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vernissage

Pour une poignée de mètres carrés

Tuesday, 19 October 2010 09:42 Published in Blog

 

Tout le monde est au courant, tout le monde en parle, mais personne ne

sait vraiment de quoi il s'agit et où cela se trouve. De quoi

s'agit-il? Du nouvel espace que la galerie Chantal Crousel s'apprête à

ouvrir ce jeudi 21 octobre, en même temps que l'inauguration de la

Fiac et de la succursale parisienne de Larry Gagosian.

La crise est belle et bien passée; le marché de l'art est relancé, en témoigne la santé des dernières grandes foires de l'année 2010 ainsique de très bons résultats lors de la saison des ventes d'art contemporain. Tous les acteurs du marché en sont conscients et ils se pressent tous maintenant pour reprendre de l'ampleur, à l'exemple de la galerie Perrotin qui vient de s'agrandir et possède désormais une surface de 1500 m² à Paris. L'ouverture de ce nouvel espace arrive donc à une période clé.

Le lieu choisi pour ce second espace est atypique. Hors du Marais, il se trouve à côté du canal Saint Martin, dans l'ancien entrepôt des Douanes de Paris. Dans ce bâtiment années trente en béton, acier et verre, la galerie va investir plus de 850 m² répartis dans une grande salle en longueur. Un lieu d'exposition tout à fait original, quasi industriel, qui fait beaucoup penser aux galeries new-yorkaises de Chelsea.

Dirigé par l'un des directeurs de la galerie, Niklas Svennung, ce second espace sera à la fois complémentaire de l'espace de la rue Charlot par le choix des artistes mais se distinguera par des propositions curatoriales différentes. Il sera le lieu d'expositions monographiques et thématiques, mais aussi un lieu de présentation d'installations plus spacieuses et de production de certaines œuvres. Coup de génie ou audace démesurée, il est sûr que l'ouverture de ce nouvel espace va faire beaucoup parler et peut-être inciter d'autres galeristes à s'excentrer des noyaux historiques pour rechercher des lieux d'expositions originaux plus proches de certaines institutions muséales que du traditionnel "white cube".
Rendez-vous le 21 octobre au 11 F rue Léon Jouhaux 75011 Paris.

 

Larry, un ami qui vous veut du bien !

Tuesday, 12 October 2010 14:40 Published in Blog

Larry Gagosian, le géant de l’art contemporain international, s’installe à Paris.

Larry Gagosian (à g.) et Jeff Koons (à d.) à New York (avril 2008) AFP / Getty / Andrew H. Walker

Qui dit Gagosian, dit grand espace ! 900 m² rue de Ponthieu, sur quatre niveaux, à deux pas des Champs-Elysées et de Christies et Sotheby’s, les deux grandes maisons de ventes aux enchères. L’ensemble a été rénové par l’architecte français Jean-François Bodin (Centre Georges Pompidou, galerie Yvon Lambert, Musée Matisse de Nice,…) en collaboration avec le bureau d’architectes anglais Caruso St John.

Ouverture le 20 octobre, jour de vernissage de la FIAC. Gonflé ? Ambitieux ? Larry Gagosian, fort de 9 espaces à travers le monde, n’est apparemment pas gêné par la concurrence. Et puis, soyons honnêtes, les heureux chanceux qui possèdent le pass magique ne rebuteront pas à sacrifier quelques précieuses minutes de visite de FIAC pour pénétrer dans le saint des saints !

Les premières expositions sont à l’envergure de la taille du lieu qui sera partagé entre Cy Twonbly dans l’espace d’exposition principal et Jean Prouvé dans le Projet Space (dont le commissariat a été confié au marchand parisien Patrick Seguin)

"C'est une très bonne nouvelle pour Paris, car (Larry Gagosian) sait organiser une vie sociale autour de l'art contemporain " assure le galeriste parisien Emmanuel Perrotin qui vient lui-même de quasiment doubler son espace de la rue de Turenne (prévoyant !)

 

 

 

30 ans et des poussières d’étoiles…

Tuesday, 09 November 2010 21:42 Published in Blog

 

Catherine Millet ne s’y était pas trompée ! Pour le catalogue de la première exposition d’Oda Jaune à la galerie Daniel Templon, la critique avait souligné les dérives de son imagination, car il s’agit bien là de dérives mais dans le bon sens du terme.

Notons tout d’abord l’âge de l’artiste : 30 ans depuis peu. Il est étonnant de voir à quel point son travail nous plonge alors dans une perplexité certaine. Tant de maîtrise technique et de créativité exacerbée sont preuve d’une maturité artistique déconcertante.

Par ailleurs, qui connaît la personne est immédiatement charmé par sa délicatesse et le timbre de sa voix. Le monde torturé, à la frontière entre férocité et grâce, émane d’un être si raffiné qu’aucun ne peut rester de marbre. Et c’est ici que se situe l’excellence du travail d’Oda Jaune. Son art ne provoque aucune indifférence !

Je ne vais pas vous imposer une analyse de texte de ses œuvres mais simplement insister lourdement pour que vos pas vous mènent 30 rue Beaubourg ! Il est rare de voir un artiste aussi complet sortir des Beaux-Arts, tout germaniques qu’ils soient.

Retrouvons-la vite à la Maison Rouge ce printemps !

 

 

 

Street (in) Art

Friday, 03 December 2010 15:07 Published in Blog

 

Il est maintenant évident, pour la majorité, que le street art a acquis ses lettres de noblesse et occupe une place de choix dans l'art contemporain. Si certains en doutent encore, l'exposition "Tag" au grand palais, le succès croissant d'artistes comme Evol, Speedy Graffito, Shepard Fairey, L'ATLAS, Nasty, Space Invader ou encore JR devrait les amener à revoir leur position.

Depuis Keith Haring, les descendants du street art débordent de la rue et envahissent l'espace intérieur de certaines galeries d'art contemporain.

S'il est acquis que le street art est un courant large, tant en terme de pensée qu'en terme d'expression, au même titre que le surréalisme, il s'est majoritairement limité à son expression première, le TAG. Apparu dans le getho nord du Bronx des année 65-70, le tag est né pour marquer un territoire, affirmer son courage en taggant des endroits de plus en plus inaccessibles, pour affirmer sa personnalité, son statut. Sorti de la rue, le tag se trouve dénué de ses fonctions primaires, dénué de sens rebel et ne devient qu'un signe graphique. Partant de ce concept, Magda Danysz et JonOne ont amorcé une réflexion nouvelle sur cette expression Ô combien contemporaine.

Loin des ghettos et des gares de triages du nord de NYC, ils se sont penchés sur le sens premier de ce courant, c'est à dire l'affirmation de soi au travers d'une signature et l'ont ensuite transposé dans deux directions bien distinctes.

L'une affère à l'art séculaire de la calligraphie. Lors de son exposition et de ses différents voyages en Chine, JonOne s'est interessé à cet art et l'a intégré à son travail créant ainsi une relation entre contemporain et classicisme, rebellion et tradition, Occident et Orient.

Exit les bombes de 440 ml! Les codes de son TAG se retrouvent ainsi calligraphiés en encre de Chine sur du papier de Chine. Poussant cette mutation à son paroxisme, l'artiste réhausse ses compositions de feuilles d'argent ou d'or.

Le tag s'imprègne de technique, s'offre une pérénité et se pose.

Ce sont ces mêmes codes et signes, l'essence du TAG, qui ont ensuite été exploités dans le second volet de sa recherche. Toujours dans cette perspective d'extension du Grafitti, JonOne s'est amusé à casser la tradition de l'aplat en extrudant tour à tour, le J, la flèche, l'astérisque de sa signature ou encore le nom de son crew "156".

Une fois de plus, les codes du fer de lance du street art se retrouvent projetés vers un nouveau media, la sculpture. L'artiste nous livre ainsi des pièces entre design et sculpture qui envahissent l'espace d'une façon inédite. Ces pièces simposent comme une extension du tag.

Pièces conçues dans un laboratoire, elles sont prêtes à envahir l'espace public, à retourner dans la rue.

Que reste-t-il du street, me demanderez-vous ?

Je vous répondrais qu'en entrant dans un espace intérieur, le street n'était plus mais que cependant, ce qu'il est devenu à l'intérieur pourrait facilement se téléporter et vivre à l'extérieur...

Rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme.

 

Le temps, l’ellipse, Jan Kopp

Wednesday, 06 April 2011 10:07 Published in Blog

 

Le ciel est clément, l’abbaye est calme, l’homme est élégant. A Maubuisson, Jan Kopp invite à une promenade au cœur même de son art et de ses réflexions.



Déjà, le lieu pose les bases. Quel ordre correspondrait plus au travail de l’artiste germano-français que celui de Cîteaux ? Là, tout n’est que rigueur, spiritualité et ascétisme. Pas de fioriture, de surenchère, de débordement ostentatoire, contrairement à Cluny. Et les recherches philosophiques, parfois métaphysiques, de Jan Kopp siéent à merveille à ce lieu dénudé et chargé d’histoire.

Ce sont donc quatre nouvelles pièces créées pour cette exposition monographique qui durera 6 mois afin de s’inscrire dans le programme des journées du patrimoine 2011 au début de l’automne.

La visite est privilégiée puisque commentée par l’artiste qui préfère d’ordinaire laisser le visiteur décrypter lui-même les œuvres. Mais ne nions pas notre plaisir de découvrir ce nouveau travail avec son créateur.

Polymorphe et pluridisciplinaire, Jan Kopp dévore tous les médiums qui viennent à lui. La performance, le son, la vidéo, l’animation, la sculpture… Et l’exposition de l’Abbaye de Maubuisson en est un exemple parfait.

 

On commence donc la visite dans un silence monacal avec l’œuvre intitulée Le jeu sans fin. C’est un pendule de Foucault, ou plutôt onze pendules de Foucault installés dans la grange voûtée monumentale et qui font bouger des billes de verres posées sur le socle ellipsoïdal grâce à la rotation de la Terre. L’ordre cosmique des choses nous pousse à une longue et lente réflexion, voire méditation, sur le réel et le temps.





Puis le chemin nous emmène dans la salle des religieuses, vers l’œuvre qui donne son nom à l’exposition, La courbe de la ritournelle. Comme la précédente, c’est une œuvre en ellipse. Des baguettes de pain séchées forment un entrelacs qui évoluera jusqu’à l’automne au fur et à mesure de nouveaux arrivages de baguettes.

Et tant pis si la pièce s’écroule, l’artiste aime l’aléatoire.

Passionné de construction, Jan Kopp se veut ici architecte labyrinthique. Le pain est vu comme un matériau rigide et résistant, à l’instar des matériaux utilisés dans le bâtiment.





L’abbaye de Maubuisson jouxte une Maison d’enfants où Jan Kopp a observé des jeunes en train de jouer sur une balançoire. Il en a tiré un film d’animation fait à partir de dessins au crayon dont une partie a été réalisée par de jeunes habitants de la région. Courbe de la balançoire, de la répétition du jeu et courbe des deux enfants du départ qui se retrouvent seuls à la fin du film.



Dernière et non moins emblématique œuvre : Kammerspiele  (jeu de chambre), dont Jan Kopp nous laisse seuls déchiffreurs d’une énigme reliant 4 écrans eux–mêmes racontant successivement 4 histoires différentes.

Les points cardinaux définissent la ronde de ces écrans. Une jeune femme dressant une liste issue d’une tribu inconnue, un premier film d’animation autour d’une ville grise, un second montrant un petit garçon qui joue au ballon et puis une vidéo de lions.

J’ai beau retourner le problème dans ma tête, je ne trouve pas la solution de l’énigme… Mais ce n’est pas grave, l’artiste en est tout aise.

Et quand bien même, cette dernière œuvre est toute en subtilité, beauté et poésie.







Petit exquis en sus : une vidéo filmée par son père dans les années 70 et retravaillée par le fils, vidéo d’un danseur dont les pas sont un écho aux différentes courbes des quatre œuvres récentes.

La courbe donc, l’ellipse, le rond… Un sentiment de plénitude, d’intense réflexion. La forme ronde de la Terre, de l’infini, du ventre de la Mère et donc de la création. La forme parfaite.

Bravo Jan ! Et merci !

 

 

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