur.

La palette de l'artiste est volontairement restreinte (rouge, bleu, noir) car elle souhaite se concentrer sur le trait. La nudité des corps canalise le regard sur la vérité. De l'essence même de l'être vivant, rien n'est dissimulé. Le trait peut se focaliser sur la représentation des thèmes universels existentiels, l'essence des choses, que chacun partage avec l'autre tout en le vivant à travers ses singularités.

Ce sont des êtres sans tête qui posent une question récurrente : « Est-ce que dans la société tous les gens ont leur tête ? Je pense qu'il y a beaucoup de gens sans tête, qui suivent les mouvements et qui sont juste des corps » se dit-elle.

Née en 1990, Odonchimeg Davaadorj est diplômée de l'Ecole Nationale Supérieure de Paris-Cergy. Son travail a été montré à la Galerie Premier Regard et au Salon de Montrouge en 2018, aux différentes éditons de Salo, au 6b et à la Gallery 976 d'Oulan-Bator.
En 2013, elle a réalisé une performance au Palais de Tokyo. Elle est lauréate de plusieurs prix, dont celui de l'ADAGP du Salon de Montrouge et sélectionnée pour le prix Artagon II.

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Odonchimeg Davaadorj left her native Mongolia at the age of 17 and went to the Czech Republic then France, where she encountered a western culture that was new to her. This multi-layered identity has certainly influenced her gift for expressing her vision of the world via different artistic media. She draws, paints and sculpts as well as working with video, performance, dance, poetry and, more surprisingly, clothes. As she explains: "I think that you get to a point where you feel a work has to come out. If it's a poem, I have to write it down. If I can't write, I have to move, whether I dance or draw."

Until she left for Europe, Davaadorj built up an unusually close relationship with nature thanks to an almost self-sufficient lifestyle in a remote village. The work she has produced since her student years is inescapably imbued with this attachment to the sphere of animal and plant species. An element of nostalgia emanates from the little worlds the artist creates on all sorts of media along with an exquisite lyricism. Each element, whether a person, animal or house, expresses the melancholy remembrance of her childhood. They often feature the colour red, an intriguing unifying thread which reinforces the dreamlike nature of her work. The colour, embodying blood and life, is enriched by the fragility of the sewing thread, a sort of primary artery weaving through her drawings. Davaadorj's palette and fondness for fabrics and sculpture bear witness to her admiration for Louise Bourgeois' work, extraordinarily feminine, intense and sensual.

The exhibition puts these tiny universes under the microscope, gathering them together to reveal the artist's subconscious. Strongly attached to the poetic and the strange, she has a profound need to reproduce the ideas that flow through her mind. The creative process is intuitive to begin with, but quickly becomes intentional as phantasmagorical worlds emerge. Despite these contrasts, the artist wants her works to be immediately intelligible, without the need for artistic references, in a direct encounter with the viewer.
 
She keeps her palette resolutely simple – red, blue and black – because she wants to concentrate on the lines. The nudity of the bodies guides perception towards the truth. Nothing is hidden when it comes to the very essence of living beings. The lines also focus on the representation of universal existential themes, the essence of things which each individual shares with everyone else while experiencing it through the prism of their uniqueness.

Headless beings ask a recurring question: "Does everyone in society have a head on their shoulders? I think lots of people have lost their heads, they follow movements and they are only bodies," she says.

Born in 1990, Odonchimeg Davaadorj graduated form the Ecole Nationale Supérieure d'Arts de Paris-Cergy. Her work has been exhibited at Galerie Premier Regard and the Salon de Montrouge in 2018, the various Salo events, 6b near Paris and Gallery 976 in Ulan-Bator.
In 2013, she created a performance piece at the Palais de Tokyo. She has won a number of awards, including the Salon de Montrouge ADAGP prize, and been selected for the Artagon II prize.