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SAMEDI, c’est GALERIES #35

Friday, 24 February 2012 17:18 Published in Blog

Cela fait quelques temps que galeries et lieux d'exposition des 10e et 9e arrondissements se sont réunit pour proposer parcours et vernissages communs. BACKSLASH vous en avait déjà parlé là :
http://www.backslashgallery.com/component/k2/item/95-samedi-cest-galeries-.html#15&Itemid=286
Ils se sont tous rassemblés il y a 10 jours pour un nouvel évènement.
C'est l'occasion pour SAMEDI, c'est GALERIES de vous faire découvrir ce qui se passe en ce moment dans ce quartier en pleine effervescence situé entre le Haut Marais et la Gare du Nord. Pratique.











Premier arrêt chez Primo Piano dans une petite rue entre la rue d'Hauteville et la rue du Faubourg Poissonnière. Primo Piano organise des expositions relativement régulièrement mais elle ne fait pas que cela! Elle édite également des éditions limitées d'artistes et propose du conseil en communication et relations publiques. Comme de plus en plus de structures, elle conçoit son activité de promotion comme un tout et a de multiples casquettes.

Pas de plaque. Une porte blanche. Il ne faut pas hésiter à sonner. L'accueil est très sympathique!



L'exposition actuelle est proposée par Hanna Alkema. L'artiste, Yan Tomaszewski, l'a nommée "Embellissements". Ce passionné d'architecture et d'alpinisme, diplômé de l'ENSBA et de Normale Sup' en 2011, sélectionné au Salon de Montrouge la même année, et doctorant à l'EHESS, a effectivement son mot à dire sur l'embellissement de Paris.
L'artiste présente un ensemble d’œuvres qui se jouent avec humour des grands mouvements parisiens de réforme urbaine, des grands travaux haussmanniens qui ont transformé (ou défiguré, c'est selon) Paris à des projets plus actuels.
Avec "Embellissements (Francigenum opus)", une série de photocopies de clichés de Paris, Yan Tomaszewski retravaille des vues contemporaines où les éléments d'architecture sont revisités au feutre dans une version plus gothique.
Il y a aussi cette petite peinture à l'huile, confrontation entre le célèbre peintre romantique Caspard David Friedrich et le portrait officiel du Baron Haussmann, très XIXe par Henri Lehmann.












Il termine son remaniement par une vidéo pleine d'humour, "Proposition pour un musée sur une île déserte", en s'attaquant à l'île Seguin, devenue l'enjeu de tant de projets depuis maintenant bientôt 20 ans! Yan Tomaszewski y propose aussi le sien, il n'y a pas de raisons! Celui d'un musée évidemment. On le voit errer en explorateur, casque de chantier sur la tête, dans cet immense terrain industriel en devenir avant de tracer au sol un plan (dérisoire) pour un musée imaginaire.









Yan Tomaszewski
Embellissements
jusqu'au 24 mars

PRIMO PIANO
4 rue Gabriel Laumain
75010 Paris
http://www.primopiano.fr/
Du jeudi au samedi de 14h à 19h




Rue Bleue, à deux pas, Warm Grey, une agence de création graphique créée par Franck Blais et Jean-Louis Chapuis, a généreusement dédié un espace à la création plastique contemporaine avec une programmation pointue et éclectique. Depuis septembre 2009, l'espace d'en bas se veut un espace de monstration, de recherche et d'aide à la création, modeste mais concret, pour les artistes.

A l'occasion des vernissages communs du 15 février dernier, Aurélien Froment a été invité à projeter "Fourdrinier Machine Interlude", une vidéo de 10 minutes qui avait été montrée en juin 2010 à Bâle pour Art Parcours, commande de MCH Swiss Exhibition.






L'espace d'en bas a également exposé Remy Briere, Jean-Jacques Lebel ou Raphaëlle Bidault-Waddington. Un espace et une programmation à suivre. Une démarche généreuse à saluer.


L'espace d'en bas
2 rue Bleue
75009 Paris
http://www.warmgrey.fr
du lundi au vendredi de 14h à 19h




Tout prêt du boulevard Magenta et de la Gare de l'Est, la Galerie Jérôme Poggi présente la première exposition personnelle de Julien Crépieux, jeune artiste qui aime s'approprier films, images, textes ou musiques via différents médiums.
Là encore, il ne faut pas hésiter à sonner et à s'aventurer dans la cour. Une charmante jeune femme vous accueille avec un grand sourire et un un livret détaillé sur les œuvres.



Première oeuvre : "Reprise de volée". La chaleur est étouffante. Cette installation est composée de plusieurs diaporamas projetés sur des écrans de télévisions éteints. Le dispositif est astucieux. Personnellement, j'aime beaucoup le bruits des diapositives qui s'enclenchent. Mais là n'est pas le propos. C'est de lumière dont il s'agit ici. Les images utilisées proviennent de films  dans lesquels la lumière éblouit un personnage, qui s'en protège.





Dans l'espace inférieur de la galerie est présentée une vidéo, "Sans titre (Spaceship Earth)", un plan serré sur un sol aride parsemé d'une végétation rare. Expérience contemplative tandis que le cadre s'élargit lentement.





Près de l'escalier, un calembour, en rouge sur blanc , petit commentaire discret sur l'exposition : "Tout fout le camp", dont l'ironie et l'humour sont salvateurs.



Et pour finir, il y a ces petits collages de la série "Up_AnD_Downloading".




Julien Crépieux
Rien ne bouge
jusqu'au 24 mars

Galerie Jérôme Poggi
115-117 rue Lafayette
75010 Paris
http://www.galeriepoggi.com/
du mardi au samedi de 10h à 19h





Et pour finir en beauté, un lieu qui vaut vraiment la peine d'être découvert, sans parler de la sublime exposition d'Ulla von Brandenburg.

Le lieu d'abord. Square Maubeuge. Un bel immeuble de style. Là encore, on prend son courage à deux mains, on sonne et on monte au deuxième étage. Pas de plaque mais bientôt on vous ouvre et vous invite chaleureusement à entrer.



Un espace d'exposition dans un  appartement fabuleux! Beaucoup de lumière. Style ancien. Ensemble très soigné. Loin d'être une solution par défaut, l'appartement est le point de départ d'un engagement et d'une réflexion réelle sur l'espace privé comme lieu d'exposition. Il y a des galeries dans des appartements et il y a ROSASCAPE. La spécificité de l'espace, son intimité, permet d'explorer d'autres normes d'accrochage et surtout un autre regard sur les œuvres.
La programmation y est de grande qualité (Benoît Maire, Fabien Giraud, Katinka Bock) et l'identité visuelle et intellectuelle clairement pensée et énoncée.

La structure ensuite. Loin de se cantonner à des expositions et à de vagues principes, ROSASCAPE est un vrai espace de rencontre et de projets : rencontres entre artistes et penseurs du monde contemporain avec les rendez-vous "Who's talking", édition de livres d'artistes, rencontres autour de la question du livre d'artiste pour tous les acteurs, de l'artisan au collectionneur, édition de multiples, avec notamment le projet Libelle : incroyable projet démarré en février 2009 et dont la durée de vie est fixée à 3 ans, six œuvres éditées chaque année, 30 exemplaires numérotés et signés, 1300 exemplaires gratuits à disposition du public, sur un support précis : une feuille A2 imprimée recto verso. Libelle nous invite à réfléchir sur l'appropriation des œuvres et l'acte de collectionner avec une belle générosité. Il a réunit (dans l'ordre) les artistes Yona Friedman, Rodney Graham, Renaud Auguste-Dormeuil, Tatiana Trouvé, Fabien Giraud et Raphaël Siboni, Dora Garcia, Benoît Maire, Simon Starling, Vittorio Santoro, Camille Henrot, Kantinka Bock et Christian Jendreiko, Raymond Gervais et enfin Ulla von Brandenburg pour la dernière édition. Le type de projet que l'on est triste de découvrir si tard… mais qui continue jusqu'en novembre!

L'exposition enfin. Dès l'entrée, on est happé par l'atmosphère. Une voix, celle de l'artiste?, envahit l'espace. Quelques beaux dessins qui se répondent dans l'entrée où l'on retrouve notamment le motif récurant du ruban.





Et puis, l'entrée du salon, grandiose. Et un grand tissu multicolore, ou plus exactement une tenture composée de losanges, élément caractéristique du vocabulaire de l'artiste qui barre toute visibilité et incite à passer d'un côté ou de l'autre.



Curtain Diamonds. Photo Marc Dommage



Curtain Diamonds. Photo Marc Dommage

Des deux côtés, un film en noir et blanc, "Spiegellied" (le chevalier inexistant) en deux parties, où la voix est omniprésente et le dialogue en allemand. (La traduction est proposée.)


Spiegellied I & II. Photo Marc Dommage




Spiegellied I & II. Photo Marc Dommage


Vous pouvez apercevoir, dans les bureaux, "Actrice", une sublime aquarelle sur papier de soie…

Et n'oubliez pas votre œuvre d'art avant de partir!



ULLA VON BRANDENBURG

Le chevalier inexistant
jusqu'au 31 mars 2012


Rosascape
3 square Maubeuge
75009 Paris
Tel. +33 1 75 50 05 80
Sonner à Rosascape et 2e étage
du mardi au vendredi de 10h à 18h et le samedi de 14h à 19h
http://rosascape.com



New York’s water tanks

Thursday, 23 February 2012 16:58 Published in Blog


Printemps-été 2013 (non, ce ne sont pas des dates de fashion week) : une association caritative, Word Above the Street, proposera un certain nombre de châteaux d’eau de la ville de New York à des artistes afin qu’ils les customisent et en fassent de véritables œuvres d’art.

Un seul impératif : le thème de la sauvegarde de l’eau.

De prestigieux noms circulent déjà, notamment Ed Ruscha, Lawrence Weiner ou Tony Oursler. Mais on parle également de l’intervention d’artistes du monde musical et pas n’importe qui, l’incontournablement new-yorkais Jay-Z ou le mystérieux Thom Yorke.

L’exposition urbaine durera 12 semaines et voyagera probablement dans d’autres contrées, même si rien n’a été confirmé pour le moment.

 

SAMEDI, c’est GALERIES #34

Friday, 17 February 2012 16:14 Published in Blog

Cette semaine, un SAMEDI, c'est GALERIE DES GALERIES!
Oui, je sais, certains me diront que je suis totalement hors sujet. Qu'il est plus nécessaire de promouvoir les petites structures que sont les galeries plutôt que l'espace créé par Guillaume Houzé, héritier des Galeries Lafayette et amoureux de l'art en général et de l'art contemporain en particulier.
Et bien en ce matin pluvieux, j'avais terriblement envie de voir cette exposition romantique, plongée dans l'obscurité. C'est comme cela. Petit tour d'horizon.


Créée en 2005, si je ne me trompe pas, la Galerie des Galeries est un espace permanent qui met en valeur les liens entre mode, art, design et cinéma, avec 4 expositions par an environ, la plus célèbre étant Andidote, dont c'était la 7e édition cet hiver.  La Galerie des Galeries fait aujourd'hui partie du paysage de l'art contemporain et est parfaitement identifiée par tout le monde. Elle est bien connue aussi pour ses vernissages fastueux dans ce cadre quand même très sympathique! :-) Ou comment combiner création contemporaine pointue, champagne et gratin du monde de l'art. Parfait pour jeunes galeristes. :-)


Ce qui est bien à la Galerie des Galeries, c'est que tout est extrêmement didactique (et bilingue). Et c'est une très bonne chose. Vous avez un petit livret avec quelques mots sur l'exposition, sur la commissaire invitée, sur les artistes. Il y a de longs cartels avec explications et petite biographie à côté de chaque œuvre. Il y a même une vidéo avec interviews des artistes et de la commissaire, réalisée par Tribeca 75, et qui est, à mon sens, bien plus efficace que des cartels, qui restent quand même, petit bémol, pas si faciles à saisir pour tout le monde.




Donc, aucune excuse ici pour ne pas comprendre les œuvres montrées et pourquoi elles sont là.
Vous voulez creuser? Pas de problème, des dossiers complets sur chaque artiste sont disponibles, ainsi qu'un catalogue. La Galerie des Galeries publie pour chaque exposition un petit catalogue très bien fait (Bernard Chauveau Editeur).

 

Vous pouvez même passer un peu de temps à la petite librairie et/ou acheter des éditions d’œuvres.

 

Pour ma part part, j'ai craqué sur :

De quoi vous mettre en condition.
J'aurais bien pris aussi une édition de Claude Lévêque à 650 euros mais je n'avais que 5 euros sur moi… :-)
Et puis il y a le dossier de presse complet à télécharger sur le site + la page Facebook qui reprend la vidéo, les images de l'expo et l'ensemble des informations…
Bref, aucune excuse! Je ne vais donc pas vous faire le résumé des infos disponibles mais plutôt essayer de vous donner envie d'y aller.


Ces petites précisions faites, ce n'est pas l'espace que je suis venue voir (bien que j'aime beaucoup le plafond) mais l'exposition "Into The Woods" imaginée par Daria de Beauvais.
Elle ne pouvait que me plaire au départ. Une commissaire talentueuse et 11 artistes femmes, plus ou moins de ma génération. Un thème que j'aime beaucoup (une certaine vision mélancolique de l'art, une ballade en forêt, une atmosphère mystérieuse). Cela change du néon.
Nous avions eu l'occasion de nous confronter à une ambiance similaire à Backslash, mais avec un choix d’œuvres très différent, avec l'exposition L'Exil imaginée par Gaël Charbau en novembre dernier :
http://www.backslashgallery.com/expositions/ce-que-vous-avez-rate/179-le-royaume-et-lexil-second-volet-lexil-commissariat-de-gael-charbau.html
Voir également son exposition "Rituels" à la Fondation Ricard quelques mois auparavant. Comme souvent (et c'est là tout l'intérêt de l'art), ce n'est pas parce que le sujet semble proche que les expositions ou les œuvres le sont.

Daria de Beauvais, commissaire d'exposition au Palais de Tokyo et commissaire indépendante très active et remarquée, nous emmène dans un univers mystérieux. En scène!

On entre dans l'exposition via ce long tunnel noir avec des étoiles que tout le monde connaît maintenant (n'est-ce pas?). D'ailleurs, après quelques recherches, j'aimerais beaucoup connaître le nom de la personne qui l'a imaginé… Donc, dans le tunnel, on est stoppé par une œuvre sonore de Marcelline Delbecq, très belle.

 

Ce n'est pas un hasard si elle ouvre l'exposition. Si ce n'est pas complètement nouveau, Daria de Beauvais compose avec le son et la musique avec beaucoup d'intelligence. Référence aujourd'hui aussi importante dans l'art contemporain que les arts visuels eux-mêmes, la musique fait de nos jours partie prenante des œuvres et, de plus en plus, des expositions. La commissaire l'utilise donc à bon escient ici avec une "playlist" (liste de lecture aurait pu être écrite) qui vient donner une teinte particulière à l'exposition, au même titre que les lumières tamisées.

 

Car, finalement, je vais vous l'avouer : si le format de l'exposition personnelle est de loin le plus adapté pour rendre compte du travail d'un artiste, j'aime par-dessus tout l'exposition "d'auteur". Comme toujours, il y en a qui vont hurler au mot "auteur" versus celui d'"autonomie", etc. Moi, j'aime quand une exposition, tout en respectant le sens des œuvres et la volonté des artistes, prend parti, propose quelque chose. C'est un exercice de style difficile mais très stimulant pour le visiteur. "Into The Wood" est une vraie exposition d'auteure et c'est agréable.

Certes, je pourrais aussi parler du fait qu'il n'y a que des femmes dans cette exposition. C'est intéressant. Je ne suis d'ailleurs pas d'accord avec la commissaire sur ce point : il y a une différence dans l'esthétique des œuvres selon qu'elles soient faites par des hommes ou des femmes. Mais peu importe. Personne ne s'émeut quand il n'y a que des hommes. Il y a 100% de femmes dans cette exposition et c'est tant mieux! :-)


Quand on passe le tunnel, la première œuvre que l'on voit est un grand paravent d'Anne-Laure Sacriste, "Reverse Island", sublime, qui révèle deux faces très différentes. On est déjà intrigué par cette artiste.

Se déploient ensuite globalement dans l'espace les éléments du quotidien d'Alicia Kwade qui semblent glisser inéluctablement vers le sol, un grand format d'Iris van Dongen, une sculpture informe mais relativement intrigante de Laëtitia Badaut Haussmann et la peinture murale d'Anne Wenzel sur laquelle se détache au premier plan sa sculpture de cerf, bien plus impressionnante en réalité que toutes les images que j'ai pu voir. Comme souvent, la force de l’œuvre réside dans cette matérialité qui vous convainc. Il ne reste plus grand chose de ce cerf et c'est aussi envoutant qu'insoutenable.
(Il y a aussi la vidéo de Jessica Warboys.)

Au milieu de l'espace, trois branches d'arbres (magnolia, bambou et olivier dixit le livret). C'est une œuvre de Maria Loboda qui, hors contexte, ne m'aurait pas plu du tout je crois. Elle est ici très bien mise en valeur, avec un jeu de lumière parfait. Elle interroge.

 



Un peu plus loin, dans une salle à part, une série de sculptures qui ne m'ont pas bouleversé de Mimosa Echard, jeune artiste qui vient de l'Ensad, et, incroyables, les peintures d'Anne-Laure Sacriste, que j'ai trouvé absolument sublissimes! Difficiles à décrire. Des noirs profonds. Des sujets énigmatiques.

 

Enfin, l'exposition se termine avec un balai incrusté de diamants et autres matières précieuses (comme si c'était de la saleté) de Susan Collis, une œuvre pour le moins énigmatique, trop indéchiffrable à mon avis, de Sophie Bueno-Boutellier et deux œuvres qui méritent à elles seules le déplacement. Nichée entre une colonne et un mur, une sorte de toile d'araignée, ou simplement de longues chaînes en acier et en argent entremêlées de Mimosa Echard. C'est "inphotographiable", mais quelle délicatesse! Quelle modestie! Et quelle efficacité!



Une dernière œuvre clos l'espace, de la même artiste dont l’œuvre ouvre l'exposition : une toute petite photographie de Marcelline Delbecq qui représente un sous-bois. Comment vous le dire ? Avec un jeu de lumière, cette photographie irradie littéralement. Je ne sais pas pour vous, mais je l'ai trouvé fascinante et réellement exceptionnelle.

Dépêchez-vous, c'est jusqu'au 17 mars seulement!



Into the Woods
par Daria de Beauvais
Avec Laëtitia Badaut Haussmann, Sophie Bueno-Boutellier, Susan Collis, Marcelline Delbecq, Mimosa Echard, Alicja Kwade, Maria Loboda, Anne Laure Sacriste, Iris Van Dongen, Jessica Warboys, Anne Wenzel.
jusqu'au 17 mars 2012

La Galerie des Galeries
1er étage des Galeries Lafayette
40 boulevard Haussmann
Du mardi au samedi de 11 h à 19 h
http://www.galeriedesgaleries.com


Page Facebook : http://www.facebook.com/pages/La-Galerie-des-Galeries/194940323856770

La vidéo de Flore Mongin pour Tribeca 75 : http://www.tribeca75.com/Into-the-woods-a-la-Galerie-des-Galeries_a973.html

Dans les facettes de verre, les couleurs des palmiers

Friday, 17 February 2012 10:39 Published in Blog


Tout d’abord, il y a le dessin, comme une esquisse, le dessin dans sa pluralité la plus vaste. C’est un champ de palmiers que balancent les facettes d’une icône faite de verre.

Et puis le souffle du vent vient apprendre l’aléatoire à des formes organiques inconnues.

Mathilde  Lavenne expose son bestiaire au Bureau d’Art et de Recherches (QSP) de Roubaix.

Car nous sommes bien dans l’acte du bestiaire, l’acte accompli des recherches plastiques guidées par les maîtres flamands mais aussi par des réminiscences surréalistes. Il s’agit de créatures de verre parmi lesquelles tente de survivre le végétal. Les palmiers et leur cimetière souffrent du vent. Et l’icône de verre, le diamant, emprisonne une branche rouge vif morte.

Certains dessins présentés sont comme des esquisses préparatoires à cette icône. Chaque facette du diamant est démultipliée dans un enchevêtrement de couleurs.

Il y aussi la montagne soutenue par des béquilles que l’artiste nourrit à chacune de ses expositions. Entre l’animal et le végétal, elle se dresse dans un étrange univers de fanions découpés dans du verre.

Le verre encore dont la présence inonde l’exposition, comme un incessant retour vers la matière.


A chaque fois, Mathilde Lavenne nous propose de suivre un conte où la fuite du temps enveloppe ce décor proche d’une forme de catharsis dramaturge.

 


Mathilde Lavenne
Du vent dans les palmiers
Jusqu'au 10 mars 2012

Bureau d’Art et de Recherche
La Q.S.P.
112, AV. JEAN LEBAS 59100 ROUBAIX

Lieu de cercle privé
 Ouvert du jeudi au samedi 14:30 > 18:30 et sur rendez-vous

 

 

L’île Seguin, le retour !

Saturday, 11 February 2012 12:13 Published in Blog


Souvenez-vous, un François Pinault décontenancé et coi devant une administration française à son sommet et fidèle à sa réputation ! Résultat : direction Venise !

Le pari est relancé : un pôle des arts plastiques et visuels ouvrira (ou pas) sur l’emplacement des anciennes usines Renault d’ici à 2015. Les investissements y seront publics et privés. Et c’est à l’omniprésent Jean Nouvel qu’a été confié le projet (25 000 m2 tout de même)

Le projet donc : outre des lieux d’expositions, un certain nombre de galeries devraient s’y installer, des salles de ventes, un labo photo, des entrepôts, une menuiserie, etc.… Les organisateurs y promettent également des évènements, des happenings… C’est bien ! Car c’est loin ! Il faudra donc donner envie de s’y rendre.
Un beau programme que l’on a hâte de découvrir !


SAMEDI, c’est GALERIES #33

Friday, 10 February 2012 16:58 Published in Blog

La 33e édition de SAMEDI, c'est GALERIES se consacre aux galeries qui ouvrent tôt!

Trêve de plaisanterie. Le hasard de mon emploi du temps m'a mené près du Centre Pompidou vers 10h ce matin. C'est donc tout naturellement que je suis allée découvrir les expositions en cours à la Galerie Daniel Templon.

Sans cesse à l'affût des meilleurs, la galerie présente pour la première fois une exposition de Julião Sarmento, grand artiste portugais, présent dans les plus grandes collections publiques du monde (MOMA, Guggenheim New York, Centre Pompidou, Moderna Museet, etc.) et représentant de son pays à la Biennale de Venise en 1997.

Je ne connaissais pas son travail (je sais...) et je dois dire à ceux qui sont dans mon cas que la découverte vaut le déplacement. Toutes en finesse et en raffinement, ces grandes toiles épurées associent fragments de photographies et de textes à des dessins au graphite. L'artiste joue sur les textures (sérigraphie, dessin, peinture) avec un sens étonnant de la retenue tout en évoquant l'érotisme, l'image de la femme, le cinéma, la littérature ou l'architecture moderniste avec beaucoup d'intelligence. Le moins est le plus, dans la forme comme dans le propos.
Julião Sarmento réussit avec une facilité déconcertante à combiner économie de moyens, beauté plastique et force de la suggestion.

C'est également le cas dans les autres formes que prennent les œuvres de Sarmento. Non moins étonnante, cette porte à peine ouverte qui surgit du mur, ou plutôt une porte qui se ferme sur l'espace d'exposition et cette cheville qui en dit long…
Quant à la vidéo, elle vous intrigue tout de suite et ne vous lasse pas. Une femme se déshabille, en face de vous, et a des choses à vous dire.

Quelques mauvaises images de votre obligée.

















 

Mais surtout, la Galerie Templon a initié depuis un an de courtes vidéos pour chacune de ces expositions, très bien faites.
C'est un médium vraiment efficace pour rendre compte des expositions, trop peu utilisé par les galeries, BACKSLASH comprise.

Voir la vidéo de l'exposition :
http://www.youtube.com/watch?v=59KcwtUFrvY





J'avais beaucoup entendu parler de l'exposition de Chiharu Shiota à l'impasse Beaubourg, dans le deuxième espace de la galerie (il suffit de traverser la rue). J'avais vu beaucoup d'images aussi. Mais la découverte, là encore, touche à l'émerveillement. Après deux belles expositions à la Galerie Christophe Gaillard en 2009 et 2010 et une exposition remarquée à la Maison Rouge en 2011, l'artiste envahit totalement l'espace de la Galerie Templon avec une installation monumentale.

Élève de Marina Abramovic, nourrie des œuvres de Louise Bourgeois ou Ana Mendieta, l'artiste emprisonne des objets à forte charge émotionnelle avec des fils de laine noirs entremêlés, enchevêtrés. Mêlant performance et visions poétiques, Chiharu Shiota a tissé un vaste environnement où l'on devine quelques lumières faiblissantes dans le dense réseau de fils. L'impression est saisissante. On reste plongé dans cet environnement inquiétant et émouvant à la fois qui touche à l'universalité des sentiments.














Voir la vidéo :
http://www.youtube.com/watch?v=AovZ9ylxy-g



Julião Sarmento
Quelques jeux interdits

Chiharu Shiota
Infinity

jusqu'au 18 février

Galerie Daniel Templon
30 rue Beaubourg :
lundi - samedi, 10h - 19h
Impasse Beaubourg :
mardi - samedi, 10h - 19h
http://www.danieltemplon.com





A deux pas, la Galerie JGM présente actuellement différents travaux de Sol LeWitt. Grande fan de cet immense artiste, j'avais hâte de découvrir l'exposition. Elle se compose de grande œuvres sur papier du début des années 2000 ainsi que d'une maquette et de gouaches des années 80. Si les œuvres des années 80 sont superbes, j'ai beaucoup moins aimé les grands formats plus récents. J'ai visiblement dû manquer quelque chose dans le développement de l'artiste. Ce qui m'amène à une autre question, peut-être un peu convenue mais récurrente : sommes-nous plus réceptifs à ce que nous connaissons déjà? Pourquoi ne pouvons-nous pas suivre parfois l'évolution de l'artiste?

C'est donc pleine d'interrogations que je suis retournée à mes activités de galeriste…











A voir également, l'exposition de l'artiste autrichien Peter Kogler au sous-sol.













Sol LeWitt
Peter Kogler
jusqu'au 10 mars

Galerie JGM.
79 rue du Temple
lundi - vendredi, 10h - 19h
samedi 11h - 19h
http://www.jgmgalerie.com/

De l’art de s’offrir un Banksy…

Wednesday, 08 February 2012 12:46 Published in Blog

De l’art de s’offrir un Banksy…

A Melbourne, les hôtels de luxe de la chaîne Art Series Hotels se sont payés un bon coup de pub !
Les établissements, décorés de nombreuses œuvres d’art, ont proposé à leurs clients de voler deux pièces de l’artiste Banksy… Et cela en toute impunité !
Opération « j’attire les clients » en route, ils ont été plusieurs à tenter leur chance.
C’est finalement une femme qui a conclu l’affaire en se faisant passer pour une employée. Elle a simplement prétendu qu’elle devait déplacer une des deux œuvres en question d’un lieu à un autre. Elle est ainsi repartie avec un Banksy sous le bras comme l’atteste la vidéo-surveillance du parking. Pari gagné pour elle et aussi pour la chaîne d’hôtels qui a certainement vu sa fréquentation augmenter durant la période du jeu.
Crimes et non-châtiments !

Trois salles, une ambiance. Mathieu Mercier au CREDAC.

Thursday, 02 February 2012 14:52 Published in Blog

Mathieu Mercier aime les institutions et elles le lui rendent bien. La preuve avait été faite lors de sa rétrospective au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris. Cinq ans plus tard, il nous propose au CREDAC une exposition radicale qui se décompose en trois volets et occupe trois espaces distincts. Son nom, "SUBLIMATION", vient du procédé d'impression dans la masse qui est utilisé dans une grande part des pièces.

Cette fois encore, Mathieu Mercier joue de nos structures mentales. Poussant plus avant le geste duchampien du ready-made, l’artiste associe des objets du quotidien à des motifs colorimétriques ou graphiques dans ce qu’il nomme des « collages ». C’est ainsi qu’un poisson rouge dans son aquarium côtoie les couleurs d’impression, qu’un régime de bananes (référence à Warhol) s’associe à un nuancier Kodak recourbé.

L’association de ces objets et de leurs motifs respectifs, eux-mêmes rendus inexploitables par la déformation, crée un ensemble d’une pureté absolue. Les socles aux motifs imprimés dans la masse répondent aux objets et les complètent en les privant de leur valeur d’usage au profit d’une valeur symbolique. Ces graphiques de mesure et pictogrammes informatifs confèrent une dimension scientifique aux pièces. Minutieusement déformés, ils  perdent également leur valeur d’usage au profit de la valeur esthétique. L’un et l’autre des objets, qui agissent comme des stéréotypes,  dialoguent pour créer une nouvelle image mentale.

Poussant le concept plus loin, c’est une scène de rue qui est extraite de son contexte dans la deuxième salle. Reproduit par l’artiste, un espace urbain composé d’un banc, d’un lampadaire et d’une bicyclette posée sur un poteau occupe le second espace. Le banc est composé de tubes de canalisations sous-terrains, évoquant la récente installation à la FIAC, à la différence du matériau: la moquette de la célèbre foire. Le matériau est dérivé de sa valeur de conducteur pour devenir une assise. Ses propriétés secondaires, sa dureté et son poids, sont exploitées en lieu et place de sa capacité première: conduire des liquides.

Le lampadaire a été produit par l’artiste sur les dimensions d’un panier de basket. Les cerclages qui soutiennent les globes de lumière apparaissent comme suspendant des ballons trop gros, contrariant le jeu et le figeant. Inspiré des luminaires de Gino Sarfatti, ce lampadaire interroge également, selon moi, la nécessité du design. En effet, au-delà de la référence, un objet inspiré par des formes des années 60 peut-il exister et fonctionner aujourd’hui? C’est finalement une interrogation sur la nécessité que le design et la mode nous imposent: devoir en permanence renouveler nos objets.

Plus loin, une bicyclette est appuyée sur un poteau reprenant trois cercles remplis par les trois couleurs primaires et barrés d’un coup de spray. Ce poteau semble se proposer comme forme de ré-interprétation des feux tricolores. Là encore, sortie de son contexte et transformée par l’artiste, privée de circulation à réguler, cette allégorie des feux perd sa valeur d’usage et ne devient plus qu’un support à vélo. Privé de sa capacité à gérer les mouvements d’automobiles et de piétons, ce feu de circulation est devenu un objet du non-mouvement.

Les pièces contenues dans cette salle relèvent du même procédé de transformation de la valeur que dans la première, mais renvoient de part la sémantique des objets choisis à un questionnement sur la lucidité de l’espace urbain, et plus largement la place de la lucidité dans le champ social et politique.

La dernière salle, plongée dans la pénombre, met en exergue une vitrine immense et très éclairée contenant de la terre qui elle-même enserre un aquarium abritant un couple d’axololts. Ce diorama, qui semble sorti d’un musée d’histoire naturelle, dénué de narration nous renvoie à nous-mêmes en proposant un paysage inconnu et structuré. Ce paysage de terre brune laisse se révéler un aquarium qui contient les fameux axololts, sorte de tritons blancs et oranges qui me sont eux aussi inconnus.

Cette pièce nous décontenance par son intention. Le manque de mise en situation ainsi que l’absence de narration commune aux vitrines des musées nous laisse pantois devant un paysage et ses habitants inconnus. Un monde où les axololts vivent dans des aquariums dissimulés dans la terre. Puisque la narration est absente, je me lance: une métaphore de notre quotidien, nous (axololts) dans nos aquariums (nos différents habitus) qui émergeons d’une matière brute et naturelle.


DR credac.fr

Sublimations - Mathieu Mercier au CREDAC

20 janvier - 25 mars 2012
http://www.credac.fr/

Thrill (syphonie)

Wednesday, 01 February 2012 16:54 Published in Blog

A l'occasion de la participation de Charlotte Charbonnel à "Ondes", une exposition collective à Houilles, dans les Yvelines, je découvrai il y a un peu plus de deux semaines un nouveau lieu d'exposition: La Graineterie.
Je m'organise. Ce n'est finalement pas si éloigné de Paris (2 stations de RER depuis Paris ou 10 minutes de train via la Gare Saint Lazare). A quelques minutes de la gare, La Graineterie est un magnifique lieu d'exposition, entièrement et intelligemment rénové, avec une très belle verrière, de multiples espaces et une salle de concert toute neuve. L'accueil est chaleureux. On est vite récompensé du chemin parcouru et on s'y sent bien. Très didactique, le parcours distribué à chaque visiteur explique admirablement l'idée de l'exposition et chaque œuvre en détail.





"Ondes" réunit cinq artistes autour des relations qu'entretiennent le son et les arts plastiques. L'exposition s'interroge plus particulièrement sur l'expérience sonore, de la plus discrète (les "cartes postales" sonores de Laure Bollinger) à la plus envahissante (l'installation de Philippe F. Roux), de la plus expérimentale ("Thrill" de Charlotte Charbonnel) à la plus impliquée (la chorale de Gérald Kurdian), en passant par la plus silencieuse ("Mixed Review" de Christian Marclay).





"Thrill". C'est la première œuvre que l'on découvre. Elle occupe tout le premier espace. Une immense boule de verre remplie d'eau et suspendue au plafond. En équilibre. Il est difficile de décrire ce type d'expérience totale, où le son, la lumière et les sens sont autant sollicités. On commence par admirer cette sphère en verre, la réflexion de la lumière sur l'eau et sur le sol. Comme une constellation.






La sphère est en lévitation. Une enceinte est suspendue elle aussi, au-dessus de la sphère. Il y a des câbles qui courent. On lève les yeux et on tend l'oreille. Des dalles du plafond ont été enlevées et remplacées par du Plexiglas. On découvre les entrailles du lieu. Câbles, tuyaux, béton. On tourne autour de l'installation. On entend comme un son, difficile à identifier mais constant. Puis on reconnaît comme un son de résonance. Et c'est quand l'on suit les câbles de la salle, que l'on voit, au fond, presque à la sortie, une fenêtre qui nous donne à voir l'intérieur du bâtiment.





On regarde à droite, à gauche. Le son est présent. Il est retransmis via une enceinte au plafond depuis un endroit encore inconnu. En essayant de le trouver, on aperçoit dans la salle contigüe, sous la grande verrière, un casque, accroché : un autre son, de l'eau qui coule, sous terre, sous le lieu.





Charlotte Charbonnel ne nous donne pas seulement à voir une expérience ou une installation, elle nous fait ressentir, avec une sensibilité remarquable et une précision parfaite, ce lieu, son architecture, ses faces cachées. Elle nous donne à "voir" des espaces et des histoires invisibles, entre image mentale et image réelle.
"Thrill", dont une première version, très différente finalement, avait été montrée à l'entrée de Chic Art Fair, rejoint bien là l'idée d'une "œuvre en devenir" chère à l'artiste : une œuvre qui peut contenir potentiellement d'autres œuvres, en dialogue rapproché avec le lieu dans lequel elle s'inscrit. Mais sans jamais négliger la dimension poétique et subtile caractéristique de son travail.

On l'a remarqué tout de suite, même obnubilé par la recherche de la source du son de l'installation de Charlotte Charbonnel, on s'est retrouvé sous une grande verrière, dans une cour pavée, entouré par un son si présent qu'il paraît physiquement omniprésent. On pourrait presque le toucher. En même temps hypnotisant et terriblement dérangeant, on ne sait pas bien comment se situer dans cet espace quasi vide dans lequel on vient de se retrouver. Quelques projecteurs dessinent des ronds appuyés de lumière, modelant l'espace. L'installation théâtrale de Philippe F. Roux, "S&YON", utilise un son pulsé, le même depuis 1998, qui donne son nom à l’œuvre. Une expérience intense, ponctuée de temps en temps (j'ai pu la "vivre") par un stroboscope. Difficile de vous narrer l'expérience…








Suit ensuite une exploration des différentes salles du lieu:


Le 2e Etage, où les "Cartes Postales" de Laure Bollinger se donnent à entendre. L'artiste a collecté d'anciennes cartes postales de la ville et demandé aux habitants, presque un siècle plus tard d'en lire le texte au dos. On les écoute face à la ville, un panorama rendu possible grâce à une ouverture. Se superposent vue sur la ville et panorama sonore…




Le Grenier, avec "Mixed Reviews", une vidéo de Christian Marclay qui met en scène un acteur américain sourd et muet qui interprète en langue des signes un texte composé par l'artiste à partir d'articles de presse et traduit de nombreuses fois dans différentes langues.




La Réserve, avec une vidéo de Gérald Kurdian, "Orgue Chorale", dans laquelle l'artiste en résidence à Houilles a réuni 88 voix, points de départ de courts morceaux musicaux, entre musique de chœur et musique électronique.




Les Ecuries, où la série des sublimes "Dessins magnétiques" de Charlotte Charbonnel, faits de limaille de fer, continuent les recherches sur le magnétisme que l'artiste a entamé lors de son exposition personnelle au musée Réattu en Arles  (dont nous vous avions parlé ICI). Ils côtoient une œuvre toute en fragilité de Philippe F. Roux.










La Cave avec "La Baleine", une création radiophonique de Laure Bollinger, "Cache-caches sonores" réalisés pour l'émission de Thomas Baumgartner sur France Culture et qui sont autant de portraits de lieux aux acoustiques et aux identités différentes.



Avec cette exposition, la Graineterie se donne les moyens et les ambitions d'un vrai centre d'art, accueillant et passionnant. On reviendra.

Et si ce petit avant-goût des œuvres de Charlotte Charbonnel vous a plu, venez voir son exposition personnelle, "reverSolidus", à la galerie à partir du 17 mars.



Ondes
Laure Bollinger, Charlotte Charbonnel, Gérald Kurdian, Christian Marclay et Philippe F. Roux

Jusqu'au 3 mars

La Graineterie
Pôle Culturel Municipal
27 rue Gabriel Peri
78800 Houilles
01 39 15 92 10
www.ville-houilles.fr

mardi, jeudi et vendredi : 15h-18h
mercredi et samedi : 10h-13h et 15h-18h

Marseille, entre ciel et mère

Wednesday, 01 February 2012 14:23 Published in Blog

En septembre dernier, Didier Gourvennec Ogor ouvrait sa très belle galerie près des Docks à Marseille (le FRAC y ouvrira prochainement son espace également)
A Backslash, on connaît bien Didier. Il nous a soutenus depuis le début et c’était un plaisir pour moi de me rendre à Marseille et de visiter son espace. C’est un immense lieu qui dégage une véritable atmosphère créatrice ! Le quartier est en pleine expansion et promet d’être un spot pour 2013, lorsque la cité phocéenne sera la capitale européenne de la culture.
Jeudi 19 janvier, la galerie Gourvennec Ogor vernit une exposition du duo milanais FRP2. Elle présente également une installation sonore de l’artiste Luc Schuhmacher dans son Project Room.
Forte d’une visite rapide du quartier de la Joliette, je me rends donc à la galerie avec le plaisir d’y retrouver Didier, que je n’avais pas revu depuis Slick en octobre dernier.

L’accueil est à son habitude : ultra chaleureux ! Un petit drink rafraîchissant (rappelons la clémence climatique de ce mois de janvier dans le Sud) et je me plonge dans l’atmosphère intrigante des photographies de FRP2.

Filippo Piantanida et Roberto Prosdocimo sont des dénominateurs d’espaces. Avec Normal Generic Landscapes, les deux artistes s’attachent à retranscrire des paysages urbains ou naturels, familiers de tout un chacun, en leur ajoutant des éléments et des assemblages particuliers, qui viennent troubler notre vision. Quelque chose d’indicible, quasi imperceptible, perturbe notre quotidien, nos habitudes visuelles.

Chaque premier regard nous conforte dans une appréhension normée des paysages représentés. Puis l’on s’approche et un on-ne-sait-quoi commence à nous déranger dans notre compréhension globale de l’œuvre. Le paysage ne nous est finalement plus aussi familier qu’il ne nous paraissait au premier abord. C’est là toute la force du duo, nous confondre dans un questionnement sans réponse.

 

Second espace :

Le Project Room de la galerie présente une installation sonore de l’artiste français Luc Schuhmacher dont l’univers troublant et parfois désarmant s’exalte parfaitement dans cet espace confiné.

Nous le savions. Au fond, les vagues sont seules parle de refuges, le refuge maternel et le refuge maritime, mêlant la mère à la mer. L’artiste dévoile une sensation d’enveloppement qui peut se révéler protectrice mais également angoissante. La plénitude de la mer peut se muer rapidement en une tempête. La vision rassurante que l’enfant perçoit dans les bras de sa mère se délite avec la maturité et l’adulte se retrouve confronté à des images parfois déroutantes.

Une histoire, une question. Quels sont les mystères que ne nous cache notre vécu familial ? Quelles en sont les conséquences sur nos propres vies ? En s’appuyant sur un passé tenu secret, le conteur tend à sortir de son esprit des bribes de réponses sur sa propre existence.

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