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Diane Arbus… C’est l’Amérique

Thursday, 24 November 2011 09:51 Published in Blog

Tout le monde a vu un jour une des photos de  « Freaks » de Diane Arbus. Homme sans tête, fœtus siamois de cirques et foires, nains, personnes aux mœurs dissonantes pour une Amérique post-maccartiste, travesties, transexuels ou encore tous ces inconnus immortalisés au travers de ses clichés.

Diane Arbus est actuellement à l’honneur du Jeu de Paume. Une rétrospective de grande envergure lui est consacrée sur l’ensemble des 3 étages d’exposition. Figure majeure de l’art du XXe siècle, Diane Arbus s’inscrit directement dans la lignée des  Walker Evans. Mais à la différence de Richard Avedon qui s’est très vite et longtemps focalisé sur des personnalités, Diane Arbus a tout de suite axé son travail sur des clichés d’anonymes, principalement à New York. Une forme de photo-journalisme où se joue une partie de cache-cache entre le sens et la narration.

La série réalisée dès 1963 « American Rites, Manners and Customs » nous plonge dans son univers particulier, peuplé de personnages souvent improbables, ridicules parfois, mais toujours représentatifs.

Représentatifs car la plupart des photographies qui composent cette rétrospective sont tout autant de pics ou de témoignages de l’Amérique des années soixante. La quasi-totalité des travaux représentés portent des titres extrêmement descriptifs. En prenant du recul par rapport à la narration des image, la densité de son travail nous saisi.

Aussi derrière des photos comme « Arbre de Noël dans un salon à Lewitton, Long Island » (1963) nous est offerte la critique du mauvais goût de cette période d’accès à la grande consommation. Abât-jour encore dans son emballage, composition de coquillages sur la table basse du salon entre autres, tous ces détails s’agglomèrent pour créer une atmosphère de vide. Plein de cadeaux aux pieds d’un sapin trop grand, trop décoré, mais vide de personnage, de goût, bref vide de vie simplement.

La  même critique de la consommation et de l’uniformisation qui se met en scène dans ce cliché (dont je n’ai pas retrouvé le titre)

 

Ou encore ce boxeur qui s’entraîne dans une salle vide au punching-ball usagé. Rappelons qu’à cette époque Cassius Clay (Mohammed Ali) symbolise une très forte part du rêve américain. Le combat se termine en quatre rounds, comme prédit par Cassius Clay. A cette époque, la boxe est très suivie par les américains à la télévision et via les postes de radios. Il est  l’archétype du rêve américain qui se matérialise sous des millions de regards. Dans cette mise en contexte, loin des projecteurs du Madison Square Garden et du succès, ce boxeur tente sa chance, avec finalement une incroyable impression de désespoir et d’échec qui se dégage de ce cliché notamment de part la distance du cadrage. Je vous laisse le plaisir de la découvrir sur place (Faute d'autorisation de droits).

 

Je vous laisse également apprécier la photographie suivante sobrement intitulée « I am proud »

mettant en scène un patriote avec un drapeau et un air halluciné et/ou demeuré.

Au travers de cette rétrospective, c’est un témoignage qui s’offre aux yeux du spectateur, comme une unique photo, composée de centaine de clichés qui traitent au travers d’anonymes de sujets très différents comme la différence, la sexualité, le conformisme, le patriotisme…  qui traitent de la vie. Une Amérique en 6x6.

Pour vous faire une idée plus précise, je vous encourage vivement à vous rendre au Jeu de Paume au plus vite.

Diane Arbus au jeu de Paume

1 place de la Concorde
75008 Paris

Du 18 octobre 2011 au 5 février 2012

 

 

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