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Patricia Dorfmann

Outre-Forêt

Thursday, 24 February 2011 14:09 Published in Blog

Outre-Forêt est un cycle d'expositions mené par Mathieu Buard & Joël Riff au 6b, lieu de création étonnant à Saint-Denis, entre la Seine et le Canal, un peu au milieu de nulle part et pourtant à seulement 10 minutes de Paris. C'est là que BACKSLASH a décidé de vous emmener!

Le communiqué de l'exposition commence comme cela :

"L’Outre-Forêt est une zone du Nord de l’Alsace coupée du reste du pays par une épaisse barrière d’arbres. À une époque où les bois ne se traversaient qu’à pieds ou à cheval, cette frontière forestière avait la réputation d’être périlleuse voire infranchissable. La réalité de cet au-delà était alors nimbée de mystères : rares étaient ceux qui osaient s’y aventurer pour pouvoir en témoigner."

 

Il faut dire qu'Outre-Forêt est un titre, et une thématique, brillamment choisis par des commissaires qui ont pris en compte l'isolement et l'exotisme d'un lieu pour les transformer en une réflexion fort intéressante sur la lisière et, je le disais, l'exotisme.

 

RDV donc avec Joël Riff à Gare du Nord à 17h un lundi pluvieux. (Oui, un jour de repos normalement, je me motive donc…) Au début, on se demande un peu ce que l'on fait là mais Joël Riff, hôte attentif, nous fait oublier tout le trajet en nous contant le début de cette aventure qui a commencée l'année dernière, avec la première exposition du cycle qui a eu lieu du 25 novembre au 5 décembre et qui présentait les travaux de quelques résidents du 6b (Nadia Agnolet, Amélie Bertrand, Chloé Dugit-Gros, Edgar Guilmoto, Maxime Thieffine, Sarah Tritz)

 

 

Billets de RER en poche, un tout petit trajet en RER (moins de 10 minutes) et une sortie dans un Saint-Denis en plein travaux avec l'aménagement du tramway. C'est vrai qu'à ce moment là, on est plutôt heureux que notre hôte nous montre le chemin parmi les grilles de travaux et les passages.

 

 

 

Quelques minutes suffisent pour se retrouver devant le 6b, immense bâtiment que l'on dirait sorti tout droit des années 70 et qui se dresse avec détermination entre la Seine et le Canal. Nouveau lieu de création, cet ancien immeuble de bureaux a été repris par des anciens étudiants des Beaux-Arts de Paris, des professionnels et des passionnés de tous horizons qui se sont regroupés en association et sont déterminés à faire du 6b un lieu de travail (60 ateliers individuels, des ateliers bois, sérigraphie, etc.) mais aussi de partage et de diffusion. Les 3 000 m2 ont donc été transformés en ateliers, bureaux, espace d'exposition, salle de projection, salle de danse et un restaurant associatif très agréable, peu cher et paraît-il absolument fameux! Avis aux habitants du quartier et aux visiteurs de passage.

 

 

 

 

Direction l'espace d'exposition, bien sûr, dans une lumière entre chien et loup, l'heure parfaite pour découvrir ce deuxième accrochage où transparaît l'inquiétude, l'hésitant, le brouillard, la poussière, le gluant. L'exposition intègre également une donnée particulière : s'intéressant à la lisière, les cimaises où étaient accrochées les oeuvres de la première exposition (conçue au contraire comme une focale, un centre) ont été laissées nues. Je vous laisse découvrir donc ces travaux qui investissent plutôt l'entre-deux de l'exposition.

 

Sur la droite, les peintures saisissantes d'Eva Nielsen, artiste définitivement passionnante, représentée par Dominique Fiat.

 

 

 

On découvre ensuite les sérigraphies de Shanta Rao, celle d'un noir profond sur un blanc pur, absolument magnifique, accrochée sur le côté, en haut d'une cimaise, et ses pendants négatifs, presque gluants, disposés librement sur une vitrine. Non loin, une sérigraphie en blanc sur une plaque de Plexiglas joue sur la lumière du jour (ou d'un néon) tandis que du caoutchouc noir enveloppe une chaise et semble vouloir envahir l'espace. L'ensemble est très beau.

 

 

 

 

Guillaume Linard-Osorio propose lui une oeuvre plus conceptuelle, en présentant sur des tréteaux des feuilles recouvertes de pastels, dans les tons gris, dont on peut sentir l'odeur. Pour chaque feuille, l'artiste a fondu une boite de pastel gras de marque différente et dont le résultat est en quelque sorte la synthèse colorée. La dissection de ces couleurs par fabricant est exposée à côté, très froidement, sur des feuilles A4, que viennent contrebalancer la délicatesse des tons gris, taupe ou gris-vert de ces grands monochromes.

 

 

 

 

 

Un ensemble d'oeuvres de Raphaël Barontini, jouant sur les codes du kitsch, contraste tout à fait avec les oeuvres précédentes.

 

 

On retrouve ensuite le très bon Cyril Hatt, dont l'exposition à la galerie Bertrand Grimont se termine ce samedi. Avec sa technique habituelle, originale et effarante de simplicité, sont présentés deux t-shirts, qui reprennent l'esthétique un peu "beauf" de ces "maillots" vendus dans les marchés de province, et que personnellement j'aime beaucoup. Un immense confessionnal (le choix du sujet est encore une fois parfait!) investit l'espace et repousse le plafond.

 

 

 

J'ai beaucoup aimé les oeuvres très sensibles de Yoan Beliard (graphite sur calque), nuages de fumée minuscules et complexes. C'est un peu dommage de les voir pris dans cette double coque de verre fermée par du silicone… En revanche, ses barres de graphite posées au sol sont vraiment superbes.

 

 

 

 

Sont posés au sol des animaux écrasés de Pierre David, dont la thématique pour le moins sanglante contraste avec la délicatesse de la gravure sur feuille d'or.

 

 

 

 

Etrangement posées sur la fenêtre, les oeuvres de Raul Illarramendi sont en apparence plus banales. Pourtant, la technique utilisée est absolument fascinante : ces flaques sont en fait dessinées, et non aléatoires; elles sont construites et pensées. Et là où l'on ne perçoit qu'aléas et hasard, l'on découvre technique, retenue et intelligence. L'artiste participera bientôt à une exposition collective à la galerie Karsten Greve.

 

 

 

 

 

Enfin, je me permets de ne pas respecter le "sens" a priori de l'exposition pour finir par l'artiste que j'aime le plus : Lionel Sabatté. Représenté par Patricia Dorfmann, l'artiste joue avec le sale, la poussière, le gras. Il balaie quand même plusieurs heures par jour la station Châtelet, pour s'arrêter au bout d'un mois et construire un loup avec ces résidus de vie. Il est chaque mois différent, parfois affamé et maigre, parfois repu. On le croirait presque vivant, prêt à se lever.

Près de là, sont posées sur le rebord de la fenêtre, quelques "oeuvres" :  miroir, dessus d'armoire, morceau de contreplaqué, recouverts de graisse, de poussière, de rouille mais aussi de quelques dessins et inscriptions étranges. Malgré le relatif dégoût qu'ils peuvent nous inspirer, on reste complètement fasciné par ces travaux!

 

 

 

 

 

 

Je salue par ailleurs le parti-pris des commissaires de cloisonner dans l'espace les oeuvres des artistes, par groupes monographiques, tout en les laissant dialoguer ensemble. C'est très réussi.

 

Je ne sais pas vous, mais personnellement, j'attends avec impatience le prochain opus de ce cycle, maintenant que je connais le chemin...

 

 

 

OUTRE-FORÊT

un cycle d'expositions au 6b

sous le commissariat de Mathieu Buard & Joël Riff

Mathieu Buard - This e-mail address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it

Joël Riff - This e-mail address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it

http://outreforet.wordpress.com/

 

Deuxième exposition du jeudi 17 au jeudi 24 février 2011

Raphaël Barontini, Yoan Beliard, Pierre David, Cyril Hatt, Raul Illarramendi, Eva Nielsen, Guillaume Osorio-Linard, Shanta Rao, Lionel Sabatté

 

le 6b

6-10 quai de Seine à Saint-Denis

RER Saint Denis

http://www.le6b.org

 

SAMEDI, c'est GALERIES #9

Saturday, 26 March 2011 10:26 Published in Blog

En cette semaine très intense consacrée au dessin à Paris, entre Dessins Exquis et Drawing Now qui viennent d'ouvrir et Chic Dessin et le prix du dessin de la Fondation Daniel et Florence Guerlain qui ont lieu la semaine prochaine, j'avais envie de vous emmener à 2D3D, l'exposition organisée par Caroline Smulders à la galerie Joseph.

A l'heure où vous lirez ces lignes, il ne vous reste sans doute plus que 24h pour vous y précipiter. L'exposition est de qualité et elle a l'intelligence de mêler artistes connus et artistes émergents, français et internationaux, autour d'un thème intéressant quoique pas très évident d'emblée : le passage du dessin à la sculpture.
Au rez-de-chaussée, on découvre les œuvres de Robert Longo, immense artiste qui expose en ce moment chez Ropac et dont Delphine a rendu compte cette semaine:  http://www.backslashgallery.com/blog/item/76-retour-rue-debelleyme.html.


J'ai eu le coup de foudre pour les grands formats d'Emmanuel Régent, faits de hachures. Travail obsessionnel. L'artiste présente également au premier étage 2 belles sculptures : ce qu'il reste d'une grappe de raisin lorsque l'on enlève le raisin : des rafles (c'est le nom) recouvertes d'or 24 carats, qui révèlent là encore par l'absence.



Sont présentées également des sculptures de Skall, dont je ne suis personnellement pas très fan. L'artiste fera d'ailleurs une performance ce samedi à 19h. Il est à noter également le dynamisme de l'organisatrice puisque l'exposition a été presque chaque jour illuminée de performances et d'évènements.



Toujours au rez-de-chaussée, Veronika Veit présente un ensemble de Fighters, à mon avis trop omniprésents et de plus petites sculptures roses, plus intéressantes, faites en polystyrène et qui reprennent des sortes de scènes d'opération où le corps est absent. Subsiste le personnel médical qui semble en pleine discussion.



Il y a aussi les sculptures de Gabrielle Wambaugh, relativement intrigantes, et dans la deuxième salle les oeuvres de Filip Markiewicz. Un très grand format fait face à une installation faite de dessins mystérieusement sous-titrés et surplombés par des bannières trop explicites.







Les œuvres de Lionel Sabatté, évidemment sur le thème du loup, viennent éclairer les deux salles.



Une salle au premier étage regroupe les oeuvres de Céline Cléron et Madeleine Berkhemer. Si les oeuvres de cette dernière vous abordent plutôt directement, avec ces mollets de femmes et talons hauts finalement assez drôles (ce qui n'est pas le cas de sa sculpture présentée au sous-sol), les oeuvres de Céline Cléron sont encore une fois absolument sublimes. Je dois avouer que c'est la perspective de me confronter encore une fois au travail de cette artiste qui m'a fait principalement venir. L'ensemble est d'une subtilité et d'une finesse impressionnantes, délicat et modeste : des crayons à la bulle de savon réalisée en verre (dont nous avions vu les premières versions ici : http://www.backslashgallery.com/blog/item/48-merci-de-ne-pas-faire-la-chambre.html), de la feuille de papier comme cornette au dessin sur ballons!












Quelques dessins intriguants de Baptiste Debombourg, entre armes et agencement architectural :



Enfin, au sous-sol, les oeuvres de Marion Lachaise, relativement d'actualité et la très très belle "sculpture-meuble" de Baptiste Debombourg, rencontre drolatique et explosive entre deux placards, accident heureux, jouissif et utile!
On finit par deux loups sublimes de Lionel Sabatté, un autre artiste de la galerie Patricia Dorfmann! J'avais déjà parlé de ceux-ci récemment : http://www.backslashgallery.com/blog/item/68-outre-foret.html. Je ne redirais donc pas à quel point je les trouve fascinants.










2D3D, du dessin à la sculpture
Madeleine Berkhemer, Céline Cléron, Baptiste Debombourg, Marion Lachaise, Robert Longo, Filip Markiewicz, Emmanuel Régent, Lionel Sabatté, Skall, Veronika Veit, Gabrielle Wambaugh
jusqu'au 27 mars

Organisée par Caroline Smulders
http://www.ilovemyjob.eu/
Galerie Joseph
7 rue Froissart
14h-19h



Et puis, une fois n'est pas coutume, plutôt que de rester dans les alentours immédiats, j'avais aussi envie de vous dire d'aller absolument dans deux très belles  expositions : Gaëlle Chotard à la galerie Claudine Papillon qui se termine aujourd'hui et Domitille Ortès à la galerie Metropolis.

J'avais déjà vu la première exposition de Gaëlle Chotard à la galerie Claudine Papillon et quand j'ai vu avant-hier l'une de ses oeuvres présentées à Drawing Now, j'ai ressentie la nécessité d'aller voir son exposition actuelle. Nul besoin de descriptions intempestives pour faire apprécier la pure sensibilité et la finesse qui se dégagent de ces oeuvres. C'est une exposition rare. Ce serait un crime de ne pas l'avoir vu!
















Gaëlle Chotard
A travers
jusqu'au 26 mars

Galerie Claudine Papillon
13 rue Chapon
11h-19h
http://www.claudinepapillon.com/
Drawing Now : stand B9 (jusqu'au 28 mars)


Un détour obligatoire par la galerie Isabelle Gounod qui présente les travaux d'Isabelle Giovacchini. L'ensemble est assez beau, très poétique, même si j'ai eu quelque mal à lire l'ensemble du communiqué de presse. J'ai particulièrement aimé ses toiles perforées, pour leur simplicité.











Isabelle Giovacchini
Vanishing Point
jusqu'au 23 avril

Galerie Isabelle Gounod
13 rue Chapon
11h-19h
http://www.galerie-gounod.fr
Drawing Now (jusqu'au 28 mars)
Dessin Exquis (jusqu'au 4 avril)

Et enfin, sous les conseils avisés de Delphine, je suis allée découvrir le travail de Domitille Ortès à la galerie Metropolis. Outre l'accueil absolument charmant de Marie Guihot (cela fait du bien de faire des rencontres qui ont du sens), les oeuvres présentées sont vraiment très belles. A la fois précises, coupantes, les peintures d'Ortès sont aussi emplies d'innocence et de quelque chose de l'absurde. Alliance de précision et de liberté, à laquelle on ajoute un vrai plaisir esthétique, qui me font que trop vous conseiller d'aller voir cette exposition!











Domitille Ortès
Habeas Corpus
jusqu'au 23 avril

Galerie Metropolis
16 rue de Montmorency

http://www.galeriemetropolis.com/
Drawing Now (jusqu'au 28 mars)
Art Paris (31 mars - 3 avril)

SAMEDI, c'est GALERIES #20

Friday, 16 September 2011 13:36 Published in Blog

C'était définitivement la rentrée, samedi dernier, dans le petit monde des galeries d'art contemporain parisiennes. Des dizaines et des dizaines de vernissages, d'expositions, des centaines d'artistes à voir! Il faut s'en réjouir. BACKSLASH aussi était en vernissage, ainsi que tout le quartier dit "du Haut Marais" dont je vous reparlerai la semaine prochaine. En attendant, il était très difficile de choisir parmi toutes ces nouveautés pour le premier rendez-vous de la rentrée de SAMEDI, c'est GALERIES!


Mon choix s'est cependant vite porté sur une proposition de grande qualité, dont beaucoup m'ont parlé: Piège pour un voyeur à la galerie Patricia Dorfmann, dont le commissariat est assuré par Jonathan Chauveau. Celui-ci réussit à réactiver une installation historique et très impressionnante de Michel Journiac, qui donne son titre à l'exposition, et réunit à cette occasion un ensemble d’œuvres dialoguant avec l'esthétique contemporaine du nu : photographies de Michel Journiac, aquarelles de Rebecca Bournigault, peinture d'Ida Tursic & Wilfried Mille et photographies du collectif France Fiction.

Tout d'abord, je citerais en bloc les propos recueillis par Vincent Labaume auprès de Martin Malburet (4 novembre 2003) qui ouvrent le communiqué avec intelligence et qui disent bien et à peu près tout sur l'installation de Michel Journiac (1969) :

" Piège pour un voyeur, l’une des plus belles expositions de Michel Journiac, n’a pas eu le retentissement qu’elle aurait dû avoir à l’époque dans la presse « généraliste » ou même « people ». C’était tout de même la première fois que l'on montrait le corps d’un homme nu dans une galerie parisienne ! Les invités, le soir du vernissage, étaient d’ailleurs extrêmement gênés et je crois bien qu'ils tournèrent pratiquement tous le dos à la cage de néons fluorescents dans laquelle était enfermé le jeune modèle. En fait, c’était le public qui était déshabillé par l’installation... Bien sûr, personne dans l’assistance ne se risqua à se dévêtir pour relayer le jeune homme encagé. Cependant, à chaque fois que quelqu’un s’approchait de lui pour le regarder de plus près, la lumière violente et acide du néon mettait son visage en pleine lumière. (...) Avec cette installation - performance dont la signification sado-masochiste n’échappe plus à personne aujourd’hui, Journiac affirmait d’une manière incroyable son homosexualité tout en restant dans l’énoncé le plus générique et le plus universel. Je crois que l’art corporel est vraiment né avec cette exposition. La « cage » de Journiac est un peu à l'art corporel ce que la « pissotière » de Duchamp est à l'art conceptuel."


J'emprunterais ici deux très belles images de l'installation trouvées sur le site de Lunettes Rouges, éloquentes bien qu'elles ne remplacent pas l'expérience in situ, suivies d'une photographie d'époque. (J'espère qu'il me pardonnera cet emprunt, mon appareil photo vient de mourir.)









Courtesy Galerie Patricia Dorfmann, Paris


S'il n'est plus besoin de noter l'importance de Michel Journiac dans l'histoire de l'art et sa présence extraordinaire dans l'imaginaire des artistes de toutes les générations mais si l'on trouve souvent des "traces" de ses performances transformées en reliques, il faut saluer l'engagement de la galeriste et la salutaire réactivation proposée par le commissaire. Une nouvelle performance est prévue samedi de 17h à 20h. Je ne saurais que trop vous recommander d'y aller.

Quant aux œuvres réunies pour l'occasion autour de "l'esthétique contemporaine du nu", l'on aurait envie d'en ajouter des centaines d'autres tant le sujet est vaste. Parmi celles présentées ici, les aquarelles de Rebecca Bournigault, que l'on avait coutume de retrouver, toujours avec joie, chez Frédéric Giroux, empruntent aux images pornographiques trouvées sur le web (sur U-Porn plus précisément) pour les isoler et leur donner un côté presque attachant, sensible, poétique.




Courtesy Galerie Patricia Dorfmann, Paris


On peut voir aussi un très grand format du couple Ida Tursic & Wilfried Mille… et une intéressante série de photographies de France Fiction, extraites spécialement pour l'occasion d'un film pornographique réalisé en 2009 pour le magazine Union, leader des magazines français « pour adultes ». Si le sujet est très commun, c'est l'esthétique froide, minimaliste, jouant de l'asymétrie et du déplacement qui retient l'attention.



Courtesy Galerie Patricia Dorfmann, Paris



Courtesy Galerie Patricia Dorfmann, Paris


"PIEGE POUR UN VOYEUR"
Michel Journiac - Rebecca Bournigault - Ida Tursic & Wilfried Mille - France Fiction
Commissaire : Jonathan Chauveau
Jusqu'au 24 septembre
PERFORMANCE LE SAMEDI 17 SEPTEMBRE 2011 DE 17H A 20H

GALERIE PATRICIA DORFMANN
61 rue de la verrerie
mardi - samedi 14h - 19h
http://www.patriciadorfmann.com/






Il me tenait à coeur également de vous présenter une exposition en forme de duel : HOT COLD imaginée par Christophe Le Gac à la galerie Olivier Robert, rue des Haudriettes. La proposition est (très) osée mais finement conçue et assez jubilatoire. HOT COLD fait dialoguer les peintures de Régine Kolle, proche de l'expressionnisme allemand mais aussi de la bande-dessinée, très colorée, avec les "images-sculptures" de Pierre Besson, sortes d'images mentales hybrides qui se traduisent principalement par des photographies et des sculptures. Tout les oppose : chaud/froid, expressivité/atonie, couleur/tons neutres, etc. Pourtant ils répondent tous deux à cette même interrogation, posée par le commissaire, que j'essaie de vous résumer ainsi :  qu'en est-il de la place de l’humain dans ce contexte de totale dématérialisation qui nous sert de monde aujourd'hui ? Economie immatérielle, prothèses numériques, monde virtuel omniprésent.

L’opposition du titre de l’exposition évoque deux approches plastiques différentes pour une hypothèse commune : comment traiter le rapport homme/machine ? Vaste programme! Réponse intéressante que de faire s'opposer et se compléter deux artistes a priori très différents. C'est cette opposition qui frappe, qui donne à penser et qui révèle à la fois les œuvres.
Le duel se joue aussi dans l'espace avec d'abord les huiles de Regine Kolle, dont je ne suis esthétiquement pas très proche, mais qui attirent par leur sujet : personnages qui semblent tout droit venir de jeux vidéos, ou de ceux qui les utilisent (les geeks). "L’ensemble exprime une société - la nôtre - littéralement plongée dans l’univers binaire du numérique. L’humain tente d’y trouver sa place, entre déconstruction reconstruction, par fragments, comme la facture de la majorité des tableaux de l’artiste. L’emploi de couleurs « chaudes » accentue ce sentiment : comment mettre de la vie dans un monde de plus en plus technoïde ?".











Ensuite, les sculptures et photographies de Pierre Besson, fan de science-fiction et de musique (rock progressif, ambiant, musique expérimentale…), les fameuses "images-sculptures" qui constituent un paysage mental hybride et, en un sens, apocalyptique (mais d'une apocalypse soudainement retombée) où subsistent les traces d'une humanité disparue "comme si une catastrophe venait de se dérouler et dans la grisaille froide d’un petit matin post-évènement, les humains auraient fui ou se seraient totalement désintégrés sous l’effet d’un gaz envoyé par une armée de robots."








Une exposition réjouissante que je suis allée voir avec un double intérêt, puisque vous pourrez retrouver entre autres des oeuvres de Pierre Besson dans la prochaine exposition de BACKSLASH dont le commissariat a été confié à… Christophe Le Gac!


HOT COLD
Régine Kolle / Pierre Besson
commissariat de Christophe Le Gac, architecte dplg
jusqu'au 8 octobre

Galerie Olivier Robert
5 rue des Haudriettes
mardi au samedi de 11h à 19
http://www.galerieolivierrobert.com




Et enfin, l'on ne peut passer rue des Haudriettes sans aller à la galerie Hussenot, qui présente actuellement une exposition personnelle de Jonathan Pylypchuk, un artiste né en 72 qui nous vient de… Winnipeg. Cela tombe bien :  cette scène artistique de Winnipeg est à l'honneur à La Maison Rouge (jusqu'au 25 septembre).
Je ne connaissais pas cet artiste, très bien identifié pourtant au États-Unis et en Europe,  et dont c'est la 3e exposition personnelle à Paris… Si j'ai dû m'acclimater un peu à l'esthétique utilisée, on est vite accaparé par la drôlerie des sculptures et l'importance de la dimension narrative. Il y a toujours semble-t-il une sorte de décalage, de dysfonctionnement dans les histoires ou les situations qui intriguent. "Chacune des saynètes de Jonathan Pylypchuk nous expose des personnages confrontés au douloureux dilemme d’un besoin essentiel d’interdépendance, face au drame psychique de l’isolement." Je vous laisse découvrir cet univers féroce en images.



































JON PYLYPCHUK
Love, my reluctant but faithful enemy
jusqu'au 11 octobre

Galerie Hussenot
5 bis rue des haudriettes
http://www.galeriehussenot.com
du mardi au samedi 11h à 19h

SAMEDI, c’est GALERIES #36

Friday, 23 March 2012 16:24 Published in Blog

Premier SAMEDI, c'est GALERIES depuis un mois. Une petite pause liée en partie au montage de la fantastique exposition de Charlotte Charbonnel que je vous invite bien sûr à venir découvrir.

Un SAMEDI, c'est GALERIES qui revient dans une nouvelle formule!
Face à l'intense activité de BACKSLASH, votre rendez-vous hebdomadaire passe du parcours à l'hommage. Une galerie mise à l'honneur par semaine. J'espère que cela vous plaira tout autant. Le choix s'annonce difficile…

Cette semaine, aucun problème. J'ai couru, que dis-je, j'ai pédalé jusqu'à la galerie Patricia Dorfmann qui a verni samedi dernier, en même temps que nous, l'exposition de Lionel Sabatté, artiste aussi sympathique que talentueux.

Cela fait longtemps que l'on peut le suivre, plus récemment à Paris pendant la FIAC (dans la galerie de l'évolution du Museum d'Histoire Naturelle),



La Meute, 2006 - 2011

Moutons de poussière agglomérés sur structure métallique, vernis.

Loups en moutons de poussière

Dimensions : Echelle 1

MUSEUM D'HISTOIRE NATURELLE Grande Galerie de l’Évolution - Jardin des plantes, Paris. Fiac 2011 "Hors les murs"
© F-G Grandin
Courtesy Galerie Patricia Dorfmann



Chevêche Athena
, 2010
Peau de pied (corne) et ongles

10 x 6 cm
MUSEUM D'HISTOIRE NATURELLE Grande Galerie de l’Évolution - Jardin des plantes, Paris. Fiac 2011 "Hors les murs"
© F-G Grandin
Courtesy Galerie Patricia Dorfmann


ou chez Florence Léoni avec Baptiste Debombourg (un autre artiste formidable).
Je vous en avais parlé là :
http://www.backslashgallery.com/component/k2/item/121-samedi-cest-galeries-.html#26&Itemid=286

ou encore à Artparis, à SLICK dessin, ou dans une exposition organisée par Caroline Smulders, I LOVE MY JOB, pendant la semaine du dessin l'année dernière :
http://www.backslashgallery.com/component/k2/item/78-samedi-cest-galeries-.html#9&Itemid=286
Impossible de le louper, donc.

Avec Lionel Sabatté, le plaisir de la découverte est toujours renouvelé. Et c'est cela qui compte vraiment.

La galerie Patricia Dorfmann, qui a l'une des plus belles programmations à mon avis, lui avait déjà consacré une exposition personnelle en 2010 et un duo avec Baptiste Debombourg la même année.


Vue de l'exposition "Souffles oxydants" à la Galerie Patricia Dorfmann (16 octobre-20 novembre 2010)
Courtesy Galerie Patricia Dorfmann



Vue de l'exposition "Quelques secondes roses"
Baptiste Debombourg - Lionel Sabatté
27 mars / 30 avril 2010
Courtesy Galerie Patricia Dorfmann


Personnellement, je suis tombée sous le charme dans une exposition de groupe organisée par Joël Riff au 6b à Saint-Denis, avec un loup et de ce que j'appelle affectueusement des "dessus de placards" :
http://www.backslashgallery.com/blog/item/68-outre-foret.html


Mais retournons à l'exposition qui présente une toute nouvelle série de travaux réunie sous le titre de Marrella Splenden. C'est le nom d'une créature qui vivait dans le fond des océans, il y a 500 millions d'années, nous dit le communiqué de presse. Pour l'artiste, elle symbolise l'idée d'un dialogue à travers le temps et d'une remontée des profondeurs, métaphore de la pratique artistique.
Et c'est bien de dialogues dont il s'agit. Dialogue avec la matière avant tout, comme toujours dans le travail de l'artiste. Dialogue avec l'éphémère et la trace du temps aussi.

Cela démarre avec une grande toile où l'on reconnaît un personnage en chemise blanche mais dont le visage serait un ensemble presque changeant de matières et de couleurs.

Puis une série de travaux sur papier absolument incroyables d'animaux étranges avec des jeux de textures (saleté, acide, rouille, etc.), entre le merveilleux et les rebuts de la vie.















Il y a aussi en vitrine quelques insectes faits de peau morte et de rognures d'ongles qui arrivent à nous faire dépasser notre rejet culturel pour cette matière et même nous émerveiller.

Une autre série ouvre la grande salle. D'étranges personnages de poussière semblent vouloir nous montrer quelque chose.










Enfin, 5 grandes toiles viennent ponctuer l'espace. Aussi intrigantes les unes que les autres. J'ai été happée par celle du centre, où l'on retrouve ce personnage à la chemise blanche (métaphore de nos contemporains?) avec de nombreux visages qui s'étendent sur la toile. Des yeux, ici et là, semblent regarder ailleurs.




























Ces œuvres sont autant de tremplins pour l'imaginaire qu'un régal pour l’œil, autant matières à réflexion que prétextes à rêver.



Lionel Sabatté
"MARRELLA SPLENDENS"
jusqu'au 14 avril

GALERIE PATRICIA DORFMANN
61 rue de la Verrerie
Mardi - Samedi / 14h - 19h
http://www.patriciadorfmann.com/

et

DRAWING NOW
29-03-12 / 01-04-12
Stand B2

avec

Rebecca Bournigault,
Raphaël Boccanfuso,
Baptiste Debombourg,
Lionel Sabatté,
Wu Xiaohai

Drawing Now 2012

Friday, 30 March 2012 10:16 Published in Blog

Le printemps… les foires à Paris

Parler de foires auxquelles Backslash ne participe pas, l’exercice est difficile et peut s’avérer dangereux ! Eviter la langue de bois, donc…

First round : Drawing Now, le désormais célèbre rendez-vous des collectionneurs de dessins contemporains. L’après-midi professionnel est le bon moment pour découvrir un salon sans trop de monde dans les allées. Et cette année promet d’être un bon cru !
La galerie Magnin-A présente quelques artistes africains et notamment un grand dessin d’Abu Bakaarr Mansaray présentant une machine complexe, comme décortiquée de sa structure, qui me rappelle une vision futuriste tout droit sortie d’un roman de George Orwell ou de Philip K. Dick.

La galerie rouennaise MAM montre un grand ensemble de portraits de nos chers playmobiles ! Avis aux amateurs et nostalgiques de l’enfance, ces œuvres sont d’une excellente qualité et l’art séculaire du portrait s’y trouve parfaitement respecté.

Le stand propose également des dessins de François Trocquet qui jouent avec maestria sur la notion de perspective.

Chez Patricia Dorfmann, on retrouve avec plaisir les chimères de Lionel Sabatté dont Séverine vous avait parlé la semaine dernière dans son rendez-vous du samedi.

Un peu plus loin, la future galerie parisienne XPO Gallery, déjà installée à Londres, montre les enfants géométriques de Cédric Quissola. Ne ratez surtout pas l’ouverture, rue Notre-Dame de Nazareth (et oui !) de nos confrères britanniques, le mois prochain !

Chez Claudine Papillon, l’excellence de Gaëlle Chotard ! Impossible de prendre une photo correcte tant la délicatesse de l’œuvre ne peut s’apprécier que dans le réel. A vous donc de faire le déplacement !

Autre point fort du stand : Lotta Hannerz et son endormi(e) qui envahit le visiteur dans la rêverie.

Chez Bernard Jordan, Guillaume Millet nous plonge dans des perspectives de vues d’expositions, ses propres vues d’expositions, sorte de mise en abîme par le dessin. A voir !

Attention coup de cœur : Thomas Lévy-Lasne, Aurore Pallet et leur hyper-sympathique galeriste Isabelle Gounod ! Thomas dont les aquarelles n’ont rien à envier au plus précis des pointillistes.

Aurore dont l’efficacité ne tremble pas derrière un trait de crayon sûr et agile.

Les belges Aeroplastics maintenant. J’avoue : j’adore ! Les explosions de Gavin Turk. Plus d’un artiste s’y sont frottés et lui ne déçoit pas !

Et puis il y a Mircea Suciu et ses grands formats que je vous recommande vivement !

Passons maintenant à la section Emergence ! Bon… Je ne vais pas vous mentir, il y a les copains !
Anouk d’abord ! A la galerie ALB Anouk Le Bourdiec, on est toujours bien reçu ! Samuel Martin présente des grands dessins sur toile où les situations absurdes contrebalancent le trait ultra précis. Des personnages nus rient et s’amusent devant leur maison en flammes ou complètement détruite, pastiches d’une modernité post-seconde guerre mondiale et parfois très américaine, du moins dans le rendu.

Et Didier ! Depuis l’ouverture de sa galerie à Marseille, Didier Gourvennec Ogor n’a de cesse d’oser et de relever des paris ! Nouvel exemple : un focus sur le travail de Timothée Talard. A la manière d’un travelling de cinéma, on devine le condensé d’une vie, ses moments-clés. The Age of Innoncence is Over et la dureté de la vie passe sur un être.

Adeline enfin ! Pour la galerie L.J., on n’a que du bon à dire également ! L’accrochage est dense mais ça lui va bien et les artistes sont chacun mis à l’honneur. Anne Geoffroy démultiplie ses lits de fer, images de pensionnats (proches de celles de la prison) et des souvenirs d’enfance parfois difficiles.

Brendan Monroe, lunaire et coloriste, étend ses paysages à perte de vue qu’un personnage vient parfois peupler dans une solitude complexe.



Le Musée Imaginaire de Catherine Millet, le VIP Lounge aux couleurs de Julien Colombier, …, ne ratez pas cette nouvelle édition de Drawing Now !


Allez hop ! Au grand Palais ! Premier essai pour Guillaume Piens. Art Paris, cette année, on y rentre facilement. Pas de file d’attente démesurée à l’entrée pour ce soir de vernissage et c’est agréable. Je vous ferai un compte-rendu en fin de foire, histoire de ne pas tout mélanger. Et les posts trop longs, on sait bien que personne ne les lit !




RERO fait la passerelle

Thursday, 07 February 2013 15:08 Published in Blog

 

Le YIA - Young International Artists, avec "l'Entrée sur l'Art Contemporain", investit trois espaces du Bon Marché et propose un parcours vivifiant de jeunes artistes : Baptiste Debombourg (Galerie Patricia Dorfmann), David Kramer (Galerie Laurent Godin) et RERO! 

A cette occasion RERO présente sur la passerelle reliant le Bon marché à la Grande Epicerie trois de ses œuvres dont une, monumentale, qui vient recouvrir toute la paroi latérale de la passerelle.

En entrant du côté de la Grande Epicerie, on redécouvre l'œuvre très colorée de RERO présentée lors de l'exposition Family & Friends de la galerie Backslash en novembre 2012 : Sans titre (RE PRESENTATION…).

On découvre ensuite une œuvre inédite, pièce majeure de l'exposition, créée spécialement pour cette occasion : Sans titre (SORRY BUT YOU ARE LOOKING FOR SOMETHING THAT IS NOT HERE…).

L'œuvre, visible de l’extérieur, à travers les fenêtres de la passerelle, attise notre curiosité. La suite n'est que surprise!

A l'autre bout de la passerelle, en sortant du côté Bon Marché, on redécouvre Sans titre (OBSOLESCENCE PROGRAMMÉE) que l'on a pu voir lors de l'exposition personnelle à la galerie Backslash : EIDOLON en mai 2012.

Voici quelques photos de l'installation de l’œuvre. Que de minutie. Un résultat surprenant!
Vous remarquerez que l'artiste n'hésite pas à mettre ses galeristes à contribution!!

 

 

Du 19 janvier au 31 mars 2013

lundi au samedi, de 10h à 20h
Jusqu’à 21h le jeudi et vendredi


Le Bon Marché Rive Gauche
24 Rue de Sèvres
75007 Paris

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