Backslash gallery

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art contemporain

Indian Brazil

Tuesday, 14 June 2011 11:11 Published in Blog

Chez Daniel Templon, l’art a toujours été international et l’homme ne faut pas à sa réputation avec les expositions qui habitent actuellement ses deux galeries.

L’espace principal est envahi par les installations monumentales du brésilien Tunga et une vidéo qui en ravira plus d’un !

Intéressons-nous plutôt aux sculptures. Artiste émérite, Tunga axe ses recherches autour d’un thème principal, l’alchimie. Les installations sont autant d’expériences, de découvertes, sur les matériaux liés à la pierre philosophale. Des récipients en verre rempli d’un liquide jaune, des perles, des cristaux, de l’ambre ou encore de l’acier composent ces œuvres à l’équilibre fragile et emmènent le spectateur vers une réflexion intense sur la notion de rites.

Le travail de Tunga s’inscrit dans une réflexion lyrique aux références littéraires, plastiques et allégoriques. La fragilité physique et psychologique de l’être humain, sa quête perpétuelle vers l’idée d’absolu nourrissent l’exploration de l’intellect qu’a entrepris l’artiste depuis de nombreuses années.

Après la vague chinoise (déjà un peu passée), toute bonne galerie qui se respecte montre désormais le travail d’un (ou plusieurs) artiste indien. Pour Templon, il s’agit, entre autres, de Sudarshan Shetty, sculpteur originaire de Mangalore qui détient déjà un beau parcours international.

Il s’agit de sa seconde exposition à l’Impasse et je me réjouis à l’avance d’un possible show dans la galerie principale. Car oui, j’adore le travail de Sudarshan Shetty !

Et je ne suis pas la seule : souvenez-vous du fameux phallus en or de Liliane Bettencourt que la presse avait malencontreusement pris pour un sex-toy ! On croirait, à s’y méprendre, aux moulages de pénis en or de Shetty.

Bref… Sudarshan Shetty est un artiste indien et tout s’en ressent dans son travail. Identité de l’Inde face à la mondialisation et à l’Occident, symboles et signes caractéristiques de l’Inde, objets de la vie quotidienne indienne… Mais il y a aussi le mouvement et la matière.

Le bois tient une place privilégiée et c’est avec la notion de mouvement que l’artiste transcende la matière.

La tradition indienne de travail du bois vient fortement souligner les aspects angoissants d’une voiture accidentée ou d’un portail mutilé par une lame aiguisée.

India Art Collective

Tuesday, 20 September 2011 15:32 Published in Blog

 

L’art indien ! On s’active forcément autour de ce nouveau « mouvement »… pas si nouveau que ça finalement mais l’émergence des Subodh Gupta, Jitish Kallat ou autres Atul Dodiya et leurs poids sur le marché confortent les collectionneurs les plus réticents.

Sur le web :

Après le lancement un peu évasif, voire carrément raté, de la VIP Art Fair (22-30 janvier 2011), les foires « on-line » fleurissent. Nouvelle venue : India Art Collective, foire bi-annuelle dont la première édition se tiendra du 19 au 26 novembre prochain. Les galeries du monde entier, enfin celles qui souhaiteront y participer (gageons une forte affluence des marchands de New Delhi et Bombay), pourront y présenter, sur le même modèle que la VIP Art Fair, des stands virtuels aux œuvres d’artistes exclusivement indiens. On parle de « marketing collectif ». Ce n’est pas moi qui le dit mais les organisateurs eux-mêmes…

« Marketing collectif » donc ! On parle toujours d’art contemporain ?

Pour les coûts, les organisateurs de la foire proposent un stand de 20 œuvres maximum au prix de 150 000 roupies (environ 2 300 euros). On est loin des prix de la VIP.

Ceci étant dit, la foire prendra 7, 5% de chaque vente effectuée.

On souhaite donc beaucoup de succès à cette nouvelle foire et plein de ventes !

 

Samedi, c’est galeries # 21

Friday, 23 September 2011 16:09 Published in Blog

La rentrée nous a tous comblés en termes de vernissages. Essayons de ne pas compter le nombre de nouvelles expositions rien que dans le 3me arrondissement de Paris. Pour vous faciliter les choix, je vous propose la sélection du quartier qui n’en finit plus de monter :  le haut Marais.

 

Russian Tea Room

Nouvelle venue dans le quartier et nous lui souhaitons le meilleur, la Russian Tea Room propose un espace d’exposition spécialisé dans la photographie au rez-de-chaussée et un lieu hybride de conversation, rencontre, conférence, bibliothèque en sous-sol. Mais nous nous concentrerons sur l’exposition d’ouverture, group show de deux photographes, le japonais Shunsuke Ohno et le russe Dmitry Sokolenko. La fractalité est le thème de l’exposition. Fractalité : concept qui définit des objets dont la structure ne varie pas par changement d’échelle.

Shunsuke Ohno propose une vision pascalienne de l’infiniment grand et l’infiniment petit de Tokyo. Chaque particule de la ville est disséquée dans une approche à la fois globale et sacrée. Sacrée de par le titre de la série : Mandala.

 

Dimitry Sokolenko se concentre, lui, sur le petit. Chaque image, composée d’une infinité de pixels, devient langage visuel même dont le spectateur trouve quelques éléments d’interprétation dans les titres des œuvres liés à des personnages ou des évènements connus, notamment les attentats du World Trade Center.



Russian Tea Room

Dmitry Sokolenko et Shunsuke Ohno, Fractal : 10 septembre – 29 octobre 2011

42 rue Volta

75003 Paris

Mardi au samedi 11h-19h

 

Gabriel & Gabriel

Le travail du photographe Thomas Devaux s’inspire fortement de son expérience dans le monde de la mode. Ce sont à la fois les modèles et les personnalités photographiées mais également les matières et les objets du vêtement qui composent son univers de textures et de reconstruction des corps. Entre sacré et profane, le spectateur se perd volontiers dans une forme de portraitisation aux inspirations anciennes, quasi renaissantes. Mais ici les modèles ne sont pas magnifiés et une idée volontairement mortelle s’imprègne dans les photographies. En effet, l’artiste travaille avec des éléments glanés au Père-Lachaise (des pierres, des morceaux de métal, qui deviennent comme des paravents voilant la beauté des magazines).

 

Gabriel & Gabriel

Thomas Devaux, Attrition : 23 septembre – 20 novembre 2011

68 rue du Vertbois

75003 Paris

Mardi au samedi 11h-19h

 

New Galerie

Les jeux de pouvoir et les comportements sociaux interprétés par le plasticien Leopold Kessler sont définis au long de trois vidéos présentées dans l’espace de la rue Borda. La transgression et l’acceptation relient les interventions urbaines que l’artiste filme dans une certaine forme d’illégalité non définie en tant qu’illégalité intellectualisée mais en tant que mise en situation par souci de vérité. Une de ces trois vidéos se démarque pourtant des deux autres dans le sens où elle s’apparente plus spécifiquement à un documentaire, sans intervention de l’artiste. Dans un esprit quasi voyeuriste, Leopold Kessler filme un certain type de construction, caractéristique de l’architecture viennoise, pour finir par se concentrer sur une scène d’intérieur. Un homme brosse les cheveux d’une petite fille. L’image présente une définition assez complexe de la vision de l’artiste sur le paradoxe entre conte de fée et puissance capitalistique étroitement liée au loisir et au sexe.

 

New Galerie

Leopold Kessler : 10 septembre – 15 octobre 2011

2 rue Borda

75003 Paris

Mardi au samedi 14h-19h

 

Paris-Beijing

Le second volet de New Photography in Korea II propose la suite d’un panorama, non exhaustif, de la scène photographique coréenne des dernières années. L’industrialisation de la Corée du Sud a offert aux artistes une opportunité de témoignage des changements inhérents à une telle transformation. Les incertitudes et les dérives sociologiques induites par tous les bouleversements des dernières décennies se matérialisent sur support photographique. Les artistes présentés sont tous nés dans les années 70 et n’ont donc pas connu ce fameux « miracle coréen » mais vivent aujourd’hui toutes les conséquences de cette nouvelle société, notamment à travers la consommation, la globalisation ou encore l’urbanisation.

 

Paris-Beijing

New Photography in Korea II : 15 septembre – 29 octobre 2011

54 rue du Vertbois

75003 Paris

Mardi au samedi 11h-19h

 

MFC Michèle Didier

Egalement nouveau venu dans le quartier, l’espace de Michèle Didier produit et publie des travaux originaux d’artistes, et pas des moindres puisque nous commençons par Claude Closky. Inside a Triangle est un livre de photographies de routes, de sentiers, de trottoirs. Tous les paysages de cet ouvrage sont des détails de photographies trouvées sur le web et retravaillés par l’artiste. Les pages d’Inside a Triangle sont imprimées sur une face d’une longue bande de papier, pliée et reliée à la japonaise. Entre le premier et le dernier paysage, le cercle se referme. C’est l’histoire d’un long ruban plat qui se transforme en triangle.

 

MFC Michèle Didier

Claude Closky, Inside a Triangle : 10 septembre – 7 octobre 2011

66 rue Notre-Dame de Nazareth

75003 Paris

Mardi au samedi 12h-19h

 

 

Vincenz Sala

Bienvenue également à la galerie Vincez Sala ! L’artiste Tine Steen sculpte, dessine, fabrique, des portraits de personnes de son entourage proche. Ce sont le caractère et la personnalité de chacun qui ressortent de ces personnages. Il s’agit ici de la relation entre l’artiste et le modèle et de la notion de portrait à proprement parler. Tout est intimement lié puisque le dessin devient prétexte à la peinture qui devient elle-même prétexte à la sculpture.

L’artiste puise dans les traits de caractère de chacun de ses modèles pour en retranscrire des portraits plus ou moins réels.

 

Vincenz Sala

Tine Steen : 10 septembre – 8 octobre 2011

52 rue Notre-Dame de Nazareth

75003 Paris

Mardi au samedi 14h-19h

 

N’oubliez pas non plus la nouvelle exposition de Frédéric Léglise à la galerie Backslash jusqu’au 15 octobre 2011, China Dolls Are Not Afraid of Pink.

 

DELTA alias Boris Tellegen : L'ingénieur du Chaos

Thursday, 06 October 2011 14:13 Published in Blog

Musique electro minimale dans un atelier à côté du cœur d’Amsterdam.

L’homme qui m’ouvre est grand, blond, la quarantaine, tout sourire. C’est lui. Je suis devant Boris Tellegen, alias DELTA.

Pour ceux qui ne le connaissent pas, sachez que DELTA est un des pionniers du graffiti en Europe. Les premières apparitions de son tag ‘DELTA’ remontent à 1984.

DELTA se démarque tout de suite par son style; il ne sort pas d’une école d’art et n’est pas né dans une cité. Il est brillamment diplômé de l’école d’ingénieur Faculty of Industrial Design at the Technical University. Il ne tag pas pour marquer un territoire, mais pour offrir un mode de lettrage et d’expression différent de ce qui se peignait alors sur les murs du Bronx ou de Brooklyn.

Il refuse très rapidement de suivre une carrière d’ingénieur, et se concentre sur la rue. Ces travaux ne sont pas moins emplis de la rigueur mécanique du designer. Ses graffitis jouent sur des perspectives inversées et /ou contrariées. Ses peintures murales se déstructurent très vite. Les lettrages explosent pour révéler autre chose, des structures inintelligibles et originales.

DELTA disparait en délaissant le graffiti et Boris Tellegen, l’artiste, surgit, fort de l’héritage de son aîné.

Les formes simples se découpent  sur des matériaux de tous ordres, bois, papier, carton, mousse de polyuréthane; et les structures s’assemblent sous des formes diverses comme le collage, la sculpture, la peinture.

Mais en refusant l’ingénierie, c’est surtout l’ordre que DELTA décide de fuir. L’ordre en tant que logique, l’ordre d’assemblage, l’ordre établit.

 

L’amour de la précision méticuleuse des maquettes qu’il a réalisées durant ses années d’étude poussent Delta à délaisser les murs au profit de la sculpture. C’est donc tout naturellement que les formes issues de ces lettrages de graffiti s’extrudent. Les faces des perspectives des lettres de ses tags prennent corps et deviennent les pièces d’un jeu complexe de superpositions.



L’artiste me confit que notre monde est régit par l’ordre et que c’est cet ordre qui dirige nos pensées. Nous nous sommes habitués à vivre avec des représentations très concrètes du monde qui nous entoure : un mur droit et blanc, une lettre plate et noire, une voiture à quatre roues. C’est contre cela que Boris Tellegen lutte. Il se bat contre nos structures de représentations et de constructions mentales.

Il a décidé de laisser une place au chaos. Il a décidé de laisser le chaos supplanter et remplacer la logique des choses. L’ordre.  Aussi lorsque qu’il construit le mur de l’installation « Exothermic », tout est là.

Tous les matériaux nécessaires sont présents, plaquo platre, isolant, structures métalliques et bois; même le câblage électrique est prévu. Se laissant conduire par ce qu’il nomme le chaos et non par la logique, Boris Tellegen construit son mur. Laissant la place à l’imprévu et à un refus des conventions, il élabore une structure mural qui échappe au sens commun nous offrant une pièce qui reprend l’essence même du mur, c'est-à-dire une cloison divisant un espace en deux, mais une séparation assemblée dans un ordre différent et qui nous déstabilise, nous poussant à nous interroger sur la validité des structures qui nous régissent et sur les partis pris qui nous ont, de tout temps, été imposés.

 

Une leçon que nos dirigeants devraient peut-être entendre ; reconstruire les règles qui nous régissent, en y apportant une réflexion moins conventionnelle et établie.

Notez pour finir, que BACKSLASH sera fière de pouvoir vous présenter ces dernières pièces très bientôt... Mais chut! C'est un secret.

 

 

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