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SAMEDI, c'est GALERIES #7

Friday, 04 March 2011 17:48 Published in Blog

Pour le (déjà) 7e rendez-vous de SAMEDI, c'est GALERIES, je me suis rendue dans la très plébiscitée rue Saint-Claude et sa petite soeur perpendiculaire, la rue des Arquebusiers. S'y côtoient aujourd'hui bon nombre de galeries de haut niveau. Aussi agréable qu'il soit, mon temps de ballade du vendredi est toujours un peu compté, force est de faire un choix. Voici donc une petite sélection, ultra subjective, et dans un périmètre restreint.

Rue des Arquebusiers, la galerie Eva Hober est actuellement fermée mais je vous recommande de vous tenir informé de l'exposition de Pauline Bastard, nouvelle artiste de la galerie, dont on a pu voir les oeuvres dans quelques bonnes expositions récemment. C'est définitivement une artiste à suivre et son solo est prévu pour le printemps.

Galerie Eva Hober
9 rue des Arquebusiers
mardi - samedi 11h - 19 h
http://www.evahober.com


La très sérieuse galerie art:concept, que j'ai souvent visitée avec plaisir rue Louise Weiss, s'est installée dans la rue début 2010 et n'a rien perdu de son identité. La galerie accueille le deuxième volet d'un cycle d'expositions, dont le premier épisode s'est tenu à la galerie Schleicher + Lange en janvier, que je n'ai malheureusement pas vu. Même si l'ensemble est assez flou, j'ai surtout aimé de ce deuxième opus la vidéo cinglante et finalement assez drôle de Nate Harrison présentée dans la salle du fond (attention, haute concentration requise!) et surtout les travaux de Jonathan Binet, ces multiples traces que vous retrouvez sur les murs de la galerie.

Irmavep Club
Livret II
avec Jonathan Binet, Maurice Blaussyld, Nate Harrison et Michael Pfisterer
jusqu'au 26 mars

Art : Concept
13 rue des Arquebusiers
mardi - samedi 11h - 19 h
http://www.galerieartconcept.com


Direction ensuite la bien plus jouissive exposition de Patrick Guns dans le bel espace de la Galerie Polaris, avec un accueil sympathique du maître des lieux. May 35th plutôt que le 4 juin (1989, Tian'anmen), évoque l'idée de la censure d'état et de la répression. Politique, l'exposition est également drolatique, et c'est bien cela qui fait sa force.
Et puis, les banderoles d'insultes en forme de guirlandes de fêtes foraines qui trônent au-dessus du du bureau du galeriste sont hilarantes.

Patrick Guns
May 35th
jusqu'au 30 mars

Galerie Polaris
15 rue des Arquebusiers
mardi - vendredi 13h - 19 h
samedi 11h - 13h et 14h - 19 h
http://www.galeriepolaris.com/

Petit arrêt à la galerie Sultana, qui présente une exposition très formelle de Bettina Samson. Cette artiste qui confronte dans sa pratique science et magie, histoire et mystère. Des sculptures alignées, réalisées en céramique, émaillées d'iridium (que l'on trouve notamment dans les météorites) et recouvertes de platine, font face à des photographies en noir et blanc, obtenues par exposition du papier photo à de la pechblende… Difficile à écrire et à prononcer… mais le résultat est sublime!

Bettina Samson
Fedor Poligus
jusqu'au 26 mars

Sultana
12 rue des Arquebusiers
mardi - samedi 11h - 19 h
http://www.galeriesultana.com


A deux pas, la galerie Philippe Jousse, qui s'est installée également dans le quartier en 2010, présente un artiste que j'aime beaucoup et suis depuis longtemps : Martin Le Chevallier. Pour sa deuxième exposition personnelle à la galerie, il y présente une installation monumentale qui se regarde depuis la rue, ou, j'ai presque envie de dire, qui vous observe. Des gradins envahissent en effet toute la vitrine de la galerie et l'on se retrouve dans la position un peu inconfortable du regarder regardé.
La pièce de l'exposition est une installation de quatre écrans sur lesquels le film L'an 2008 se déploît. J'avais déjà vu sur Arte ce film où des personnages stéréotypés venus des quatre coins de la planète échangent leurs points de vue sur la mondialisation, s'accusent mutuellement de ses dommages collatéraux et parfois s'en excusent. La présentation du film sur quatre écrans prend alors tout son sens, et une toute autre dimension.


Martin Le Chevallier
Solipsismes
jusqu'au 26 mars

Galerie Jousse
6 rue Saint-Claude
http://www.jousse-entreprise.com


Au 7, presque juste en face, la galerie Alain Gutharc nous donne à voir une exposition de groupe qui prend comme point de départ une oeuvre d'Henri Michaud. Les oeuvres s'articulent en effet parfaitement autour de l'écriture. J'ai toujours aimé aller chez Gutharc, pour la qualité de ses expositions et l'accueil toujours chaleureux. Là encore, l'exposition est très belle, simple mais efficace, poétique et directe. Elle présente des artistes reconnus (le très grand Jean-Luc Verna, Claude Lévèque, Joël Bartoloméo) et émergents (Estefania Penafiel Loaiza, Miri Segal) dans un ensemble très convainquant.
Coup de coeur pour la vidéo d'Estefania Penafiel Loaiza, où les mots s'écrivent et s'effacent en même temps, d'une simplicité surprenante mais dont la poésie et la portée vous captivent.

Joël Bartoloméo


Estefania Penafiel Loaiza


Jean-Luc Verna

"Comment dire…"
avec Joël Bartoloméo, Claude Lévèque, Charles Lopez, Henry Michaux, Antoinette Ohanessian, Estefania Penafiel Loaiza, Miri Segal, Jean-Luc Verna
jusqu'au 26 mars

Galerie Alain Gutharc
7 rue Saint-Claude
mardi - samedi 11h - 19 h
http://www.alaingutharc.com


Autre exposition collective, autre ambiance chez Frank Elbaz avec Des années de poudres recouvrant des années de jaune. Invités par Gyan Panchal, artiste de la galerie, Sara Barker, Jesus Alberto Benitez et Mélanie Blaison partagent tous une attention particulière au matériau, entre sculpture et matière, photographie et peinture. Etant particulièrement touchée par cette esthétique du sensible, je dois dire que la beauté qui se dégage de l'exposition m'a vraiment bluffée.
Les sculptures de Sara Barker, à la limite de la chute, dialoguent avec perfection avec les photographies et dessins de Jesus Alberto Benitez. Une vraie découverte avec les oeuvres de Mélanie Blaison, d'une modestie incroyable: moulages en plâtre de mobilier ou d'objets trouvés, présentés comme des fragments, fragiles et pourtant si réels. Une exposition à ne pas louper!


Sara Barker


Jesus Alberto Benitez


Mélanie Blaison

Des années de poudres recouvrant des années de jaune
Sara Barker, Jesus Alberto Benitez et Mélanie Blaison
sous le commissariat de Gyan Panchal
jusqu'au 26 mars

Galerie Frank Elbaz
7 rue Saint-Claude
mardi - samedi 11h - 19 h
http://www.galeriefrankelbaz.com


Entre les deux galeries précédentes, vous pourrez aller découvrir un duo Mathias Schweizer / Olivier Mosset à la galerie Torri, qui a ouvert en 2010!


Mathias Schweizer  / Olivier Mosset
Cool way
jusqu'au 26 mars

Galerie Torri
7 rue Saint-Claude
mardi - samedi 11h - 19 h
http://www.galerietorri.com



Pour finir, car il faut bien se résoudre à terminer la ballade, la galerie Anne Barrault propose une exposition de Ramuntcho Matta, artiste pour le moins éclectique qui aime multiplier les collaborations interdisciplinaires. Pour sa troisième exposition à la galerie, qui s'appuie sur le thème de l'attente, avec musique en fond, canapé bancal et dessins déstabilisants aux murs. Une  exposition bien plus subversive qu'il n'y parait au premier abord...




Ramuntcho Matta
La salle d'attente
jusqu'au 26 mars

Galerie Anne Barrault
22 rue Saint-Claude
mardi - samedi 11h - 19 h
http://www.galerieannebarrault.com



SAMEDI, c’est GALERIES #32

Friday, 27 January 2012 16:51 Published in Blog

Cette semaine, une fois n'est pas coutume, un petit parcours thématique.

Je ne pouvais décemment pas manquer l'exposition de Dan Flavin à la Galerie Emmanuel Perrotin. Je garde encore un souvenir ému et très net de son exposition au Musée d'Art Moderne de la Ville en 2006. J'ai l'impression que c'était hier.
En entrant dans l'exposition, je me suis demandée pourquoi des néons mis côte à côte me faisaient autant d'effet, après tout. Puis, je me suis facilement laissée envahir par l'émotion.
Que vous dire de plus? Certes, les mauvaises langues peuvent prétendre que l'exposition est sans surprise. Du Dan Flavin quoi. Je dirais plutôt, pour ma part, du Grand Dan Flavin. Radical, minimal, intransigeant. Et pourtant si sensible, si beau.
L'exposition réunit un ensemble de huit œuvres du début des années 60 à la fin des années 80.
Magistral. Dans la pure lignée des désormais bien connues expositions "historiques" dans des galeries d'art contemporain. Mais celle-ci, elle valait vraiment la peine.
Donc, comme d'habitude dans SAMEDI, c'est GALERIES, plus d'images que de texte… Pour savourer et vous donner envie d'y aller.


Courtesy Galerie Perrotin, Paris

 


Courtesy Galerie Perrotin, Paris

 


Courtesy Galerie Perrotin, Paris



Courtesy Galerie Perrotin, Paris

 


Courtesy Galerie Perrotin, Paris



Courtesy Galerie Perrotin, Paris



Ne manquez pas non plus l'exposition d'en face, qui "colle" parfaitement avec celle de l'exposition principale je trouve. (Au risque de faire hurler les puristes.) Lionel Estève, dont c'est la troisième exposition à la galerie, nous propose une exposition légère et colorée. Légèreté n'est pas ici péjoratif, je précise. Dans la première salle, "se mélangent des étranges serpents endémiques ethnopops et ludiques". Je ne sais pas ce que "ethnopop" veut dire exactement mais on en comprend globalement le sens. Plus pops qu'ethos, selon moi, ces serpents sont relativement réjouissants quand ils se mêlent les uns aux autres. Mais j'ai beaucoup plus aimé les deux portes représentées par un trait de crayon et des poignées de porte. Mes photos sont très mauvaises mais le propos est justement dans la frontière entre visible et invisible.
C'est dommage, il n'y a pas de vues de la deuxième salle sur le site de la galerie. Il y a des tableaux blancs avec des perles en forme de voûte céleste. Et au sol, plus réussies, des pierres peintes au tiers à l'aquarelle, comme si le lit d'une rivière avait laissé quelques traces de peinture. Un hommage très poétique au Land Art et à l'art du jardin japonais (?).
Dernière salle : des dessins géométriques blanc sur blanc, dont l'économie de moyens m'a beaucoup plu, avec ce côté pop effectivement.
Deux expositions qui mettent le moral au beau fixe, surtout par une belle journée comme celle-ci!



Courtesy Galerie Perrotin, Paris

 


Courtesy Galerie Perrotin, Paris



Courtesy Galerie Perrotin, Paris



Courtesy Galerie Perrotin, Paris



Courtesy Galerie Perrotin, Paris



Courtesy Galerie Perrotin, Paris



DAN FLAVIN
"An installation"
in collaboration with L&M Arts

jusqu'au 3 mars

LIONEL ESTEVE 


jusqu'au 3 mars

Galerie Perrotin
76 rue de Turenne
et 10 impasse Saint Claude
mardi - samedi 11h - 19h
http://www.perrotin.com





Je continue avec des monochromes et l'exposition de Stefan Sehler à la Galerie Sultana. L'accueil y est très sympathique et j'avoue que je ne connaissais pas le travail de l'artiste. J'y ai découvert avec bonheur de grands monochromes qui laissent apparaître les multiples recherches de Sehler sur la matière (dripping, sprays et même avec les doigts!!) et les couleurs  (des rouges profonds, du cuivré, du gris métallique) posées, malaxées, expérimentées, triturées sur du Plexiglas. Ce dernier passe ainsi du statut d'un matériau protecteur à la surface peinte elle-même.

Et c'est vrai, comme nous l'explique le communiqué, que ces grands monochromes nous paraissent au départ précis, soignés et figés alors que plus on s'approche, plus on perçoit l'énergie et la vitalité de ces œuvres. On aurait envie de les regarder longtemps bien assis dans un canapé.



Courtesy Galerie Sultana, Paris

 


Courtesy Galerie Sultana, Paris

 


Courtesy Galerie Sultana, Paris



Courtesy Galerie Sultana, Paris



Courtesy Galerie Sultana, Paris



Courtesy Galerie Sultana, Paris

 

Stefan Sehler
abstract paintings
jusqu'au 25 février

Galerie SULTANA
12 rue des arquebusiers
mardi samedi, 11h 19h
http://www.galeriesultana.com


 

Je termine ma ballade par l'exposition d'Hubert Duprat chez art : concept. J'avais lu l'article dans le Quotidien de l'art et, comme j'avais vu une de ses œuvres chez Jérôme Poggi, j'avais très envie de venir voir l'exposition. (Ce n'est qu'après que j'ai vu le site avec les sublimes vues de l'exposition, que j'emprunte.) 4 œuvres. 4 chefs d’œuvre. Une sorte de rencontre frontale avec la matière mais avec un minimalisme et une attention aux détails saisissants.
Il y a cet immense forme carrée en polystyrène blanc. Des cubes de polystyrène blanc. On dirait qu'ils sont reliés avec des bandes de polystyrène noir. Un jeu subtil de formes et de couleurs avec seulement du polystyrène.
Puis, encore un cube, en Plexiglas cette fois, avec de la pâte à modeler. Des centaines de cubes qui en forme un autre. C'est cette œuvre que j'avais déjà vu. Il y a des œuvres qu'on est heureux de revoir.
Dans la deuxième salle, deux œuvres énigmatiques. D'un côté des dés à jouer pris dans une matière qui s'appelle l'ulexite, Je vous laisse lire la fiche wikipédia mais je n'ai rien lu de spécial. Très belle œuvre là encore. Des cubes toujours composent ce cylindre en pyrite (littéralement "pierre de feu") qui brille et qui semble sur le point de rouler.
Très franchement, l'exposition est magnifique et j'ai beaucoup aimé l'aborder avec naïveté, juste pour le plaisir des yeux.


Courtesy Galerie art:concept, Paris

 


Courtesy Galerie art:concept, Paris

 


Courtesy Galerie art:concept, Paris



Courtesy Galerie art:concept, Paris



Courtesy Galerie art:concept, Paris



Courtesy Galerie art:concept, Paris



Courtesy Galerie art:concept, Paris

 

Hubert Duprat
jusqu'au 10 mars

Art: Concept

13 rue des Arquebusiers
mardi - samedi 11h - 19h
http://www.galerieartconcept.com

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