Outre-Forêt est un cycle d'expositions mené par Mathieu Buard & Joël Riff au 6b, lieu de création étonnant à Saint-Denis, entre la Seine et le Canal, un peu au milieu de nulle part et pourtant à seulement 10 minutes de Paris. C'est là que BACKSLASH a décidé de vous emmener!
Le communiqué de l'exposition commence comme cela :
"L’Outre-Forêt est une zone du Nord de l’Alsace coupée du reste du pays par une épaisse barrière d’arbres. À une époque où les bois ne se traversaient qu’à pieds ou à cheval, cette frontière forestière avait la réputation d’être périlleuse voire infranchissable. La réalité de cet au-delà était alors nimbée de mystères : rares étaient ceux qui osaient s’y aventurer pour pouvoir en témoigner."
Il faut dire qu'Outre-Forêt est un titre, et une thématique, brillamment choisis par des commissaires qui ont pris en compte l'isolement et l'exotisme d'un lieu pour les transformer en une réflexion fort intéressante sur la lisière et, je le disais, l'exotisme.
RDV donc avec Joël Riff à Gare du Nord à 17h un lundi pluvieux. (Oui, un jour de repos normalement, je me motive donc…) Au début, on se demande un peu ce que l'on fait là mais Joël Riff, hôte attentif, nous fait oublier tout le trajet en nous contant le début de cette aventure qui a commencée l'année dernière, avec la première exposition du cycle qui a eu lieu du 25 novembre au 5 décembre et qui présentait les travaux de quelques résidents du 6b (Nadia Agnolet, Amélie Bertrand, Chloé Dugit-Gros, Edgar Guilmoto, Maxime Thieffine, Sarah Tritz)

Billets de RER en poche, un tout petit trajet en RER (moins de 10 minutes) et une sortie dans un Saint-Denis en plein travaux avec l'aménagement du tramway. C'est vrai qu'à ce moment là, on est plutôt heureux que notre hôte nous montre le chemin parmi les grilles de travaux et les passages.


Quelques minutes suffisent pour se retrouver devant le 6b, immense bâtiment que l'on dirait sorti tout droit des années 70 et qui se dresse avec détermination entre la Seine et le Canal. Nouveau lieu de création, cet ancien immeuble de bureaux a été repris par des anciens étudiants des Beaux-Arts de Paris, des professionnels et des passionnés de tous horizons qui se sont regroupés en association et sont déterminés à faire du 6b un lieu de travail (60 ateliers individuels, des ateliers bois, sérigraphie, etc.) mais aussi de partage et de diffusion. Les 3 000 m2 ont donc été transformés en ateliers, bureaux, espace d'exposition, salle de projection, salle de danse et un restaurant associatif très agréable, peu cher et paraît-il absolument fameux! Avis aux habitants du quartier et aux visiteurs de passage.



Direction l'espace d'exposition, bien sûr, dans une lumière entre chien et loup, l'heure parfaite pour découvrir ce deuxième accrochage où transparaît l'inquiétude, l'hésitant, le brouillard, la poussière, le gluant. L'exposition intègre également une donnée particulière : s'intéressant à la lisière, les cimaises où étaient accrochées les oeuvres de la première exposition (conçue au contraire comme une focale, un centre) ont été laissées nues. Je vous laisse découvrir donc ces travaux qui investissent plutôt l'entre-deux de l'exposition.
Sur la droite, les peintures saisissantes d'Eva Nielsen, artiste définitivement passionnante, représentée par Dominique Fiat.


On découvre ensuite les sérigraphies de Shanta Rao, celle d'un noir profond sur un blanc pur, absolument magnifique, accrochée sur le côté, en haut d'une cimaise, et ses pendants négatifs, presque gluants, disposés librement sur une vitrine. Non loin, une sérigraphie en blanc sur une plaque de Plexiglas joue sur la lumière du jour (ou d'un néon) tandis que du caoutchouc noir enveloppe une chaise et semble vouloir envahir l'espace. L'ensemble est très beau.



Guillaume Linard-Osorio propose lui une oeuvre plus conceptuelle, en présentant sur des tréteaux des feuilles recouvertes de pastels, dans les tons gris, dont on peut sentir l'odeur. Pour chaque feuille, l'artiste a fondu une boite de pastel gras de marque différente et dont le résultat est en quelque sorte la synthèse colorée. La dissection de ces couleurs par fabricant est exposée à côté, très froidement, sur des feuilles A4, que viennent contrebalancer la délicatesse des tons gris, taupe ou gris-vert de ces grands monochromes.




Un ensemble d'oeuvres de Raphaël Barontini, jouant sur les codes du kitsch, contraste tout à fait avec les oeuvres précédentes.

On retrouve ensuite le très bon Cyril Hatt, dont l'exposition à la galerie Bertrand Grimont se termine ce samedi. Avec sa technique habituelle, originale et effarante de simplicité, sont présentés deux t-shirts, qui reprennent l'esthétique un peu "beauf" de ces "maillots" vendus dans les marchés de province, et que personnellement j'aime beaucoup. Un immense confessionnal (le choix du sujet est encore une fois parfait!) investit l'espace et repousse le plafond.


J'ai beaucoup aimé les oeuvres très sensibles de Yoan Beliard (graphite sur calque), nuages de fumée minuscules et complexes. C'est un peu dommage de les voir pris dans cette double coque de verre fermée par du silicone… En revanche, ses barres de graphite posées au sol sont vraiment superbes.



Sont posés au sol des animaux écrasés de Pierre David, dont la thématique pour le moins sanglante contraste avec la délicatesse de la gravure sur feuille d'or.



Etrangement posées sur la fenêtre, les oeuvres de Raul Illarramendi sont en apparence plus banales. Pourtant, la technique utilisée est absolument fascinante : ces flaques sont en fait dessinées, et non aléatoires; elles sont construites et pensées. Et là où l'on ne perçoit qu'aléas et hasard, l'on découvre technique, retenue et intelligence. L'artiste participera bientôt à une exposition collective à la galerie Karsten Greve.




Enfin, je me permets de ne pas respecter le "sens" a priori de l'exposition pour finir par l'artiste que j'aime le plus : Lionel Sabatté. Représenté par Patricia Dorfmann, l'artiste joue avec le sale, la poussière, le gras. Il balaie quand même plusieurs heures par jour la station Châtelet, pour s'arrêter au bout d'un mois et construire un loup avec ces résidus de vie. Il est chaque mois différent, parfois affamé et maigre, parfois repu. On le croirait presque vivant, prêt à se lever.
Près de là, sont posées sur le rebord de la fenêtre, quelques "oeuvres" : miroir, dessus d'armoire, morceau de contreplaqué, recouverts de graisse, de poussière, de rouille mais aussi de quelques dessins et inscriptions étranges. Malgré le relatif dégoût qu'ils peuvent nous inspirer, on reste complètement fasciné par ces travaux!





Je salue par ailleurs le parti-pris des commissaires de cloisonner dans l'espace les oeuvres des artistes, par groupes monographiques, tout en les laissant dialoguer ensemble. C'est très réussi.
Je ne sais pas vous, mais personnellement, j'attends avec impatience le prochain opus de ce cycle, maintenant que je connais le chemin...


OUTRE-FORÊT
un cycle d'expositions au 6b
sous le commissariat de Mathieu Buard & Joël Riff
Mathieu Buard - This e-mail address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it
Joël Riff - This e-mail address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it
http://outreforet.wordpress.com/
Deuxième exposition du jeudi 17 au jeudi 24 février 2011
Raphaël Barontini, Yoan Beliard, Pierre David, Cyril Hatt, Raul Illarramendi, Eva Nielsen, Guillaume Osorio-Linard, Shanta Rao, Lionel Sabatté
le 6b
6-10 quai de Seine à Saint-Denis
RER Saint Denis
L'actualité de la galerie étant définitivement chargée, je prends le parti aujourd'hui de vous présenter deux expositions en particulier dont le vernissage est en ce moment. Il vous reste donc quelques heures pour finir ce que vous étiez en train de faire et filer dans le Marais, direction rue de Montmorency et rue Chapon.
Le carton d'invitation de l'exposition personnelle de Guillaume Constantin, présenté à la galerie Bertrand Grimont, vous a peut-être, comme moi, "tapé dans l'oeil". Une flaque d'encre, un nuage d'incertitude (c'est le titre de l'exposition), qui résume parfaitement le travail de cet artiste dont BACKSLASH vous avait déjà parlé :
http://www.backslashgallery.com/blog/item/48-merci-de-ne-pas-faire-la-chambre.html
En effet, l'association Dernier avertissement avait invité l'artiste à intervenir dans la chambre d'un hôtel chic à République. L'exposition nous avait enchanté, le travail de l'artiste était sublime (le lit était recouvert de fines plaques de tissu pliées en liège d'isolation). Bon préambule à son exposition personnelle où l'on retrouve au sol de la galerie le même matériau mais dont la forme prend cette fois une toute autre dimension, puisqu'elle passe de la surface plane au volume, et investit tout l'espace. Mais l'artiste ne délaisse pas pour autant cette idée de la planéité. Des plaques noires en plastique thermoformé envahissent tout le rez de chaussée de la galerie, comme une sorte d'immense damier dont les dalles noires glisseraient et se décollerait du mur. Personnellement, c'est mon coup de coeur de l'exposition!
Bien que les mots "IMAGINATION AVEUGLE" en peinture fluorescente qui se dégagent au sous-sol ne laissent pas insensible. Enfin, de l'encre, coincée entre deux plaques de Plexiglas, qui donne son titre à l'exposition, résume aussi parfaitement le travail de Guillaume Constantin, où le rapport entre aléatoire et précision du contenu est des plus intéressant!



Guillaume Constantin
Un nuage d'incertitude
jusqu'au 23 avril
Galerie Bertrand Grimont
47 rue de Montmorency
mardi - samedi 14h - 19h
http://www.bertrandgrimont.com/
Vous pourrez également voir l'exposition de Jean-François Lecourt à la galerie Anne de Villepoix (au 43 de la même rue).
Même capital sympathie, même programmation de qualité que la galerie Grimont, la galerie Sémiose propose un ensemble d'oeuvres de Bruno Rousselot, dont la pratique de couleur est dans le prolongement logique de l'abstraction géométrique initiée par Sol LeWitt et d'autres artistes comme John Armleder ou Peter Halley. Vous situez mieux? Non? Pas de panique. Outre leurs dimensions conceptuelle et historique fortes, ces oeuvres sont également remarquables à regarder. Les couleurs s'entrechoquent, se caressent, dialoguent entre elles. Et cette nouvelle série prend le bois comme support et laisse parfois les veines de ce dernier visibles à travers la peinture, leur conférant presque une vie propre. Ce qui est certain, c'est qu'elle ne vous laisseront pas indifférent(e)!
Crédit photo: © Motay
Bruno Rousselot
jusqu'au 30 avril
Galerie Semiose
54 rue Chapon
mardi - samedi 11h - 19h
http://www.semiose.com/
Pour info, la galerie Zürcher vernit également aujourd'hui une exposition de Taylor McKimmens…
Et comme vous n'êtes pas loin et qu'il n'est pas encore l'heure de l'apéro, vous pouvez voir l'exposition de Gaëlle Chotard, qui a l'air absolument sublime, chez Claudine Papillon (au 13 rue Chapon) et celle d'Isabelle Giovacchini chez Isabelle Gounod (même adresse).
Il n'y aura pas de SAMEDI, c'est GALERIES la semaine prochaine pour cause de montage d'exposition intensif, mais je serai de retour fin mars pour vous faire découvrir d'autres galeries dans d'autres quartiers!
Bon week-end à tous!
Dans les galeries, juillet est un moment traditionnellement dévolu aux expositions de groupe, parfois appelées "expositions d'été" ou "summer shows" en version anglaise. Elles ne bénéficient pas d'une bonne réputation, et il est vrai qu'elles peuvent être un peu "fourre-tout". Elles sont surtout liées au calme de juillet après les grands messes que sont Art Basel et la Biennale de Venise. Il ne faut pourtant pas juger trop vite et aller voir d'un peu plus près.
Nombreuses sont les galeries qui ont ouvert ou ouvrent actuellement une exposition de groupe effectivement mais beaucoup témoignent d'une vrai réflexion, voire d'une prise de risque, autour d'une thématique ou d'une invitation faite à un commissaire.
Je vous en propose cette semaine un exemple ainsi qu'un petit tour d'horizon des autres expositions thématiques en cours.
La galerie Bertrand Grimont présente jusqu'au 30 juillet, en collaboration avec Samy da Silva, co-commissaire de l'exposition, et Chloé Dragna pour la sélection vidéo, BODY NO/BODY, petit essai sur le thème bien connu du corps. Loin d'être pompeuse ou dans la redite, la sélection explore quelques territoires et mythes liés à certaines représentations du corps mises en avant par quelques artistes. L'équilibre entre des oeuvres très visuelles, s'exprimant sur des supports plus traditionnels, présentées au rez-de-chaussée, et les oeuvres vidéos au sous-sol, est assez intéressant.

L'on tombe d'abord en arrêt devant quatre toiles aux dominantes sombres de Benjamin Renoux, qui traitent d'un thème non moins sombre : "La vie à deux", un homme et une femme gisant sous un luminaire clinique, dans un entre-deux plein de recueillement et de délicatesse.

Benjamin Renoux, La vie à deux #1 et #2, c-print et huile sur toile, 95 x 68 cm chaque toile, 2010
Courtesy Galerie Bertrand Grimont
En face, les oeuvres sur papier de Patrick Bernatchez, Sophie Jodoin et Jean-Luc Verna entament un dialogue entre différentes sensibilités qui se déploient toutes autour de la dimension des rêves, contes et légendes, figures hybrides et chimères ou encore dans des imaginaires sombres et étranges.

On découvre les "Chrysalides" de Patrick Bernatchez, créatures humanoïdes féminines, les dessins de Sophie Jodoin, auxquels j'ai plutôt préféré le collage montré un peu plus loin, ainsi que quelques oeuvres envoûtantes de Jean-Luc Verna. Jean-Luc Verna, immense artiste, représenté par la galerie Air de Paris, et qu'il n'est plus besoin de présenter tant on a pu le voir dans de nombreuses expositions. Je vous emmènerais d'ailleurs très bientôt chez Air de Paris pour l'exposition "Freaks and Geeks" qui s'est ouverte ce jeudi et qui a l'air absolument fabuleuse.

Patrick Bernatchez, Etude pour chrysalides, mine de plomb sur papier, 20 x 25 cm, 2009
Courtesy Galerie Bertrand Grimont

Sophie Jodoin, Fist, collage sur mylar, 19 x 24 cm, 2010
Courtesy Galerie Bertrand Grimont

Jean-Luc Verna, (we are) a happy family, transfert sur papier ancien rehaussé de crayon et de fard, 33 x 31 cm, 2003
Courtesy Galerie Air de Paris
Une sculpture de Tarik Essalhi, "Gardienne", simplement posée à même le sol, interpelle, entre silhouette humaine et chrysalide.

Tarik Essahli, La gardienne, plâtre, 50 x 46 x 40 cm, 2011
Crédit photo: Aurélien Mole. Courtesy Galerie Bertrand Grimont
C'est au sous-sol que l'on découvre avec ravissement "Constellation du cerf, (harpe)" de Julien Salaud, artiste très prometteur, que l'on a pu voir récemment dans l'exposition Rituels à la Fondation Ricard. Plongé dans le noir, un réseau de fils exposés à la lumière noire nous fait découvrir ce trophée tout en majesté.


Julien Salaud, Constellation du cerf (harpe), 2011, 127 x 63 x 55 cm, tête de cerf, pointes, fil de coton blanc, lumière noire
Crédit photo: Aurélien Mole. Courtesy Galerie Bertrand Grimont
Enfin, une boucle d'une quarantaine de minutes rassemble des vidéos de durées diverses :
"Dualism" et "Absent II" par Anders Weberg
"Eric" de Combes & Renaud
Diego & Toni Garbini avec "You've turned me into / armchair
Anne-Sophie Emard (Galerie Odile Ouizeman) avec "Temps mort 2"
Lydie Jean-Dit-Pannel clos et relance le cycle avec "L-INK", un travelling lent de 16 minutes sur une multitude de bras tatoués.

Lydie Jean-Dit-Pannel, "L-INK", vidéo numérique, 16 mn, 2010
Courtesy Galerie Bertrand Grimont
Vous avez d'ailleurs tout le loisir de les découvrir, ainsi que les autres oeuvres, grâce au blog consacré à l'exposition, très bon outils et dont je trouve l'initiative remarquable : http://bodynobody.blogspot.com
BODY NO/BODY
Patrick Bernatchez, Combes & Renaud, Jennifer Douzenel, Anne-Sophie Emard (Galerie Odile Ouizeman), Tarik Essalhi, Toni & Diego Garbin, Sophie Jodoin, Lydie Jean-Dit-Pannel, Benjamin Renoux, Julien Salaud, Jean-Luc Verna (Galerie Air de Paris), Anders Weberg
jusqu'au 30 juillet
Galerie Bertrand Grimont
47 rue de Montmorency
mardi - samedi 14h - 19h
http://www.bertrandgrimont.com
Vous pourrez également voir au gré de vos vagabondages d'autres expositions de groupe dont je ne peux vous rendre compte ici :
Rue Chapon, la galerie Sémiose propose une réflexion sur le devenir contemporain du paysage.
L'avenir du paysage
Amélie Bertrand, Guillaume Dégé, Piero Gilardi, Jacques Julien, Laurent Le Deunff, Robert Morris, André Raffray, Taroop & Glabel, Julien Tiberi
jusqu'au 30 juillet
Sémiose galerie et éditions
54 rue Chapon
mardi-samedi 11h-19h
Un peu plus loin, la Galerie Papillon présente "Is History Gallery Story ?" avec de grands noms de l'histoire de l'art, que la galerie a exposé il y a de nombreuses années. Un titre alléchant...
Is History Gallery Story ?
Joseph Beuys, George Brecht, Günter Brus, Michael Buthe, Erik Dietman, Robert Filliou, Hreinn Fridfinnsson, Sigmar Polke, Dieter Roth, Wolf Vostell
CLAUDINE PAPILLON
13 rue Chapon
mardi-samedi 11-19h
http://www.claudinepapillon.com
Laurent Godin vient d'inaugurer une exposition consacrée aux oeuvres sur papier.
Paperwork
Scoli Acosta, Claude Closky, Delphine Coindet, Philippe Durand, Aleksandra Mir, Vincent Olinet, Gérard Traquandi, Wang Du
GALERIE LAURENT GODIN
5 rue du Grenier Saint-Lazare
mardi-samedi 11h-19h
Initiative intéressante, Sutton Lane invite une consoeur d'Outre-Rhin.
Klosterfelde visits Sutton Lane
SUTTON LANE
6 rue de Braque
mardi-samedi de 14h à 19h
La galerie Frédéric Giroux présente une exposition fort alléchante également sur (je généralise) une certaine contre-culture.
Sex, drugs and queer spirits
Aa Bronson, Barbara Ess, Delphine Kreuter, Justin Lowe, Ugo Rondinone, Jean-Luc Verna
GALERIE FRÉDÉRIC GIROUX
8 rue Charlot
mardi-samedi 11h-19h
La galerie Les Filles du Calvaire invite Marie Doyon qui propose une exposition autour de la notion de fragilité.
Intentions fragiles
Ismaïl Bahri, Taysir Batniji, Walead Beshty, Julie Chaumette, François Daireaux, Isabelle Ferreira, James Hyde, Bernhard Kahrmann, Jérémy Laffon, Jim Lee, Colombe Marcasiano, Vincent Mauger, Joris Van de Moortel, Paul Pouvreau
GALERIE LES FILLES DU CALVAIRE
17 rue des Filles du Calvaire
mardi-samedi 11h-18h30
http://www.fillesducalvaire.com
La galerie Perrotin propose, elle, dans ses deux espaces, une exposition autour de trois grands artistes et des éditions d'artistes que j'irais certainement voir, étant donné que je trouve le sujet intéressant bien que le titre soit un tantinet pompeux, que les artistes semblent a priori à l'opposé les uns des autres et je ne sois pas entièrement convaincue de l'énoncé du communiqué de presse comme quoi le marché de l'art porte une importance moindre aux éditions d'artistes et multiples. Je pense aux contraire que les galeries et amateurs d'art ont compris l'importance tant artistique que commerciale de ces oeuvres. Mais ce sera certainement le sujet d'un autre post.
Une histoire des éditions
Joseph Beuys, Marcel Duchamp, Takashi Murakami
GALERIE EMMANUEL PERROTIN
76 rue de Turenne, et 10 impasse Saint Claude
mardi-samedi 11h-19h
http://www.galerieperrotin.com
D'ailleurs, il serait intéressant de savoir ce qu'en pense une galerie spécialisée depuis de nombreuses années dans ce domaine. La galerie de multiples rend en ce moment hommage aux femmes.
N'oubliez pas non plus de voir la dernière proposition du cycle "The Wall" de Christophe Cuzin à la galerie et dont je vous avais parlé dans SAMEDI, c'est GALERIES #13.
Une femme est une femme
Virginie Barré, Johanne Bouvier, Tracey Emin, Isa Genzken, Regine Kolle, Josephine Meckseper, Martha Rosler, Laurie Simmons
GALERIE DE MULTIPLES
17 rue Saint Gilles
mardi-samedi 14h - 19h
http://www.galeriedemultiples.com
Rue Saint-Claude, Alain Gutharc propose lui aussi une exposition sur le thème du paysage.
Paysages
Véronique Ellena, Guillaume Janot, Guillaume Linard-Osorio, Charles Lopez, Marlène Mocquet, Vincent J. Stoker
GALERIE ALAIN GUTHARC
7 rue Saint-Claude
mardi-samedi 11h-13h / 14h-19h
Et la galerie Polaris une exposition au titre intriguant.
Dream it - achieve it - leave it
Eric Aupol, Yto Barrada, Stéphane Couturier, Patrick Guns, Christian Lhopital, Assaf Shoshan, John Casey, Clémence Van Lunen, Bart Baele, Christophe Terlinden
GALERIE POLARIS
15 rue des Arquebusiers
mardi-vendredi 13h-19h et samedi 11h-13h / 14h-19h
Rive gauche, Fabienne Leclerc présente les oeuvres de 10 artistes autour de l'idée du schéma et du réseau.
Art / Système / Poésie
Renaud Auguste-Dormeuil, Gilles Barbier, Damien Deroubaix, David Diao, Mark Dion, Mark Lombardi, Ward Shelley, Suzanne Treister, Patrick van Caeckenbergh, Jorinde Voigt
IN SITU FABIENNE LECLERC
6 rue du pont de Lodi
mardi-samedi 11h-19h
Et Hervé Loevenbruck un ensemble de sculptures.
Sculptures
Virginie Barré, Jean Dupuy, Asger Jorn, Tony Matelli, Bruno Peinado, Werner Reiterer, Alina Szapocznikow, Morgane Tschiember
GALERIE LOEVENBRUCK
6 rue Jacques Callot
mardi-samedi 14h-19h
Enfin, comme je vous le disais, Air de Paris vient de vernir une exposition conçue par castillo/corrales, "un espace d'exposition indépendant créé en 2007 à Belleville par un groupe d'artistes, de critiques et de commissaires d'exposition bien dans leurs jeans" autour de la série TV culte "Freaks and Geeks".
Freaks and Geeks
Jay Chung and Q Takeki Maeda, Jana Euler, James Franco, James Hoff and Danny Snelson, Aaron Flint Jamison, Tobias Kaspar, Brian Kennon, Nina Könnemann et Amy Yao
AIR DE PARIS
32 rue Louise Weiss
mardi-samedi 11h-19h
Quant à la galerie BACKSLASH, nous avons décidé de réserver une place d'honneur à ce type d'exposition en invitant deux commissaires reconnus à confronter leur vision de la création contemporaine pendant la FIAC et jusqu'en décembre. A suivre donc...
Pendant la folie consommatrice des foires, la galerie Anne de Villepoix prenait le parti de vernir une exposition de groupe baptisée "Résonance / Dissonance". Ce n'est pas la seule, loin s'en faut. Nombres de galeries ouvraient cette semaine des expositions qui se penchaient sur le fond et donnaient à voir des artistes que l'on voit peu. A commencer par BACKSLASH…
Pour saluer l'initiative bienvenue d'Anne de Villepoix, et parce qu'une de nos artistes, Charlotte Charbonnel, a été invitée à y participer, je tenais à dédier ce 25e épisode de SAMEDI, c'est GALERIES, sans "S" pour une fois. Quant aux très belles expositions dont j'ai entendu parlé et que je n'ai pas encore eu le temps de voir (comme tout le monde), je reviendrai dessus dans un prochain épisode.
Intitulée "Résonance / Dissonance", l'exposition fait se dialoguer 12 artistes dans des faces à faces des plus intéressants. Il sont connus ou en passe de le devenir, figuratifs ou radicalement conceptuels; la sélection est large, originale, éclectique. Bref, elle a tout pour nous/vous plaire. Petite visite.
Dans la première salle, deux dialogues se croisent. Ouvrant l'exposition, Vincent Mauger, artiste de la galerie Bertrand Grimont que l'on a vu absolument partout la semaine dernière (au Jardin des Tuileries, en Une du Monde...) et qui a son exposition personnelle juste à quelques pas. Il présente une sphère aux extrémités brûlées, reprenant à son compte les modélisations 3D mais en les matérialisant dans le réel, avec une économie de moyens surprenante, et qui fait directement écho à celle (l'économie de moyens) d'Aurélien Mole (les photographies collées à hauteur des yeux sur les angles de la pièce et au centre).
Dans la même pièce, Hankang Huang, dont l'habituel très beau dessin, précis et surréaliste, rentre en résonance ici avec une oeuvre d'Eduardo Sarabia, connu pour ses vases en céramique à l'iconographie très contemporaine et posés sur des cartons, le tout peint à la main (ici un bac oxxo posé lui-même sur un socle).




Dans la seconde salle, on découvre au contraire une dissonance extraordinaire, comme on aime à en voir de temps en temps tellement c'est réjouissant : une très imposante peinture de Xie Lei, très en couleur avec un arc-en-ciel qui monopolise le regard, est placée à l'exact opposé d'un tas de néons majoritairement éteints, dont un seul, placé à l'avant, clignote. On ne peut imaginer pareille opposition avec cette œuvre de Vincent Lemaire. Et finalement, cette différence totale sert totalement les deux propos...

Ce choc passé, la 3e salle est, elle, toute en harmonie. Sur le mur de droite, les œuvres de la très talentueuse Cathryn Boch dialoguent avec celles d'Omar Ba. Au centre de la pièce, deux sculptures, l'une de Charlotte Charbonnel, l'autre de Pascal Broccolichi, sont entourées d’œuvres accrochées de ces derniers. Intitulée "Parabols" avec beaucoup d'humour et de simplicité et constituée donc de deux paraboles, comme juchées sur leurs pieds et réunies par une boule en verre qui amplifie, la sculpture de Charlotte Charbonnel enveloppe toute l'exposition d'un son qui fait penser à la méditation tibétaine. Et ce son nous renvoie directement aux œuvres noires et astrales de Broccolichi installées de part et d'autres. On ne pouvait rêver meilleure résonance que celle-ci! Entre ces deux ensembles d’œuvres, elle est parfaite, sensible, presque naturelle. Et comme pour venir ajouter à mon propos, on aperçoit six sublimes dessins de Charbonnel, faits de limaille (de la poudre de fer) fossilisée sur une feuille de papier, là encore avec une sensibilité, une plasticité et une simplicité remarquables! 





Enfin, dans la dernière salle, des branchages comme en suspension (Marc Turlan) viennent faire écho aux photographies en noir et blanc d'Arnaud Lajeunie.


Vous avez encore du temps, mais allez-y vite!!
"Résonance / Dissonance"
Aurélien Mole / Vincent Mauger
Hankang Huang / Eduardo Sarabia
Xie Lei / Vincent Lemaire
Catryn Boch / Omar Ba
Pascal Broccolichi / Charlotte Charbonnel
Marc Turlan / Arnaud Lajeunie
jusqu'au 23 décembre
Galerie Anne de Villepoix
43 rue de Montmorency
mardi - samedi 11h - 19h
http://www.annedevillepoix.com
Vincent Mauger est représenté par la galerie Bertrand Grimont
Son exposition "Solutions techniques à des problèmes théoriques" est visible jusqu'au 30 novembre
47 rue de Montmorency
mardi - samedi 14h - 19h
http://www.bertrandgrimont.com/
Hankang Huang est représenté par la galerie Bertrand & Gruner
16 rue du Simplon
1207 Genève
http://www.bertrand-gruner.com/
Xie Lei, Eduardo Sarabia, Catryn Boch, Marc Turlan et Omar Ba sont représentés par la galerie Anne de Villepoix.
Charlotte Charbonnel est représentée par BACKSLASH Gallery
Son exposition personnelle s'y tiendra à partir du 17 mars
SAMEDI, c'est GALERIES (le 40e!) reprend après une petite pause, due au montage de notre exposition actuelle, pour s'intéresser à un très bel ensemble d’œuvres de Gregory Derenne que vous pouvez voir en ce moment à l'incontournable galerie Bertrand Grimont.
Ceux qui s'intéressent à l'art contemporain le plus pointu connaissent bien cette galerie de la rue de Montmorency que l'on peut retrouver également dans les foires prestigieuses et les revues de qualité.
Gregory Derenne est l'un de mes artistes favoris à la galerie. Je ne pouvais pas ne pas vous en parler ici.
Diplômé de l'ENSBA en 2007, l'artiste a un univers bien à lui, entre lumière aveuglante et obscurité. Ou plutôt, il part du noir pour nous amener vers la lumière, laissant une part d'ombre omniprésente. Le caractère dramatique de ses œuvres est renforcé par cette tension entre la précision de certains traits et l'évanescence qui caractérise les autres. Et c'est cette tension et cette maitrise qui vous marquent quand vous regardez les toiles de Gregory Derenne, qui prend à l'inverse comme sujets des environnements éphémères et souvent illusoires, se situant toujours en retrait ou d'un point de vue inhabituel, comme un peu mélancolique.
Après lui avoir consacré une première exposition personnelle en 2010, la galerie Grimont réitère avec conviction cette année. L'exposition se nomme "Sunlights" et montre un ensemble autour, surtout, des… cathédrales et églises! Encore une fois, l'artiste prend le contrepied de ce que l'on attend de lui et s'intéresse à ces monuments d'éternité. Vitraux et claire-voies sont prétextes à de superbes jeux de lumière et de couleurs tandis que piliers et architectures sont ceux de lignes de fuite qui rentrent dans l'obscurité.
Vous ne pourrez que vous perdre dans ces œuvres pleines de grâce et de subtilité!









Gregory Derenne
"Sunlights"
jusqu'au 7 juin
Galerie Bertrand Grimont
47 rue de Montmorency
mardi - samedi 14h-19h
http://www.bertrandgrimont.com
En parlant d’Art à Paris… avec du retard…
Un soir de vernissage comme les autres, mais cette fois, on est accueilli d’entrée par le gratin du monde de l’art ! Pour ne citer qu’eux : Henri-François Debailleux, Philippe Piguet, Larry Gagosian, François Pinault, Marin Karmitz, Amaury de Solages…
Et c’est Joël Ducorroy qui nous propose cette balade dans l’antre du marché de l’art, sur le stand de la galerie Baudoin-Lebon. Fun, isn’t it ?
Un peu plus loin, la nouvelle recrue Templon : Kehinde Wiley et ses fameux portraits de jeunes issus de la rue sur des fonds de tableaux anciens. On adore !
Et on adore aussi la vision de Chiharu Shiota, une robe de poupée (ou de jeune baptisée) dans ses imbroglios de fils, qui fait penser à une hommage quelque peu mortuaire.
On fait quelques pas, on continue l’allée et on tombe sur le stand de Catherine Issert. Respect total ! Un stand magnifique où la sobriété rivalise avec la beauté de chaque pièce présentée.
Que ce soit François Morellet, Pascal Pinaud, Claude Viallat ou encore Xavier Theunis, toutes les œuvres s’admirent une par une et ne laissent aucune place au doute ou à l'à-peu-près. Bravo ! Incontestablement le grand moment de la foire !
Des ballons en ciment flottent au-dessus du stand de De Primi Fine Art.
Une belle sélection chez Catherine Houard…
Un sublime Bruno Peinado chez Mario Mauroner Contemporary !
La sobriété classieuse du stand d’Ilan Engel et le brio des photographies de Stephan Crasneanscki dans lesquelles on ne découvre la couleur qu’au plus près. Chapeau !
Les copains de la galerie Paris-Beijing !!! Toujours un monde fou sur leur stand et ça fait plaisir ! Le top de la création contemporaine chinoise mais pas que, on appréciera Nandan Ghiya ou Jean-Francois Rauzier.
Next booth is Bertrand Grimont ! Linda Sanchez présente un « tissu de sable », comme abandonné sur le sol, qui traduit une forme de poésie quasi abstraite où la matérialité deviendrait une sorte de nécessité créatrice.
Voilà, la première édition de Guillaume Piens pour Art Paris. Résultat : de très très beaux stands mais aussi des doutes sur certains (dont je n’ai pas parlé… diplomatie oblige), une impression de second marché très forte également. Voyons sur la durée…

































