Cette semaine, SAMEDI, c'est GALERIES vous emmène dans un des quartiers dynamiques de la capitale : le quartier de Belleville dans l'est de Paris. Pour certains exotique, pour d'autres rendez-vous habituel, l'est de Paris n'est qu'à 3 stations de métro d'Arts et Métiers et quelques minutes à pieds du Plateau-FRAC Ile de France.
Créée en 2002 (bientôt 10 ans!) par Claudia Cargnel et Frédéric Bugada, anciennement sous le nom de Cosmic Galerie, la galerie BUGADA & CARGNEL est un des piliers du quartier. Elle s'est installée il y a de nombreuses années dans un magnifique bâtiment industriel de 500m2, un ancien garage des années 30, avec une hauteur sous plafond vertigineuse et une luminosité extraordinaire. Personnellement, c'est une de mes galeries favorites et il m'est peu arrivé d'être déçue.
La galerie présente actuellement le film d'Étienne Chambaud, Contre-histoire de la séparation, co-écrit avec Vincent Normand. Projeté au début de chaque heure (le film dure 52 minutes) dans le second espace de la galerie, ce "documentaire" fait le rapprochement entre la guillotine et la création du musée moderne. Plus précisément entre la Terreur, période sanglante en France qui invente simultanément la guillotine et le prototype du musée moderne avec l'ouverture du Muséum central des arts de la République, ancêtre du musée du Louvre, comme première collection publique. Puis entre l'année de la dernière décapitation en France, en 1977, qui est aussi l'année de l'inauguration du Centre Pompidou, nouveau paradigme muséal. C'est pour le moins insolite.
Un ensemble étonnant et très beau de "tableaux-sculptures", reprenant des éléments du film, est montré dans l'espace principal.






Étienne CHAMBAUD
O-RA-LI-TÉ
jusqu'au 21 mai
BUGADA & CARGNEL
7-9 rue de l'Equerre
http://bugadacargnel.com
mardi - samedi, 14h - 19h
A quelques rues, la rue Jouye-Rouve, perpendiculaire à la rue de Belleville, a vu deux galeries s'installer côte à côte : en septembre 2009 pour la galerie Marcelle Alix, en novembre de la même année pour la galerie Crèvecoeur.
Il est fort à parier que d'autres ouvriront dans cette rue ou alentours.
La galerie Marcelle Alix montre en ce moment une très belle exposition d'Aurélien Froment, dont c'est la deuxième proposition à la galerie. Parfois un peu décontenancée, celle-ci m'a laissée sous le charme. Par un jeu de libre association, de chassé croisé ténu entre, en vrac, des idées, des objets et/ou des images, l'artiste recouvre une partie des murs de la galerie d'un papier peint construit, d'un "mobile" que l'on retrouve dans une photographie ou d'un dessin qui "colle" au papier peint. Une vidéo est présentée au 2e sous-sol de la galerie. N'hésitez pas à vous y rendre!
A noter la belle actualité de l'artiste, avec une exposition personnelle au CREDAC d'Ivry (jusqu'au 12 juin), que je n'ai pas encore eu le temps de voir, et une autre au Musée Départemental de Rochechouart à l'été 2011
© Aurélien Mole. Courtesy Marcelle Alix, Paris
© Aurélien Mole. Courtesy Marcelle Alix, Paris
© Aurélien Mole. Courtesy Marcelle Alix, Paris
© Aurélien Mole. Courtesy Marcelle Alix, Paris
© Aurélien Mole. Courtesy Marcelle Alix, Paris
Aurélien Froment
Les articles indéfinis
jusqu'au 21 mai
Marcelle Alix
4 rue Jouye-Rouve
http://www.marcellealix.com/
mercredi - samedi, 14h - 19h
De son côté, la galerie Crèvecoeur, créée en 2008 et précédemment installée rue de Malte dans le 11e, présente The Promise, une exposition proposée par Martha Kirszenbaum, commissaire indépendante basée à Paris, qui mêle jeunes artistes américains et européens autour de l'idée de réappropriation de l'objet. Si cela vous parle peu, les oeuvres présentées sont, elles, éclairantes : la vidéo d'Agnieszka Polska jouxte le papier peint (tiens, là aussi) de Florian & Michaël Quistrebert. J'ai particulièrement aimé les impressions d'Erin Shirreff et, à l'opposé, la drôlissisme vidéo de Shana Moulton, The Galactic Pot Healer, que je vous recommande particulièrement.
© Hélène Giansily. Courtesy Galerie Crèvecoeur, Paris
© Hélène Giansily. Courtesy Galerie Crèvecoeur, Paris
© Hélène Giansily. Courtesy Galerie Crèvecoeur, Paris
© Hélène Giansily. Courtesy Galerie Crèvecoeur, Paris
The Promise
Agnieszka Polska, Shana Moulton, Susanne M. Winterling
, David Malek, Erin Shirreff, Florian & Michaël Quistrebert
Une proposition de Martha Kirzsenbaum
jusqu'au 30 avril
Galerie Crèvecoeur
4 rue Jouye-Rouve
http://galeriecrevecoeur.com/
mercredi - samedi, 14h - 19h
Parfois, ce genre de ballades réserve des surprises. Je ne sais pas pourquoi, mais je n'avais jamais réalisé que le bureau de Contexts était à deux numéros de la galerie BaliceHertling. Quesako? Contexts rassemble dans un même lieu un bureau d’études, une agence de production et de diffusion de l'art contemporain ainsi qu'un espace d’exposition qui propose régulièrement à un artiste de présenter un projet singulier.
C'est un amas de débris de verre recouvrant tout le sol de l'espace qui m'a arrêtée en plein élan. Il faut dépasser sa peur et marcher sur ces morceaux de verre pour entendre tout autant que voir cette installation complexe qui mêle crissements au sol et bribes sonores de films-catastrophe, et captations de l'extérieur. Dans le même temps, une couverture médiatique diffuse vers la rue reportages et breaking news.
Depuis hier, Contexts a laissé à l'artiste Thierry Fournier déployer ce dispositif, Hotspot, réalisé avec la collaboration de Jean-François Robardet, au sein de l’atelier de recherche et création Electrohop, porté par l’École nationale supérieure d’art de Nancy et Artem.

Thierry Fournier
Hotspot
jusqu'au 5 mai
Contexts
49 rue Ramponeau
http://www.contexts.fr/
mercredi - samedi, 15h - 19h
Ouverte en septembre 2007 (déjà), la galerie BaliceHertling s'est taillée une belle réputation dans le monde de l'art français et international. Elle présente actuellement une exposition étonnante de la très provocante K8 Hardy, une artiste américaine partie prenante d'une nouvelle mouvance du féminisme, plutôt trash, et fondatrice du collectif radical LTTR. Si personnellement les mannequins recouverts de peinture aux allures de grandes fées porte-drapeaux ne m'ont pas réellement séduite, les photographies sont en revanche bien plus intéressantes. Fonctionnant seules, par diptyque ou polyptyque, l'artiste se met en scène dans des situations souvent drôles, et toujours avec une idée du mauvais goût assez jouissive.
Courtesy BaliceHertling, Paris
Courtesy BaliceHertling, Paris
Courtesy BaliceHertling, Paris
Courtesy BaliceHertling, Paris
K8 Hardy
jusqu'au 14 mai
BaliceHertling
47 rue Ramponeau
http://www.balicehertling.com
mercredi - samedi, 14h - 19h
Je termine par un autre des piliers du quartier, la très impressionnante galerie Jocelyn Wolff. Créée en 2003 dans un petit espace rue Rébéval, avec pour sa première exposition, tenez-vous bien, une proposition de Clemens von Wedemeyer (dont on voit aujourd'hui les oeuvres dans tous les plus grands musées et les foires les plus fréquentées)! D'ailleurs, ce sera aussi la prochaine exposition à la galerie.
La galerie a déménagé dans son espace actuel en 2006. Faisant fi de la modestie du lieu, Jocelyn Wolff y a présenté de nombreux artistes pour la première fois en France et aujourd'hui unanimement reconnus tels que Guillaume Leblon, Katinka Bock, Isa Melsheimer et bien d'autres.
La galerie présente en ce moment les dessins d'une artiste bâloise, Miriam Cahn. Comme toujours, vous serez surpris si vous vous attendiez à trouver une exposition de dessins classiques. Si quelques œuvres, choisies par l'artiste sont effectivement délicatement accrochées aux murs, une construction de bois occupe l'espace. Dans une impossibilité de faire une sélection de ces dessins sur Sarajevo et la guerre, l'artiste a choisi de ne pas choisir. La construction de bois contient l'ensemble des dessins réalisés à ce jour. Et cela donne envie forcément de rester…
Courtesy Galerie Jocelyn Wolff, Paris
Courtesy Galerie Jocelyn Wolff, Paris
Courtesy Galerie Jocelyn Wolff, Paris
Courtesy Galerie Jocelyn Wolff, Paris
Miriam Cahn
le travail sarajevo
jusqu'au 23 avril
Galerie Jocelyn Wolff
78 rue Julien-Lacroix
http://www.galeriewolff.com
mercredi - samedi, 14h - 19h
A noter que la galerie castillo/corrales, a quitté son espace rue Rébéval début avril pour s'installer juste à côté au 80 rue Julien Lacroix en mai.
http://www.castillocorrales.fr
Et enfin, et si j'étais vous et que j'avais encore le temps, je me rendrais au LOFT 19 de Suzanne Tarasiève, mais il faut quand même que je retourne m'occuper de BACKSLASH…
Yassine 'Yaze' Mekhnache
LYFE
jusqu'au 7 mai
LOFT 19
Passage de l'Atlas / 5, Villa Marcel Lods
Mardi - Samedi, 11h - 19h
http://www.suzanne-tarasieve.com/loft19
Et puis parfois, il se passe des choses étranges...


































