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SAMEDI, c’est GALERIES #37

Friday, 30 March 2012 14:24 Published in Blog

En cette semaine dédiée au dessin, SAMEDI, c'est GALERIES prend le relai du post de Miss D. sur DRAWING NOW et se consacre exceptionnellement à son HORS LES MURS à seulement quelques minutes de la foire.

Vous ne pouvez pas louper l'entrée de l'immeuble rue de Richelieu avec ses grandes bannières et une immense œuvre de Jacques Villeglé en façade. Artiste invité par Philippe Piguet, il nous parle en hiéroglyphes. Attention quand même de ne pas vous laisser absorber par le déchiffrage et la contemplation, la circulation va à toute vitesse!




Après un accueil chaleureux, vous pouvez découvrir un très beau grand format d'Iris Levasseur représentée par la galerie Odile Ouizeman. Outre l'étrangeté envoutante du sujet, on retrouve bien le "coup de pinceau" (ou plutôt ici "le coup de crayon") admirable de l'artiste.






Dans une grande salle, sont mis face à face, dans un accrochage sobre et qui laisse respirer les œuvres, un fusain de Nina Fowler (Galerie Dukan Hourdequin), des dessins de Le Gun dans des cercueils (Exquisite Corpse Series, Galerie Suzanne Tarasiève), un grand format de Jérôme Zonder, qui vient habilement compléter l'exposition récente chez Eva Hober, bien que j'ai préféré les œuvres vues à la galerie à celle présentée ici, et enfin des découpages de Mathias Schmied (Galerie Olivier Houg). Ce dernier a découpé et plastifié des pages de comics (en VF: de bandes dessinées), ne retenant que des explosions ou des éléments d'architecture, pour ensuite les agencer en une frise. Le procédé est original et l'ensemble vraiment magnifique! J'ai beaucoup aimé.














Il faut oser pousser un rideau, dans cette même salle, pour découvrir une installation incroyable d'Eric Winarto (Galerie Charlotte Moser). Une longue bande qui semble faite de diverses séquences est éblouissante. Réalisé avec de l'acrylique blanche que fait vibrer la lumière noire, le dessin est minutieux et en même temps d'une belle sensibilité. Voici encore une variante bien peu traditionnelle du dessin!










Toujours au rez-de-chaussée, une petite salle est consacrée à Pierre Weiss, invité par Catherine Millet (auteure cette année du Musée Imaginaire de Drawing Now).




D'autres surprises nous attentent à l'étage, avec à gauche plusieurs salles consacrées à Gilgian Gelzer (Galerie Jean Fournier), qui joue avec les perspectives avec de grands traits rouges et bleus.








A droite, d'immenses dessins-écritures au ton sarcastique et militant de Charles Derenne (Galerie du Jour - Agnès B.) viennent envahir les murs blancs.






Et puis une superbe vidéo, Other Faces, de William Kentridge (Marian Goodman) qui vous retient, avec une bande-son troublante et l'habituel talent de l'artiste. Prenez 9 minutes pour voir la vidéo. Elle est visible également à la galerie dans le cadre d'une exposition autour du dessin (Dean, Penone, Orozco, Toroni et Wiener).






On change ensuite radicalement d'univers avec les fragiles dessins et les sculptures de Catherine Melin (Galerie Isabelle Gounod). Toute en retenue, l'artiste a inscrit avec une grande délicatesse ses structures étranges, éléments d'architecture, objets, on ne sait, qui répondent avec grâce à d'autres structures, tangibles celles-ci, en bois calciné, presque intemporelles.












On termine avec un grand format de Nina Fowler.




Je ne peux que vous recommander cette visite à l'opposée des stands bien alignés et de la foule. C'est tout à l'honneur de Drawing Now et des exposants que de nous proposer cette respiration.
C'est un peu comme se balader dans des galeries le samedi : avoir tout son temps pour regarder les œuvres et faire quelques rencontres. Il y a d'ailleurs pas mal de galeries qui ont joué le jeu avec une programmation tournée vers le dessin, voire des expositions pensées vers cette actualité!
A samedi prochain!

Drawing Now Hors les murs
17 rue Richelieu
jusqu'au 1er avril
http://www.drawingnowparis.com

Drawing Now 2012

Friday, 30 March 2012 10:16 Published in Blog

Le printemps… les foires à Paris

Parler de foires auxquelles Backslash ne participe pas, l’exercice est difficile et peut s’avérer dangereux ! Eviter la langue de bois, donc…

First round : Drawing Now, le désormais célèbre rendez-vous des collectionneurs de dessins contemporains. L’après-midi professionnel est le bon moment pour découvrir un salon sans trop de monde dans les allées. Et cette année promet d’être un bon cru !
La galerie Magnin-A présente quelques artistes africains et notamment un grand dessin d’Abu Bakaarr Mansaray présentant une machine complexe, comme décortiquée de sa structure, qui me rappelle une vision futuriste tout droit sortie d’un roman de George Orwell ou de Philip K. Dick.

La galerie rouennaise MAM montre un grand ensemble de portraits de nos chers playmobiles ! Avis aux amateurs et nostalgiques de l’enfance, ces œuvres sont d’une excellente qualité et l’art séculaire du portrait s’y trouve parfaitement respecté.

Le stand propose également des dessins de François Trocquet qui jouent avec maestria sur la notion de perspective.

Chez Patricia Dorfmann, on retrouve avec plaisir les chimères de Lionel Sabatté dont Séverine vous avait parlé la semaine dernière dans son rendez-vous du samedi.

Un peu plus loin, la future galerie parisienne XPO Gallery, déjà installée à Londres, montre les enfants géométriques de Cédric Quissola. Ne ratez surtout pas l’ouverture, rue Notre-Dame de Nazareth (et oui !) de nos confrères britanniques, le mois prochain !

Chez Claudine Papillon, l’excellence de Gaëlle Chotard ! Impossible de prendre une photo correcte tant la délicatesse de l’œuvre ne peut s’apprécier que dans le réel. A vous donc de faire le déplacement !

Autre point fort du stand : Lotta Hannerz et son endormi(e) qui envahit le visiteur dans la rêverie.

Chez Bernard Jordan, Guillaume Millet nous plonge dans des perspectives de vues d’expositions, ses propres vues d’expositions, sorte de mise en abîme par le dessin. A voir !

Attention coup de cœur : Thomas Lévy-Lasne, Aurore Pallet et leur hyper-sympathique galeriste Isabelle Gounod ! Thomas dont les aquarelles n’ont rien à envier au plus précis des pointillistes.

Aurore dont l’efficacité ne tremble pas derrière un trait de crayon sûr et agile.

Les belges Aeroplastics maintenant. J’avoue : j’adore ! Les explosions de Gavin Turk. Plus d’un artiste s’y sont frottés et lui ne déçoit pas !

Et puis il y a Mircea Suciu et ses grands formats que je vous recommande vivement !

Passons maintenant à la section Emergence ! Bon… Je ne vais pas vous mentir, il y a les copains !
Anouk d’abord ! A la galerie ALB Anouk Le Bourdiec, on est toujours bien reçu ! Samuel Martin présente des grands dessins sur toile où les situations absurdes contrebalancent le trait ultra précis. Des personnages nus rient et s’amusent devant leur maison en flammes ou complètement détruite, pastiches d’une modernité post-seconde guerre mondiale et parfois très américaine, du moins dans le rendu.

Et Didier ! Depuis l’ouverture de sa galerie à Marseille, Didier Gourvennec Ogor n’a de cesse d’oser et de relever des paris ! Nouvel exemple : un focus sur le travail de Timothée Talard. A la manière d’un travelling de cinéma, on devine le condensé d’une vie, ses moments-clés. The Age of Innoncence is Over et la dureté de la vie passe sur un être.

Adeline enfin ! Pour la galerie L.J., on n’a que du bon à dire également ! L’accrochage est dense mais ça lui va bien et les artistes sont chacun mis à l’honneur. Anne Geoffroy démultiplie ses lits de fer, images de pensionnats (proches de celles de la prison) et des souvenirs d’enfance parfois difficiles.

Brendan Monroe, lunaire et coloriste, étend ses paysages à perte de vue qu’un personnage vient parfois peupler dans une solitude complexe.



Le Musée Imaginaire de Catherine Millet, le VIP Lounge aux couleurs de Julien Colombier, …, ne ratez pas cette nouvelle édition de Drawing Now !


Allez hop ! Au grand Palais ! Premier essai pour Guillaume Piens. Art Paris, cette année, on y rentre facilement. Pas de file d’attente démesurée à l’entrée pour ce soir de vernissage et c’est agréable. Je vous ferai un compte-rendu en fin de foire, histoire de ne pas tout mélanger. Et les posts trop longs, on sait bien que personne ne les lit !




SAMEDI, c’est GALERIES #36

Friday, 23 March 2012 16:24 Published in Blog

Premier SAMEDI, c'est GALERIES depuis un mois. Une petite pause liée en partie au montage de la fantastique exposition de Charlotte Charbonnel que je vous invite bien sûr à venir découvrir.

Un SAMEDI, c'est GALERIES qui revient dans une nouvelle formule!
Face à l'intense activité de BACKSLASH, votre rendez-vous hebdomadaire passe du parcours à l'hommage. Une galerie mise à l'honneur par semaine. J'espère que cela vous plaira tout autant. Le choix s'annonce difficile…

Cette semaine, aucun problème. J'ai couru, que dis-je, j'ai pédalé jusqu'à la galerie Patricia Dorfmann qui a verni samedi dernier, en même temps que nous, l'exposition de Lionel Sabatté, artiste aussi sympathique que talentueux.

Cela fait longtemps que l'on peut le suivre, plus récemment à Paris pendant la FIAC (dans la galerie de l'évolution du Museum d'Histoire Naturelle),



La Meute, 2006 - 2011

Moutons de poussière agglomérés sur structure métallique, vernis.

Loups en moutons de poussière

Dimensions : Echelle 1

MUSEUM D'HISTOIRE NATURELLE Grande Galerie de l’Évolution - Jardin des plantes, Paris. Fiac 2011 "Hors les murs"
© F-G Grandin
Courtesy Galerie Patricia Dorfmann



Chevêche Athena
, 2010
Peau de pied (corne) et ongles

10 x 6 cm
MUSEUM D'HISTOIRE NATURELLE Grande Galerie de l’Évolution - Jardin des plantes, Paris. Fiac 2011 "Hors les murs"
© F-G Grandin
Courtesy Galerie Patricia Dorfmann


ou chez Florence Léoni avec Baptiste Debombourg (un autre artiste formidable).
Je vous en avais parlé là :
http://www.backslashgallery.com/component/k2/item/121-samedi-cest-galeries-.html#26&Itemid=286

ou encore à Artparis, à SLICK dessin, ou dans une exposition organisée par Caroline Smulders, I LOVE MY JOB, pendant la semaine du dessin l'année dernière :
http://www.backslashgallery.com/component/k2/item/78-samedi-cest-galeries-.html#9&Itemid=286
Impossible de le louper, donc.

Avec Lionel Sabatté, le plaisir de la découverte est toujours renouvelé. Et c'est cela qui compte vraiment.

La galerie Patricia Dorfmann, qui a l'une des plus belles programmations à mon avis, lui avait déjà consacré une exposition personnelle en 2010 et un duo avec Baptiste Debombourg la même année.


Vue de l'exposition "Souffles oxydants" à la Galerie Patricia Dorfmann (16 octobre-20 novembre 2010)
Courtesy Galerie Patricia Dorfmann



Vue de l'exposition "Quelques secondes roses"
Baptiste Debombourg - Lionel Sabatté
27 mars / 30 avril 2010
Courtesy Galerie Patricia Dorfmann


Personnellement, je suis tombée sous le charme dans une exposition de groupe organisée par Joël Riff au 6b à Saint-Denis, avec un loup et de ce que j'appelle affectueusement des "dessus de placards" :
http://www.backslashgallery.com/blog/item/68-outre-foret.html


Mais retournons à l'exposition qui présente une toute nouvelle série de travaux réunie sous le titre de Marrella Splenden. C'est le nom d'une créature qui vivait dans le fond des océans, il y a 500 millions d'années, nous dit le communiqué de presse. Pour l'artiste, elle symbolise l'idée d'un dialogue à travers le temps et d'une remontée des profondeurs, métaphore de la pratique artistique.
Et c'est bien de dialogues dont il s'agit. Dialogue avec la matière avant tout, comme toujours dans le travail de l'artiste. Dialogue avec l'éphémère et la trace du temps aussi.

Cela démarre avec une grande toile où l'on reconnaît un personnage en chemise blanche mais dont le visage serait un ensemble presque changeant de matières et de couleurs.

Puis une série de travaux sur papier absolument incroyables d'animaux étranges avec des jeux de textures (saleté, acide, rouille, etc.), entre le merveilleux et les rebuts de la vie.















Il y a aussi en vitrine quelques insectes faits de peau morte et de rognures d'ongles qui arrivent à nous faire dépasser notre rejet culturel pour cette matière et même nous émerveiller.

Une autre série ouvre la grande salle. D'étranges personnages de poussière semblent vouloir nous montrer quelque chose.










Enfin, 5 grandes toiles viennent ponctuer l'espace. Aussi intrigantes les unes que les autres. J'ai été happée par celle du centre, où l'on retrouve ce personnage à la chemise blanche (métaphore de nos contemporains?) avec de nombreux visages qui s'étendent sur la toile. Des yeux, ici et là, semblent regarder ailleurs.




























Ces œuvres sont autant de tremplins pour l'imaginaire qu'un régal pour l’œil, autant matières à réflexion que prétextes à rêver.



Lionel Sabatté
"MARRELLA SPLENDENS"
jusqu'au 14 avril

GALERIE PATRICIA DORFMANN
61 rue de la Verrerie
Mardi - Samedi / 14h - 19h
http://www.patriciadorfmann.com/

et

DRAWING NOW
29-03-12 / 01-04-12
Stand B2

avec

Rebecca Bournigault,
Raphaël Boccanfuso,
Baptiste Debombourg,
Lionel Sabatté,
Wu Xiaohai

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