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Eva Hober

Les 'Tournis Coulis' de Pierrick Sorin

Thursday, 23 September 2010 22:02 Published in Blog

Ranger des câbles informatiques dans des verres colorés, amène Pierrick Sorin à cette découverte : la projection de lumière au travers de ce verre crée des projections déformées entremêlant les deux éléments.

 

> L'artiste explique : "l'association  verre câble, créée dans un but utilitaire, donnait lieu à une sorte de ready made dont la validité artistique était certes aussi douteuse que l'efficience de fonction pratique. Mais quelque chose m'intéressait dans cette histoire : le fait qu'un individu, en l'occurrence moi même, puisse à ce point faire cas d'un geste et d'une construction visuelle en vérité bien dérisoire en regard des grands questionnements du monde".

Quelques améliorations plus tard, le résultat de cette découverte devient une installation déconcertante au sein de la galerie Eva Hober. Et si vous avez peur d'affronter cet emmêlement multicolore, soyez rassurés; comme à son habitude, Pierrick Sorin s'est mis en scène, et c'est lui qui vous guidera au travers de son oeuvre.

 


__Pierrick Sorin \ TOURNIS COULIS__%%%
Galerie Eva Hober| 4 Septembre- 23 Octobre 2010

En savoir plus sur Pierrick Sorin:

Pierrick Sorin sur wikipédia|
Le site de Pierrick|
Le blog de l'espace holbein|

J'ai vomis dans mes cornflakes|
Nuit Blanche 2008|
Pierrick Sorin =Jean-Louis=1|
Pierrick Sorin =Jean-Louis=3|

 

SAMEDI, c'est GALERIES #7

Friday, 04 March 2011 17:48 Published in Blog

Pour le (déjà) 7e rendez-vous de SAMEDI, c'est GALERIES, je me suis rendue dans la très plébiscitée rue Saint-Claude et sa petite soeur perpendiculaire, la rue des Arquebusiers. S'y côtoient aujourd'hui bon nombre de galeries de haut niveau. Aussi agréable qu'il soit, mon temps de ballade du vendredi est toujours un peu compté, force est de faire un choix. Voici donc une petite sélection, ultra subjective, et dans un périmètre restreint.

Rue des Arquebusiers, la galerie Eva Hober est actuellement fermée mais je vous recommande de vous tenir informé de l'exposition de Pauline Bastard, nouvelle artiste de la galerie, dont on a pu voir les oeuvres dans quelques bonnes expositions récemment. C'est définitivement une artiste à suivre et son solo est prévu pour le printemps.

Galerie Eva Hober
9 rue des Arquebusiers
mardi - samedi 11h - 19 h
http://www.evahober.com


La très sérieuse galerie art:concept, que j'ai souvent visitée avec plaisir rue Louise Weiss, s'est installée dans la rue début 2010 et n'a rien perdu de son identité. La galerie accueille le deuxième volet d'un cycle d'expositions, dont le premier épisode s'est tenu à la galerie Schleicher + Lange en janvier, que je n'ai malheureusement pas vu. Même si l'ensemble est assez flou, j'ai surtout aimé de ce deuxième opus la vidéo cinglante et finalement assez drôle de Nate Harrison présentée dans la salle du fond (attention, haute concentration requise!) et surtout les travaux de Jonathan Binet, ces multiples traces que vous retrouvez sur les murs de la galerie.

Irmavep Club
Livret II
avec Jonathan Binet, Maurice Blaussyld, Nate Harrison et Michael Pfisterer
jusqu'au 26 mars

Art : Concept
13 rue des Arquebusiers
mardi - samedi 11h - 19 h
http://www.galerieartconcept.com


Direction ensuite la bien plus jouissive exposition de Patrick Guns dans le bel espace de la Galerie Polaris, avec un accueil sympathique du maître des lieux. May 35th plutôt que le 4 juin (1989, Tian'anmen), évoque l'idée de la censure d'état et de la répression. Politique, l'exposition est également drolatique, et c'est bien cela qui fait sa force.
Et puis, les banderoles d'insultes en forme de guirlandes de fêtes foraines qui trônent au-dessus du du bureau du galeriste sont hilarantes.

Patrick Guns
May 35th
jusqu'au 30 mars

Galerie Polaris
15 rue des Arquebusiers
mardi - vendredi 13h - 19 h
samedi 11h - 13h et 14h - 19 h
http://www.galeriepolaris.com/

Petit arrêt à la galerie Sultana, qui présente une exposition très formelle de Bettina Samson. Cette artiste qui confronte dans sa pratique science et magie, histoire et mystère. Des sculptures alignées, réalisées en céramique, émaillées d'iridium (que l'on trouve notamment dans les météorites) et recouvertes de platine, font face à des photographies en noir et blanc, obtenues par exposition du papier photo à de la pechblende… Difficile à écrire et à prononcer… mais le résultat est sublime!

Bettina Samson
Fedor Poligus
jusqu'au 26 mars

Sultana
12 rue des Arquebusiers
mardi - samedi 11h - 19 h
http://www.galeriesultana.com


A deux pas, la galerie Philippe Jousse, qui s'est installée également dans le quartier en 2010, présente un artiste que j'aime beaucoup et suis depuis longtemps : Martin Le Chevallier. Pour sa deuxième exposition personnelle à la galerie, il y présente une installation monumentale qui se regarde depuis la rue, ou, j'ai presque envie de dire, qui vous observe. Des gradins envahissent en effet toute la vitrine de la galerie et l'on se retrouve dans la position un peu inconfortable du regarder regardé.
La pièce de l'exposition est une installation de quatre écrans sur lesquels le film L'an 2008 se déploît. J'avais déjà vu sur Arte ce film où des personnages stéréotypés venus des quatre coins de la planète échangent leurs points de vue sur la mondialisation, s'accusent mutuellement de ses dommages collatéraux et parfois s'en excusent. La présentation du film sur quatre écrans prend alors tout son sens, et une toute autre dimension.


Martin Le Chevallier
Solipsismes
jusqu'au 26 mars

Galerie Jousse
6 rue Saint-Claude
http://www.jousse-entreprise.com


Au 7, presque juste en face, la galerie Alain Gutharc nous donne à voir une exposition de groupe qui prend comme point de départ une oeuvre d'Henri Michaud. Les oeuvres s'articulent en effet parfaitement autour de l'écriture. J'ai toujours aimé aller chez Gutharc, pour la qualité de ses expositions et l'accueil toujours chaleureux. Là encore, l'exposition est très belle, simple mais efficace, poétique et directe. Elle présente des artistes reconnus (le très grand Jean-Luc Verna, Claude Lévèque, Joël Bartoloméo) et émergents (Estefania Penafiel Loaiza, Miri Segal) dans un ensemble très convainquant.
Coup de coeur pour la vidéo d'Estefania Penafiel Loaiza, où les mots s'écrivent et s'effacent en même temps, d'une simplicité surprenante mais dont la poésie et la portée vous captivent.

Joël Bartoloméo


Estefania Penafiel Loaiza


Jean-Luc Verna

"Comment dire…"
avec Joël Bartoloméo, Claude Lévèque, Charles Lopez, Henry Michaux, Antoinette Ohanessian, Estefania Penafiel Loaiza, Miri Segal, Jean-Luc Verna
jusqu'au 26 mars

Galerie Alain Gutharc
7 rue Saint-Claude
mardi - samedi 11h - 19 h
http://www.alaingutharc.com


Autre exposition collective, autre ambiance chez Frank Elbaz avec Des années de poudres recouvrant des années de jaune. Invités par Gyan Panchal, artiste de la galerie, Sara Barker, Jesus Alberto Benitez et Mélanie Blaison partagent tous une attention particulière au matériau, entre sculpture et matière, photographie et peinture. Etant particulièrement touchée par cette esthétique du sensible, je dois dire que la beauté qui se dégage de l'exposition m'a vraiment bluffée.
Les sculptures de Sara Barker, à la limite de la chute, dialoguent avec perfection avec les photographies et dessins de Jesus Alberto Benitez. Une vraie découverte avec les oeuvres de Mélanie Blaison, d'une modestie incroyable: moulages en plâtre de mobilier ou d'objets trouvés, présentés comme des fragments, fragiles et pourtant si réels. Une exposition à ne pas louper!


Sara Barker


Jesus Alberto Benitez


Mélanie Blaison

Des années de poudres recouvrant des années de jaune
Sara Barker, Jesus Alberto Benitez et Mélanie Blaison
sous le commissariat de Gyan Panchal
jusqu'au 26 mars

Galerie Frank Elbaz
7 rue Saint-Claude
mardi - samedi 11h - 19 h
http://www.galeriefrankelbaz.com


Entre les deux galeries précédentes, vous pourrez aller découvrir un duo Mathias Schweizer / Olivier Mosset à la galerie Torri, qui a ouvert en 2010!


Mathias Schweizer  / Olivier Mosset
Cool way
jusqu'au 26 mars

Galerie Torri
7 rue Saint-Claude
mardi - samedi 11h - 19 h
http://www.galerietorri.com



Pour finir, car il faut bien se résoudre à terminer la ballade, la galerie Anne Barrault propose une exposition de Ramuntcho Matta, artiste pour le moins éclectique qui aime multiplier les collaborations interdisciplinaires. Pour sa troisième exposition à la galerie, qui s'appuie sur le thème de l'attente, avec musique en fond, canapé bancal et dessins déstabilisants aux murs. Une  exposition bien plus subversive qu'il n'y parait au premier abord...




Ramuntcho Matta
La salle d'attente
jusqu'au 26 mars

Galerie Anne Barrault
22 rue Saint-Claude
mardi - samedi 11h - 19 h
http://www.galerieannebarrault.com



SAMEDI, c'est GALERIES #26

Friday, 04 November 2011 16:17 Published in Blog

Aujourd'hui, pour notre 26e rendez-vous, j'avais envie de vous emmener à la fois dans une galerie que j'ai rencontré sur SLICK, nos charmants voisins d'en face pendant une semaine (White Project), dans une galerie dont l'on m'a fortement recommandé l'exposition (Florence Léoni) et dans le nouvel espace de la galerie Eva Hober. Plein de nouveautés, donc, un peu en vrac, à découvrir!

 

 

Pour commencer, une vraie découverte! Une nouvelle galerie (c'est sa seconde exposition) et deux artistes parmi les plus talentueux de la jeune scène française (tous les deux chez Patricia Dorfmann), sans oublier un commissaire que mes goûts me portent à croiser parfois le chemin, le tout pour un très beau projet!

Présente à Cutlog avec seulement quelques mois d'existence, Florence Léoni ne semble pas la première venue dans le grand jeu du marché de l'art français. Elle a ouvert son espace le 15 septembre dernier rue Amelot entre la place de la République et le Cirque d'Hiver avec, d'après les photos, une belle exposition de Guillaume Cabantous (chez Odile Ouizeman), Christophe Chassol et Loris Cecchini (chez Continua). L'espace est beau, très bien mis en valeur. L'ensemble est très pro. L'accueil charmant. Bienvenue donc!

Sublime est ce projet présenté par Baptiste Debombourg et Lionel Sabatté sous la houlette de Jonathan Chauveau. Laissons le commissaire en parler :

" Au cours de ces derniers mois, Baptiste Debombourg et Lionel Sabatté ont revêtu les dépouilles mortelles de pigeons écrasés d'un costume de plumes rares aux couleurs bigarrées. Un moment promis aux flammes sans cérémonie d'une déchetterie de banlieue, ces "rats volants" une fois transformés en oiseaux de feux peuvent alors faire l'objet d'un culte artistique néo païen fonctionnant comme une passerelle mentale entre "l'enfer" urbain et les cultures chamaniques."

Mélange d'humour et d'une esthétique contrôlée, je vous laisse admirer les oeuvres. Sur la route du retour, on ne regarde plus vraiment les pigeons de la même manière…

 

 

 

 

Hells Angels
Baptiste Debombourg & Lionel Sabatté
Commissariat de Jonathan Chauveau

GALERIE FLORENCE LEONI
151 rue Amelot
mardi - samedi 14h - 20h
http://matthew.oliver.free.fr/florenceleoni/index.php






Inaugurée le 7 mai 2011 au 24 de la rue Saint-Claude, la super équipe de White Project fait parler d'elle. Après, notamment, une exposition de jeunes artistes du Salon de Montrouge sous le commissariat de Stéphane Corréard que j'ai malheureusement manqué, la galerie présente actuellement un ensemble d'oeuvres récentes et inédites de Stéphanie Nava.
L'artiste présente des dessins (la pratique du dessin est la colonne vertébrale de son travail), un caisson lumineux et quelques sculptures autour de l'idée de la communauté,  et de l'importance de l'organisation des espaces dans celle des relations. C'est important à savoir pour appréhender cet univers complexe, bourré de références et où beaucoup de belles histoires se racontent. Ma petite préférence va à la sculpture synthétique d'architectures entourée d'un ruban vert, qui aurait toute sa place dans l'expo actuelle de BACKSLASH, et à ces dessins qui se montrent du doigt.











 

STÉPHANIE NAVA
LIEUX SANS RECOURS
jusqu'au 26 novembre

WHITE PROJECT
24 RUE SAINT CLAUDE
MARDI AU VENDREDI DE 14H00 À 19H00
SAMEDI DE 11H00 A 19H00
http://www.whiteproject.fr



Je vous reparlerai d'un autre voisin de BACKSLASH pendant SLICK, la sympathique galerie Ilan Engel, installée au 77 rue des Archives et qui est en montage actuellement.




Pour finir en beauté, il me tardait d'aller découvrir et le nouvel espace de la galerie Eva Hober rue Chapon et l'artiste qu'elle présente : Jérôme Zonder.

L'exposition prend pour titre l'œuvre mythique de Marcel Carné « Les Enfants du paradis ». Dialogué par Jacques Prévert, sorti en 1945, avant la fin de la guerre, le film est l’arrière-pays de l’exposition. Quatorze dessins grand format sont présentés. Le sujet n'est pas facile. Il vous accapare et s'immisce en vous. Vous fait sourire les premières secondes et puis ne vous fait plus rire du tout. Comme ce frisson glacial des romans noirs. La violence du monde s’immisce tranquillement au cœur de la chambre des enfants.
L'intensité du trait est très prenante. Le gris va crescendo jusqu’au noir, matérialisant la montée de violence. Des objets recouverts de noir épais viennent appuyer le tout.
L'espace est agréable, lumineux. Saluons aussi le texte d'Annabelle Gugnon et un bon emménagement à la galerie.





















JÉRÔME ZONDER
LES ENFANTS DU PARADIS
jusqu'au 19 novembre

Galerie Eva Hober
35-37 rue Chapon
mardi-samedi 11h-19h
http://www.evahober.com

SAMEDI, c’est GALERIES #31

Friday, 13 January 2012 20:52 Published in Blog

Le blog de BACKSLASH sort enfin de sa léthargie, après la traditionnelle (petite) pause de Noël et un vernissage intense!
BACKSLASH vous promet cette année encore beaucoup d'expositions de qualité, d'artistes à découvrir et, bien sûr, chaque semaine des articles sur l'actualité du monde de l'art.

Pour inaugurer cette année 2012, voici donc de nouveau le désormais incontournable SAMEDI, c'est GALERIES! L'idée de ce rendez-vous est parti d'une frustration que les galeristes curieux connaissent bien : comment continuer à aller découvrir les galeries et ce qu'elles proposent quand son propre emploi du temps est le même? A BACKSLASH, nous avons trouvé une solution : se faire plaisir d'abord, rester attentif, tout en en faisant profiter le plus grand nombre. (J'en profite aussi pour remercier par la même occasion mes associés, qui me laissent vagabonder tranquillement.)
SAMEDI, c'est GALERIES est forcément subjectif et très didactique. Il est à l'origine de beaucoup de belles rencontres. J'espère que vous resterez nombreux à nous suivre!


Je ne suis pas allée très loin aujourd'hui : la pétillante rue Chapon a suffit à satisfaire mon appétit de découvertes. Nombreuses sont les galeries qui ont vernies, comme nous, samedi dernier. Nombreuses sont celles qui sont à visiter régulièrement.


Pour commencer, le versant Est de la rue, au numéro 13, avec la hautement sympathique galerie Isabelle Gounod, qui jouxte celle de Claudine Papillon. Elle propose une excellente exposition de Claire Tabouret qui se nomme "L'île" et qui englobe autant les idées de l'exil et de l'isolement que celles de la traversée et de l'aventure. Les grandes ou les petites toiles donnent en effet immédiatement une double impression saisissante : elles ont une dimension universelle et sont en même temps tellement actuelles. Entre chien et loup, pour reprendre l'expression de l'artiste, reprise par Claire Taillandier qui a écrit le communiqué, les œuvres de Claire Tabouret sont inquiétantes et sombres mais emplies de sérénité, quelque part entre le sujet intemporel du radeau de la méduse et l'espoir des peuples migrants d'aujourd'hui entassés dans de petites embarcations en route vers un monde "meilleur"…

Avant de laisser la place aux images, je vous laisse lire les propres mots de l'artiste :

"L’île tout comme la peinture est un endroit de solitude.

Un espace délimité qui, de par sa contrainte même, rend la liberté possible.


Des images attrapées à la volée sur internet, dans les journaux télévisés, sont le point de départ de mes tableaux. La peinture me permet de resserrer ce que ces flux d’images dispersent. 

Peindre une de ces visions c’est pour moi presser l’image, l’essorer, j’essaye d’en extraire une lumière interne, un indice ténu. Il me faut parfois peindre plusieurs tableaux pour épuiser une image. De là viennent les séries.
Je me suis toujours intéressée aux personnages et situations qui ne rentrent pas dans des cases. À la difficulté à dire d’où l’on vient, ce que l’on est. Entre un pays et un autre, entre féminin et masculin, entre chien et loup.
Mes peintures s’installent à jamais dans ces moments de bascule, d'ambiguïté.


Il s’agit de resserrer mon attention sur l’oscillation entre la puissance narrative de ces images et la réalité de la peinture. Comme un funambule sur son fil, j’essaye de trouver un équilibre délicat. Une position à réajuster sans cesse.

"

Claire Tabouret, Marseille. Avril 2011





















Claire Tabouret
L'ÎLE
jusqu'au 18 février

Galerie Isabelle Gounod
13 rue Chapon
mardi - samedi, 11h - 19h
http://www.galerie-gounod.com






L'exposition de Didier Trenet, "Championne de descente", chez Claudine et Marion Papillon nous accueille en effet avec un air de triomphe, un immense V de la victoire version vanille chocolat. Plus loin, un dessin serti d'éclats de verre. Encore après, des verges dans un sous-bois. Les œuvres rassemblées ici, si elles ont plus ou moins retenues mon attention, témoignent toutes d'un équilibre entre maîtrise technique et art de la plaisanterie. Un positionnement salutaire tant le cynisme a de plus en plus tendance à remplacer cette idée de la plaisanterie, franche et intelligente, cocasse et qui fait sourire intelligemment sans arrières pensées.



















Didier Trenet
Championne de descente
jusqu'au 20 janvier et du 25 janvier au 25 février

Galerie Claudine Papillon
13 rue Chapon
http://www.claudinepapillon.com/
mardi - samedi, 11h - 19h





La tête ailleurs, je traverse de nouveau la rue Beaubourg, direction le versant Ouest de la rue Chapon. La première galerie sur ma route est la galerie Eva Hober, avec une exposition de Damien Cadio qui m'avait été fortement recommandée par un autre artiste, d'ailleurs grand collectionneur du premier.
J'avoue que dès le départ, avec les deux grands formats dans l'entrée, l'un présentant un homme en combinaison de plongée et l'autre deux escargots s'enlaçant, avec leur bave (?) comme point d'orgue, j'ai été vraiment charmée. Mon amour des escargots mis à part, on se laisse facilement emmener dans l'univers de ces grands formats sombres. Dans la salle principale, un grand tableau vraiment intrigant, qui m'a fait penser à une scène de film, fait face à une multitude de petits formats, "non spectaculaires", envers lesquels, nous dit le communiqué de presse, l'artiste a une préférence. Ils n'en sont pas moins forts pour autant ici. Autant de scènes étranges, dont on peut partir pour se raconter une histoire, se succèdent pour la plus grande joie du visiteur.






















DAMIEN CADIO
TUPELO
jusqu'au 11 février

GALERIE EVA HOBER
35-37 rue Chapon
mardi-samedi, 11H-19H
http://www.evahober.com/






En face, on m'a beaucoup parlé aussi de l'exposition de Julien Tiberi organisée par la galerie Sémiose. Marc Bembekoff, commissaire du Palais de Tokyo, en a écrit le communiqué (l'artiste y a présenté son travail l'année dernière). Deux séries distinctes y sont présentées, de part et d'autre de l'espace. A gauche, l'artiste mêle avec habileté et humour sujets contemporains et esthétique de la caricature du XIXe dans la série "Riristi.mes Unlimited (A Constructed World)". A droite, toujours dans une esthétique XIXe, la série "Le Salon" (2007-2011) évoque tour à tour une foire du Concours Lépine de l'époque, avec "lampes à huile et autres prototypes de lampes électriques d’Edison", et une sorte d'exposition caricaturale des ancêtres du néon, dont le parallèle avec notre monde contemporain laisse songeur...
Suit ensuite une série de miroirs, qui m'ont laissé plus perplexe.
De magnifiques tableaux viennent également ponctuer l'espace. Somptueux. Initiées en 2007, ces œuvres font partie de la série "El astro de la suera" et montrent des vues nocturnes de la frontière américano-mexicaine près de Tijuana. Outre leur sujet, aux nombreuses références, très contemporain, la technique (un grattage de la couche de peinture noire mate recouvrant une plaque d’Isoler) permet une suggestion du sujet grâce à des noirs mats où l'on se perd...




























Julien Tiberi
jusqu'au 11 février

Semiose
54 rue Chapon
mardi-samedi, 11H-19H
http://www.semiose.fr/





Je file ensuite découvrir une exposition toute en poésie et en recherche formelle chez Zürcher : "Renaissance", de Wang Keping. Un des fondateurs du premier groupe d’artistes chinois non-officiels, Xing Xing, à la fin des années 1970, dont a fait parti Ai Wei Wei, l'artiste est déjà bien identifié. Après des œuvres plus politiques dans les années 80, son travail s'est développé de manière plus formelle. Sont présentées ici des sculptures en bois, patinée au feu, imposantes par leur taille, que vous avez peut-être eu l'occasion de découvrir, notamment au Musée Cernuschi l'année dernière. Le bois y est travaillé en respect avec la matière brute, en accompagnant les formes naturelles du bois, et dans une simplicité qui sublime le corps féminin.




















WANG Keping
Renaissance
jusqu'au 29 février

ZÜRCHER
56, rue Chapon

mardi-samedi / 12h - 19h
http://www.galeriezurcher.com






Je finis par la jeune galerie ALB tenue par Anouk Le Bourdiec qui présente sa quatrième exposition. Accueillie avec beaucoup de bonne humeur, je découvre les œuvres toute en finesse de Jean-Baptiste Perrot dont le travail joue sur les interstices, les trames et les enjeux de la représentation. L'illusion de la réalité et de ce que l'on perçoit est au cœur tant du sujet, entre abstraction et figuration, sorte d'images hypnotiques de ce qu'on devine être des architectures (ou bien est-ce des maquettes?), que de la technique : impression, gravure, dessin? Une réflexion sur le flou et le grésillement hautement menée.
A noter que la galerie, avec quelques "galeries amies", a initié un petit parcours de jeunes galeries du quartier. Des découvertes à venir!












Jean-Baptiste Perrot
Schéma directeur
jusqu'au 21 février

Galerie ALB ANOUKLEBOURDIEC
64 rue Chapon
mar - dim : 11:00 - 20:00



SAMEDI, c’est GALERIES #37

Friday, 30 March 2012 14:24 Published in Blog

En cette semaine dédiée au dessin, SAMEDI, c'est GALERIES prend le relai du post de Miss D. sur DRAWING NOW et se consacre exceptionnellement à son HORS LES MURS à seulement quelques minutes de la foire.

Vous ne pouvez pas louper l'entrée de l'immeuble rue de Richelieu avec ses grandes bannières et une immense œuvre de Jacques Villeglé en façade. Artiste invité par Philippe Piguet, il nous parle en hiéroglyphes. Attention quand même de ne pas vous laisser absorber par le déchiffrage et la contemplation, la circulation va à toute vitesse!




Après un accueil chaleureux, vous pouvez découvrir un très beau grand format d'Iris Levasseur représentée par la galerie Odile Ouizeman. Outre l'étrangeté envoutante du sujet, on retrouve bien le "coup de pinceau" (ou plutôt ici "le coup de crayon") admirable de l'artiste.






Dans une grande salle, sont mis face à face, dans un accrochage sobre et qui laisse respirer les œuvres, un fusain de Nina Fowler (Galerie Dukan Hourdequin), des dessins de Le Gun dans des cercueils (Exquisite Corpse Series, Galerie Suzanne Tarasiève), un grand format de Jérôme Zonder, qui vient habilement compléter l'exposition récente chez Eva Hober, bien que j'ai préféré les œuvres vues à la galerie à celle présentée ici, et enfin des découpages de Mathias Schmied (Galerie Olivier Houg). Ce dernier a découpé et plastifié des pages de comics (en VF: de bandes dessinées), ne retenant que des explosions ou des éléments d'architecture, pour ensuite les agencer en une frise. Le procédé est original et l'ensemble vraiment magnifique! J'ai beaucoup aimé.














Il faut oser pousser un rideau, dans cette même salle, pour découvrir une installation incroyable d'Eric Winarto (Galerie Charlotte Moser). Une longue bande qui semble faite de diverses séquences est éblouissante. Réalisé avec de l'acrylique blanche que fait vibrer la lumière noire, le dessin est minutieux et en même temps d'une belle sensibilité. Voici encore une variante bien peu traditionnelle du dessin!










Toujours au rez-de-chaussée, une petite salle est consacrée à Pierre Weiss, invité par Catherine Millet (auteure cette année du Musée Imaginaire de Drawing Now).




D'autres surprises nous attentent à l'étage, avec à gauche plusieurs salles consacrées à Gilgian Gelzer (Galerie Jean Fournier), qui joue avec les perspectives avec de grands traits rouges et bleus.








A droite, d'immenses dessins-écritures au ton sarcastique et militant de Charles Derenne (Galerie du Jour - Agnès B.) viennent envahir les murs blancs.






Et puis une superbe vidéo, Other Faces, de William Kentridge (Marian Goodman) qui vous retient, avec une bande-son troublante et l'habituel talent de l'artiste. Prenez 9 minutes pour voir la vidéo. Elle est visible également à la galerie dans le cadre d'une exposition autour du dessin (Dean, Penone, Orozco, Toroni et Wiener).






On change ensuite radicalement d'univers avec les fragiles dessins et les sculptures de Catherine Melin (Galerie Isabelle Gounod). Toute en retenue, l'artiste a inscrit avec une grande délicatesse ses structures étranges, éléments d'architecture, objets, on ne sait, qui répondent avec grâce à d'autres structures, tangibles celles-ci, en bois calciné, presque intemporelles.












On termine avec un grand format de Nina Fowler.




Je ne peux que vous recommander cette visite à l'opposée des stands bien alignés et de la foule. C'est tout à l'honneur de Drawing Now et des exposants que de nous proposer cette respiration.
C'est un peu comme se balader dans des galeries le samedi : avoir tout son temps pour regarder les œuvres et faire quelques rencontres. Il y a d'ailleurs pas mal de galeries qui ont joué le jeu avec une programmation tournée vers le dessin, voire des expositions pensées vers cette actualité!
A samedi prochain!

Drawing Now Hors les murs
17 rue Richelieu
jusqu'au 1er avril
http://www.drawingnowparis.com

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