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Mathieu Mercier

Paris-Berlin 2011

Wednesday, 02 February 2011 17:27 Published in Blog

Berlin ! Qui n‘a jamais été à Berlin ne peut appréhender à quel point cette ville est un réseau, une fourmilière de création artistique contemporaine !

Paris ! Un nombre constamment croissant de nouvelles galeries se déploient dans la capitale française, preuve d’un marché de l’art en plutôt bonne forme et d’un vivier artistique qui n’a rien à envier à son voisin germanique. En 2009, l’Ambassade de France a eu la bonne idée de jumeler Paris et  Berlin. Des marchands des deux villes ont échangé leurs espaces le temps d’une (trop courte) exposition.

Succès immédiat donc 2010 puis 2011 !

La saison 2011 des évènements artistiques commence ainsi très bien avec une trentaine de galeries désireuses de créer des réseaux internationaux pour les artistes qu’elles défendent.

On a fait notre petit parcours, malheureusement incomplet (emploi du temps serré), des galeries parisiennes qui ont à leur tour ouvert leurs portes ces 28 et 29 janvier derniers aux marchands berlinois qui les avaient reçus en tout début d’année.

New Galerie, dans le haut Marais : échange avec Ben Kaufmann

Trois définitions du principe de « grille », un des fondements du modernisme artistique mis en place au siècle dernier, se confrontent avec les artistes Bara, Poul Gernes et Alexander Wolff & Mathieu Carmona.





Frank Elbaz : échange avec Wentrup

Tim Ulrichs présente une installation mobilière de canapé, table basse, fauteuils et lampes clignotantes. On est dans l’intérieur, l’intime qui refuse de se dévoiler. Malheureusement, ni la galerie, ni le site Internet, ni l’accueil (inexistant) ne propose de communiqué de presse ou d’explication. Donc, pas plus de détail.



Chez Valentin : échange avec Klemm’s

Chez Valentin, par contre, tout est fait pour vous mettre à l’aise. Accueil chaleureux, communiqué de presse bilingue à disposition. Le regard entre les pièces du français Renaud Regnery et du russe Alexej Meschtschanow dévoile au spectateur une recherche commune sur les conventions sociales.





Une œuvre en particulier a retenu mon attention, une œuvre littéralement vissée au mur contre son support de verre évolue au long des différents accrochages. Et là, je tiens à faire une spéciale dédicace au régisseur qui doit bien se creuser la tête à chaque emballage de l’œuvre dans la caisse !



Nathalie Seroussi : échange avec Isabella Bortolozzi

Les voix de l’artiste Susan Philipsz accompagnées d’un simple violon envahissent l’espace quasiment laissé à nu (seuls des enceintes sont disséminées ici et là) C’est une complainte séculaire chantée en Ecosse et en Irlande, l’histoire d’un sororicide, la version féminine d’Abel et Caïn.

L’effet est saisissant  et ne peut laisser de marbre ! bravo !




Galerie 1900 – 2000 : échange avec Mehdi Chouakri

L’exposition s’intitule « Sur un piédestal ». En effet, les piédestaux remplissent l’espace.

La galerie parisienne est plutôt moderne et surréaliste. La galerie berlinoise est surtout contemporaine. Tant mieux, les deux espaces serviront de plateforme de dialogue entre les deux siècles et les maîtres mots sont passage, héritage et continuité. On y croise Marcel Duchamp, Carl André, Man Ray mais aussi Sylvie Fleury, Gerwald Rockenschaub et Mathieu Mercier avec qui il est agréable de discuter ! Héritage donc et surtout rencontre !!

Copyright Olivier Malingue


Copyright Olivier Malingue

 

Petit débriefing rapide mais efficace avec David Fleiss (Galerie 1900-2000) :

Backslash Gallery: Vous participez à cet événement depuis sa création. Quelles sont les retombées pour votre galerie ?

David Fleiss : L’échange Paris-Berlin nous offre une bonne visibilité sur la scène contemporaine.

BG: Avez-vous réalisé des ventes ?

DF: On en a fait quelques-unes mais rien de mirobolant.

BG: Comment se passe le choix de la galerie amie ?

DF: C’est la galerie allemande qui choisit son partenaire car c’est un projet allemand.

BG: L’échange Paris-Berlin est-il un événement payant pour les galeries qui y participent ?

 

DF: Chaque galerie a un mode de fonctionnement différent. Dans notre cas, nous ne faisons que prêter les lieux et chacun vend ses œuvres.

 

Pour mémoire, quelques photos l'exposition "aller" à Berlin :







Je ne désespère pas de pouvoir visiter les galeries berlinoises l’année prochaine si le départ de son Excellence Bernard de Montferrand ne met pas un point final à cet échange. Je vous tiens au courant !

 

SAMEDI, c'est GALERIES #13

Friday, 13 May 2011 15:02 Published in Blog

En ce vendredi 13, et pour le 13e rendez-vous de SAMEDI, c'est GALERIES, j'ai eu envie de m'arrêter sur une expérience singulière, et qui mérite d'être saluée, menée par la galerie de Multiples sur toute l'année 2010-2011. Depuis novembre et jusqu'en juillet, la galerie a en effet invité l'artiste Christophe Cuzin à investir ses bureaux pour une expérience chaque fois renouvelée.

Créée il y a 6 ans par Mathieu Mercier et Gilles Drouault avec l'ambition de participer à l'accessibilité de l'art contemporain, la galerie de multiples (gdm) produit et expose des œuvres multiples d'artistes contemporains reconnus. La galerie de multiples est, à bien des égards, unique en son genre. Elle ne s'attache à aucun médium particulier ni à une ligne esthétique marquée. C'est sa complicité avec les artistes qui lui permet de conjuguer qualité des œuvres et démocratisation de l'art. Et quels artistes! La liste, qui ferait pâlir plus d'une galerie "traditionnelle", est incroyablement longue. Son engagement dans la production d’œuvres originales et ses prix accessibles en fait un interlocuteur privilégié avec les artistes et les collectionneurs.
Il vous suffit de regarder sur le site de la galerie la liste des œuvres produites, comme je le fais de temps en temps, où les prix sont affichés en toute transparence.


En plus des expositions à la galerie et des nombreuses foires auxquelles elle participe (Art Basel, l'Armory Show, la FIAC, Artissima, etc.), gdm ne s'arrête pas là! Comme je le disais plus haut, invitation a été faite par la galerie à un très grand artiste français, Christophe Cuzin, qui se nomme lui-même avec beaucoup d'humour "artiste peintre en bâtiment", de venir littéralement prendre possession des bureaux, nommés pour l'occasion "gdm… sur cour", et proposer ainsi régulièrement une nouvelle expérience de l'espace, sorte d'inventaire des diverses propositions que l'artiste a pu réaliser depuis vingt ans, travail in situ et éphémère qui s’appuie sur des architectures données et ne produit pas d’autre forme que celles existantes.

La galerie présente actuellement et jusqu'au 25 juin le 7e rendez-vous de The Wall par Christophe Cuzin : BICHROME
L'espace de gdm… sur cour est donc partagé pour l'occasion en deux, chaque moitié étant peinte de deux couleurs différentes : RAL 6309 & GUIT 69-327. Ce concept a été réalisé une seule fois, en 1999 dans la galerie Martainville de l’Ecole Régionale des Beaux-Arts de Rouen.
L'ensemble est accompagné d’un HOOPS orange (du papier POPSET Arjomari et un cadre RIBBA IKÉA dont la vitre est cassée et réparée avec un ruban adhésif vinyl) et de CHUTES RAIL 2004, une pièce de Sylvie Ruaulx composée de quatorze chutes de découpes laser industrielles, insérées dans la chaîne de production de peinture de l’entreprise BOYER LASER et disposée comme un inventaire sur un rail.

 

N'ayant pas pris de photos, je vous laisserai découvrir par vous même lors de votre visite à la galerie.

 

Christophe Cuzin : The Wall, BICHROME
Du 7 mai au 25 juin
gdm... sur cour


Voici, pour le plaisir, un résumé des 6 épisodes précédents :


Christophe Cuzin : The Wall, 19,6%
Du 20 novembre au 15 décembre 2010
gdm... sur cour


 

Pour ce premier rendez-vous, la proposition était : «19,6 %». Le travail consistait à réaliser un châssis aux formes précises du mur devant lequel il est posé, mais dont les dimensions sont réduites du montant du taux de la TVA appliqué aux matériaux le constituant.
Cette pièce a été réalisée pour la première fois à la galerie Bernard Jordan : «20,6%» en 1998 à Paris, puis en 2003 à La Box de Bourges : «19,6%», en 2008 à la galerie Bernard Jordan de Zurich.
L'œuvre a été achetée par le Fonds National d’Art Contemporain en 2000 sous le titre «20,6%» et par le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris en 2004 sous le titre «19,6%».

 

 

Christophe Cuzin : The Wall, Scotch
Du 18 décembre 2010 au 12 janvier 2011
gdm... sur cour


 

Pour ce deuxième rendez-vous, la proposition était : «SCOTCH». Chaque plan vertical de la salle a été entouré d’un trait de couleur différente, les murs de la pièce étant redessinés par la couleur.
L’édition accompagnant cette exposition était "Boules" : des restes des scotchs des expositions précédentes enroulés sur eux-mêmes en forme de boule. Cette pièce avait été réalisée pour la première fois à l’Institut Français de Brême en Allemagne en 2001 puis en 2002 rue du Louvre à Paris, dans un grand espace prêté à la galerie Bernard Jordan, ensuite à l’atelier Cantoisel en 2003 à Joigny dans l’Yonne, dans le squatt "L’impasse" rue Saint Claude à Paris en 2004, la même année, à Triangle à Rennes, où cette proposition fut reprise avec une variation : "entourer chaque vitre d’un trait de couleur différente". En 2005 à l’Ecole d’Architecture de Villeneuve-d’Asq, la proposition fut présentée en amont de la réalisation des murs peints. En 2006 au Musée Matisse du Cateau Cambrésis, c’est le rez-de-chaussé qui accueilli cette proposition et en 2009 la Pinacothèque de São Paulo dans le corridor de l’exposition Matisse.

 



Christophe Cuzin : The Wall, MALPEINT
Du 15 janvier au 10 février 2011
gdm... sur cour


 

Pour ce quatrième rendez-vous, la galerie de multiples a présenté "MALPEINT" : peindre négligemment un mur avec une peinture trop liquide, un rouleau usagé et une perche.
La série des "BIENPEINT/MALPEINT" fut réalisée la première fois pour "translacje" à Piotrkow Trybunalski en Pologne en 1998, puis en 2000 à la galerie Bernard Jordan, en 2002 pour "de singuliers débordements" à la Maison de la Culture d’Amiens, ensuite pour "Paris / Brooklyn" à la galerie Pierogi à New-York, en 2003 pour une carte blanche à Pierre Wat à l’Ecole des Beaux-Arts de Tours, en 2006 pour "la force de l’art" au Grand Palais à Paris - sous le commissariat d’Eric de Chassey - et à la galerie LH à Paris pour une exposition intitulée "Racaille", enfin en 2009 pour "les plus grands artistes du XXe arrondissement de Paris" à la galerie Semiose à Paris et à l’I.U.T. carrières sociales de Rennes dans le cadre d’un workshop avec l’I.U.T. et l’Ecole des Beaux-Arts sous l’initiative du FRAC Bretagne.

En même temps que cette quatrième étape de "The Wall", la galerie a présenté "REFERENTS", un ensemble de soixante-dix sérigraphies réunies dans un seul cadre et représentant les œuvres des artistes ayant influencé chronologiquement le travail de Christophe Cuzin entre 1965 et 1995.
"REFERENTS" a été édité en 2003 par Claire Simon et la galerie Bernard Jordan et réalisé par l’atelier Eric Seydoux. La totalité des sérigraphies fut présentée en 2003 par la galerie Bernard Jordan à Paris, dans le cadre du mois de l’estampe ; à la station Mir de Hérouville Saint Clair pour "entre)(laps" , à la Bibliothèque Nationale de Paris puis à l’institut Français de Cologne dans le cadre de l’exposition Cuzin : "Fassaden" ; en 2004 à l’institut Français d’Innsbruck, puis au kunstmesse Linz Landes avec la galerie Bernard Jordan, enfin au Neues Museum de Nuremberg ; en 2005 à l’institut Français de Freiburg en Allemagne ; en 2006 pour "Eine leichte verschiebung" au Kunstmuseum Kloster Unser Lieben Frauen à Magdeburg en Allemagne, au centrum
Beeldende kunst de Rotterdam, pour l’exposition "faites vos jeux" au Musée d’art et d’histoire de Saint Brieuc, au Musée Matisse du Cateau-Cambrésis ; en 2007 dans le cadre de l’exposition Cuzin : "Orange" à la Chartreuse de Mélan à Taninges en Haute Savoie ; en 2008 pour "artiste book » au Centre Georges Pompidou avec l’atelier Eric Seydoux, pour "Aller guten dinge" à la galerie Jordan/Seydoux de Berlin, pour "rencontres #1", à l’Hôtel de Rennes Métropole avec le FRAC Bretagne ; en 2009 pour "Multiples points de vue sur l’estampe" à l’Agart à Amilly dans le Loiret.
BIENPEINT/MALPEINT est collectionné par le FRAC Bretagne.
REFERENTS est collectionné par le fonds municipal de la ville d'Auxerre, le fonds municipal de la ville de Paris, le fonds municipal de la ville de Nanterre, le centrum beeldence kunst de Rotterdam, le Neue Museum de Nuremberg, à l’Europaisches patemtant de Munich, au Musée Matisse du Cateau-Cambrésis, à l’Oberoesterreichisches landermuseum de Linz en Autriche, à la Société générale à la Défense, au Musée Stift Admont en Autriche, au FRAC Bretagne à Rennes et au FRAC Haute Normandie à Sotteville les Rouen.


Christophe Cuzin : The Wall, ARCHI BD
Du 12 février au 5 mars 2011
gdm... sur cour



Pour ce cinquième rendez-vous, la proposition est "ARCHI BD" : il s’agit de repeindre toutes les arêtes de la salle en noir mat et à main levée, cette couleur avale les reliefs et ainsi aplatit l’espace.
Ce concept ne fut réalisé qu’une fois en 2008 au Musée Peynet et du Dessin humoristique d’Antibes, où il est toujours en place.
L’édition qui accompagne cette présentation est "MIROIR IMMOBILE" : il s’agit d’une sérigraphie représentant l’image photographique de ce qui lui fait face, cette image est tirée avec peu de contraste en monochrome et au dos d’un plexiglas. Ainsi le spectateur se trouvant en face de l’estampe, constate que le reflet sur le plexiglas correspond à l’image imprimée et que son ombre révèle. C’est donc une sérigraphie in situ, ne pouvant être accrochée à aucun autre endroit et étant tirée à un seul exemplaire."


Christophe Cuzin : The Wall, Monochromes
Du 12 mars au 16 avril 2011
gdm... sur cour


Pour ce sixième rendez-vous, pour le quel je n'ai pas de photos, l'artiste a fait une proposition «MONOCHROMES» :  peindre chaque mur d’une couleur différente, à cinq centimètres des bords, en contournant les obstacles.

L’édition accompagnant cette exposition était «TEMPIS» :  un cadre A4 contenant un CD encastré en son centre. Dans ce CD, un ensemble de dessins représentant des espaces qui auraient dû accueillir des projets qui, finalement, n’ont pu être réalisés. L’acquéreur de cette édition peut imprimer les dessins via son ordinateur et les placer dans le cadre A4, ou les offrir à des amis.

La série des «MONOCHROMES» fut réalisée la première fois en 1997 au Musée d’art et d’Histoire de Belfort* ; puis avec des variantes en 1999 à l’espace Champagne de l’école d’Art et de Design de Reims* ; la même année pour l’exposition «Demeure» au Musée Zadkine à Paris ; puis  pour «Déplacement « au Centre d’Art Contemporain de Quimper «Le Quartier» en 2002 ; en 2003 au Carré Saint Vincent à Orléan* ; en 2004 pour «XVIII-XXI» à l’atelier Cantoisel à Joigny ; enfin, en 2005 pour «attention travaux» au Musée Picasso d’Antibes*.
(*expositions personnelles)

«TEMPIS» est éditée par la galerie Sémiose et fut présentée par cette même galerie dans le cadre de SLICK, Paris à la Bellevilloise en 2006.
MONOCHROME est réalisée de manière pérenne à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture et de Paysage de Lille.


Et si vous aimez autant que moi, ne louper pas le dernier épisode de l'aventure !

Je vous conseille par ailleurs d'aller faire un tour sur le blog de l'artiste : http://cuzin.canalblog.com

 

 

La galerie de multiples expose par ailleurs dans son espace principal une série d'oeuvres de Robert Stadler, produits pour l'occasion. Si l'on voit d'abord de simples sculptures minimalistes, on se rend vite compte qu'il s'agit d'ardoises, sortes de tableaux noirs fragmentés (la fragmentation est une forme récurrente du travail de l'artiste), qui deviennent complètement autonomes, en tant que sculptures, mais dont la fonction latente nous invite à un autre usage possible, libre, pratique ou ludique, c'est selon.

 



Robert Stadler
jusqu'au 19 juin

Galerie de Multiples
17 rue Saint Gilles
mardi-samedi 11h-19h
http://www.galeriedemultiples.com



Je ne pouvais rêver meilleure continuité dans les expositions puisque la remarquable galerie Chez Valentin, à 20 mètres, présente pour la première fois les oeuvres de Cécile Bart, artiste bourguignonne (!) née en 1958, dont les oeuvres abstraites aux contours géométriques investissent les lieux d'art, galeries et musées depuis la fin des années 80! Le parcours de l'artiste est impressionnant et l'exposition sublime.

Connue pour son approche phénoménale de la peinture et de son épanchement dans l'espace, Cécile Bart envahit avec une sensibilité extraordinaire l'espace de la galerie. Elle y présente une série de "peintures/écrans" fixées verticalement au sol et réalisées à partir de voile Tergal, textile translucide proche de la matière utilisée pour les rideaux, que l'artiste peint puis essuie autant de fois que nécessaire, jusqu'à l'obtention de la densité de couleur recherchée. La toile est ensuite collée sur un châssis aluminium. Ces peintures/écrans dialoguent avec un ensemble de peintures murales à chaque déplacement du visiteur et de variation de la lumière.

 




 

 

 

 

 

Cécile Bart
Odd or even
jusqu'au 18 juin


Galerie Chez Valentin
9 rue Saint Gilles
mardi-samedi 11h-19h
http://www.galeriechezvalentin.com


J'espère que ce 13e rendez-vous placé sous une véritable "poétique de l'espace" vous a plu autant que moi! A la semaine prochaine!

 

Ce Matin, pour changer, direction le nord. Rendez-vous au studio Mercier pour une visite.

Mathieu Mercier, au cas où votre mémoire défaillirait, est le lauréat du prix Marcel Duchamp 2003. Depuis, il est représenté par de prestigieuses galeries de part le monde. Son travail a fait l’objet de rétrospectives, notamment au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris en 2007.

Vous aurez certainement remarqué son solo show lors de la dernière édition de la FIAC sur le stand de la galerie Mehdi Chouakri.

L'artiste travaille principalement les installations ainsi que les multiples. Il s'intéresse majoritairement aux objets du quotidien, donc aux ready-mades initiés par Marcel Duchamp. On lui doit, entres autres, ces casques de baseball sacralisés sous vitrines.

Mélaminé, plexiglas, aggloméré, fils électriques, l’artiste utilise des matériaux non nobles pour interroger l'uniformisation et donc l'aliénation de nos sociétés contemporaines.

Artiste avant tout, il aime exercer sa créativité sur des domaines très différents comme l’architecture, le design et les commissariats.

C’est ici que se créent les pièces. Les « Diamants »,les « MASKs », sont fabriqués, assemblés ou peints dans cet espace par Mathieu et son assistant Aldéric.

Une brève discussion sur ses vélos (dont il est fan), quelques conseils et un plan de réaménagement de la galerie plus tard, nous abordons le sujet du rendez-vous, notre prochaine exposition : Backstage (Retour de stage) qui sera vernie le 7 Janvier à la Backslash Gallery.



Un commissariat de Mathieu qui regroupera la majorité des assistants ayant collaboré avec lui. Au total 26 artistes

Designers, architectes, styliste etc. de talents qui présenteront sous son œil de commissaire leurs travaux.

Surprise ultime, Mathieu nous confiera également quelques-unes de ses propres éditions… Alors à vos agendas.

A noter également  que les dernières réalisations de Mathieu Mercier seront exposées au CREDAC d'Ivry-sur-Seine du 20 janvier au 25 mars 2012.

 

Trois salles, une ambiance. Mathieu Mercier au CREDAC.

Thursday, 02 February 2012 14:52 Published in Blog

Mathieu Mercier aime les institutions et elles le lui rendent bien. La preuve avait été faite lors de sa rétrospective au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris. Cinq ans plus tard, il nous propose au CREDAC une exposition radicale qui se décompose en trois volets et occupe trois espaces distincts. Son nom, "SUBLIMATION", vient du procédé d'impression dans la masse qui est utilisé dans une grande part des pièces.

Cette fois encore, Mathieu Mercier joue de nos structures mentales. Poussant plus avant le geste duchampien du ready-made, l’artiste associe des objets du quotidien à des motifs colorimétriques ou graphiques dans ce qu’il nomme des « collages ». C’est ainsi qu’un poisson rouge dans son aquarium côtoie les couleurs d’impression, qu’un régime de bananes (référence à Warhol) s’associe à un nuancier Kodak recourbé.

L’association de ces objets et de leurs motifs respectifs, eux-mêmes rendus inexploitables par la déformation, crée un ensemble d’une pureté absolue. Les socles aux motifs imprimés dans la masse répondent aux objets et les complètent en les privant de leur valeur d’usage au profit d’une valeur symbolique. Ces graphiques de mesure et pictogrammes informatifs confèrent une dimension scientifique aux pièces. Minutieusement déformés, ils  perdent également leur valeur d’usage au profit de la valeur esthétique. L’un et l’autre des objets, qui agissent comme des stéréotypes,  dialoguent pour créer une nouvelle image mentale.

Poussant le concept plus loin, c’est une scène de rue qui est extraite de son contexte dans la deuxième salle. Reproduit par l’artiste, un espace urbain composé d’un banc, d’un lampadaire et d’une bicyclette posée sur un poteau occupe le second espace. Le banc est composé de tubes de canalisations sous-terrains, évoquant la récente installation à la FIAC, à la différence du matériau: la moquette de la célèbre foire. Le matériau est dérivé de sa valeur de conducteur pour devenir une assise. Ses propriétés secondaires, sa dureté et son poids, sont exploitées en lieu et place de sa capacité première: conduire des liquides.

Le lampadaire a été produit par l’artiste sur les dimensions d’un panier de basket. Les cerclages qui soutiennent les globes de lumière apparaissent comme suspendant des ballons trop gros, contrariant le jeu et le figeant. Inspiré des luminaires de Gino Sarfatti, ce lampadaire interroge également, selon moi, la nécessité du design. En effet, au-delà de la référence, un objet inspiré par des formes des années 60 peut-il exister et fonctionner aujourd’hui? C’est finalement une interrogation sur la nécessité que le design et la mode nous imposent: devoir en permanence renouveler nos objets.

Plus loin, une bicyclette est appuyée sur un poteau reprenant trois cercles remplis par les trois couleurs primaires et barrés d’un coup de spray. Ce poteau semble se proposer comme forme de ré-interprétation des feux tricolores. Là encore, sortie de son contexte et transformée par l’artiste, privée de circulation à réguler, cette allégorie des feux perd sa valeur d’usage et ne devient plus qu’un support à vélo. Privé de sa capacité à gérer les mouvements d’automobiles et de piétons, ce feu de circulation est devenu un objet du non-mouvement.

Les pièces contenues dans cette salle relèvent du même procédé de transformation de la valeur que dans la première, mais renvoient de part la sémantique des objets choisis à un questionnement sur la lucidité de l’espace urbain, et plus largement la place de la lucidité dans le champ social et politique.

La dernière salle, plongée dans la pénombre, met en exergue une vitrine immense et très éclairée contenant de la terre qui elle-même enserre un aquarium abritant un couple d’axololts. Ce diorama, qui semble sorti d’un musée d’histoire naturelle, dénué de narration nous renvoie à nous-mêmes en proposant un paysage inconnu et structuré. Ce paysage de terre brune laisse se révéler un aquarium qui contient les fameux axololts, sorte de tritons blancs et oranges qui me sont eux aussi inconnus.

Cette pièce nous décontenance par son intention. Le manque de mise en situation ainsi que l’absence de narration commune aux vitrines des musées nous laisse pantois devant un paysage et ses habitants inconnus. Un monde où les axololts vivent dans des aquariums dissimulés dans la terre. Puisque la narration est absente, je me lance: une métaphore de notre quotidien, nous (axololts) dans nos aquariums (nos différents habitus) qui émergeons d’une matière brute et naturelle.


DR credac.fr

Sublimations - Mathieu Mercier au CREDAC

20 janvier - 25 mars 2012
http://www.credac.fr/

Tornades au Collège des Bernardins

Tuesday, 04 June 2013 15:11 Published in Blog

Depuis le 15 février, Alain Berland, Jérôme Alexandre et Gaël Charbau (commissaire de l'exposition l'Exil, à la galerie en novembre 2011) proposent un parcours autour de "l'Arbre de vie" au Collège des Bernadins.

Pour investir ce très bel espace, ils ont invité un peu plus d'une vingtaine d'artistes, émergents ou reconnus, parmi lesquels Jenny Bourassin que Backslash a déjà exposé deux fois!

 

 

Les différentes interprétations du thème prennent des formes diverses et occupent à la fois l'ancienne sacristie, la nef et le jardin.

 

 

 

 

 

L'exposition interroge le symbole universel de l'arbre et, par extension, le rapport de l'homme au monde qui l'entoure, à la nature et au sacré.
Le travail de Jenny Bourassin y prend donc tout son sens.

 

"Je veux changer mes pensées en oiseaux, mes doux soupirs en zéphyrs nouveaux, qui par le monde éventeront ma plainte", 2013, Huile sur papier marouflé sur panneau, 146 x 186 cm, que l'on pouvait voir jusqu'au 17 avril.



Histoire de souligner le changement de saison et de forcer l'arrivée du beau temps, les commissaires de l'exposition ont fait le choix de proposer un second accrochage depuis le 18 avril !

Une deuxième œuvre de Jenny Bourassin a donc pris le relais de la première, jusqu'au 28 juillet :

 

"Jessica", 2013, huile sur papier marouflé sur panneau, 128 x 242 cm.

 

 

Dans le jardin, Mathieu Mercier propose la troisième édition de Commissariat pour un arbre, accrochage dans les arbres de nichoirs réalisés par différents artistes:

 

 

 

 

Tout ça nous rappelle d'ailleurs que Xavier Theunis a réalisé un nichoir qui est montré en ce moment au jardin botanique de Bordeaux dans le cadre de Commissariat pour un arbre #4  :


 

"Sans titre (le cabanon de Le Corbusier)", 2012, Contreplaqué, pin verni, plaque ondulée en aluminium, caoutchouc et grillage, environ 25 x 30 x 25 cm.

 

 

Une très belle expo en tout cas pour le Collège des Bernardins, à aller voir jusqu'au 28 juillet !

 

 

 

L'Arbre de vie
Exposition collective du 15 février au 28 juillet

Collège des Bernardins
18-20 rue de Poissy, 75005 Paris


Du lundi au vendredi de 10h à 18h
Les dimanches et jours fériés de 14h à 18h
Entrée libre


 

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