Un 24e rendez-vous de SAMEDI, c'est GALERIES dans la tumulte des foires, des vernissages, des nocturnes, des rencontres, etc. Pour BACKSLASH aussi. Mais j'ai quand même pris le temps, poussée par la curiosité, d'aller à la rencontre de nouvelles galeries, de nouveaux espaces ou de nouveaux artistes. Petit tour (non exhaustif).
Je ne pouvais pas manquer de vous parler de la galerie Baudouin Lebon qui a déménagé dans notre quartier, rue Charles-François Dupuis, tout près du carreau du Temple, après avoir officié longtemps (plus de 10 ans) rue Sainte Croix de la Bretonnerie. L'espace est beau, bien conçu et nous souhaitons à toute l'équipe la bienvenue!
Après une exposition d'ouverture en septembre dédicacée aux lauréats du prix HSBC pour la Photographie, la galerie présente, avec le collectif "On the Roof" et dans le cadre de la Biennale du Musée du Quai Branly, "Synchronicity" consacrée à 12 photographes originaires du continent africain, et qui prennent pour sujet, comme l'indique le titre, une urbanité toute personnelle.
Parmi ces artistes, peu connus ou peu montrés à Paris, on retrouve pourtant Malala Andrialavidrazana, originaire de Madagascar mais que l'on connait dans le milieu parisien pour ses photographies du monde entier où elle s'intéresse à l'envers du décor dans des mégalopoles en pleine mutation. Elle donne ici à voir, avec la série "Ny Any Way", l'intimité de la société malgache d'aujourd'hui.
Entre autres, on découvre 4 très belles photographies de la série "Ecstatics" du nigérien Abraham Oghobase, très colorées, où il se met en scène dans l'espace public. J'ai bien aimé aussi les deux œuvres très plastiques de François-Xavier Gbré sur les traces laissées par le temps, et également les clichés rétro de James Barnor qui nous plonge dans le Ghana des années 50 et 60.




Synchronicity
Malala Andrialavidrazana, James Barnor, Abraham Oghobase, Grace Ndiritu, Nkrumah, Calvin Dondo, Steeve Bauras, Amina Menia et Kiluanji Kia Henda
jusqu'au 20 novembre
La galerie est présente à Art Elysées.
Galerie Baudoin Lebon
8 rue charles-françois dupuis
mardi - samedi, 11h - 19h
http://www.baudoin-lebon.com/
Je n'ai pas pu résister non plus à passer devant le nouvel espace d'Eric Dupont au 138 rue Vieille du Temple, ouvert jeudi soir aux happy fews et pour tout le monde à partir de samedi! Si vous n'avez rien ce samedi soir, donc, c'est l'endroit où il faut se rendre.
Je vous ferais découvrir bien sûr ce nouvel écrin dans un prochain numéro. En attendant, je voulais juste rendre un hommage à Eric Dupont, galerie exigeant, modeste et vrai découvreur de talents qui défend le travail de "ses" artistes depuis 15 ans avec une conviction inébranlable. Personnellement, j'ai vu beaucoup de belles expositions dans son espace de la rue Chapon. J'ai donc hâte de découvrir les prochaines! Mention spéciale au nouveau site internet, très bien fait. En attendant, quelques vues…


PASCAL CONVERT
HISTORY - CHILDHOOD
15 octobre - 30 novembre
Vernissage le 15 octobre de 13h à 18h
Nocturne le jeudi 20 octobre jusqu'à 22h
Damien Cabanes sera présenté à la FIAC comme nominé du Prix Marcel Duchamp
STAND N° 0E.42
GALERIE ERIC DUPONT
138 rue du Temple
75003 PARIS
mardi - samedi, 11h - 19h
http://www.eric-dupont.com/
Comme j'étais à deux pas, je suis passée à la galerie Dukan Hourdequin qui montre actuellement pour la première fois en France les œuvres de l'artiste tchèque Richard Stipl. Proches (cela saute aux yeux) des célèbres têtes de Franz-Xavier Messerschmidt, ces sculptures en argile ou en résine, hyperréalistes, vont vous donner vraiment froid dans le dos! Vous serez prévenus!
Cela étant dit, il est plaisant d'essayer de déceler les multiples références présentes dans le travail, tant populaires qu'historiques.





Richard Stipl
Remembering Disasters
jusqu'au 15 octobre
galerie dukan hourdequin
24 rue Pastourelle
mardi - samedi, 11h - 19h
http://www.dukanhourdequin.com/
Direction ensuite une galerie qui vient tout juste d'ouvrir : la Galerie Sator, passage des Gravilliers (entre la rue du même nom et la rue Chapon). Quand on sait ce qu'était l'espace précédent, il faut féliciter le galeriste, Vincent Sator pour cette utilisation élégante de l'espace. (PS : et son salon cosy au sous-sol qui donne envie de rester.)
Cela ne gâche rien : l'ensemble des œuvres présentées pour cette première exposition est séduisant et très international (Russie, Chine, Japon, Grèce, Bulgarie et France). Cela mérite d'être souligné!. Les œuvres sont, à l'envi… :
Floues, avec les belles photographies d'Alexei Vassiliev.
Tricoteuses selon Muriel Decaillet.
...
Mégalo, non, Indispensables : Raphaël Denis propose ses messages aux collectionneurs d'art contemporain, entre cynisme et double jeu, que personnellement je trouve hilarants, et en même temps, ils touchent à un point fondamental du monde de l'art.
Vous pourrez retrouvez une très belle installation monumentale de Raphaël Denis à Chic Art Fair la semaine prochaine ainsi que quelques uns de ses messages chez… BACKSLASH dans notre prochaine exposition! La galerie Sator lui consacrera une exposition personnelle en novembre et décembre.





INCIPIT
Alexei Vassiliev, Yevgeniy Fiks, Igor Makarevich, Muriel Decaillet, Raphaël Denis, Yan Heng, Yu Hirai, Kristina Irobalieva, Evangelia Kranioti et Gabriel Léger
jusqu'au 19 novembre
Galerie Vincent Sator
8 passage des Gravilliers
mardi - samedi, 14h - 19h
http://galeriesator.com/
Et enfin, cela faisait un bon mois que je voulais en parler : une nouvelle galerie s'est ouverte rue Chapon, à deux pas de Sémiose et Zürcher. La galerie ALB, pour Anouk Le Bourdiec, interpelle les passants avec sa devanture rouge. Mais c'est son important capital sympathie qui vous retient dans la galerie. Encore un(e) de ses jeunes galeristes qui vous accueille avec gentillesse, ouvert(e) aux questions, débonnaire. Ce qui me permet de me poser une question : que se passe-t-il lorsque l'on devient plus reconnu? Il doit forcément y avoir quelque chose qui change tant la différence de ton est flagrante. Mais je m'éloigne de mon sujet.
C'est donc depuis le 8 septembre que l'on vous accueille avec joie à la galerie ALB, qui présente le second volet de son exposition inaugurale. J'aime bien ce choix de rester dans des médiums traditionnels mais sous des formes qui ne lassent pas de vous surprendre, avec notamment l'oeuvre sur papier de Samuel Martin ou la tension présente dans la toile idyllique d'Yves Gobart. On est attiré aussi par la lumière rose qui se dégage du sous-sol. On se demande bien ce que l'on va y trouver lorsque la galeriste vous propose de descendre...




Samuel Martin, Yves Gobart, Aurélie de la Cadière, Etienne Hacquin, Sonia Foulc
jusqu'au 23 novembre
La galerie participe à Cutlog avec l'oeuvre "Remy" d'Aurélie de la Cadière (le néon)
Galerie ALB
64 rue Chapon
www.galeriealb.com
mardi - samedi, 11h - 19h
Le blog de BACKSLASH sort enfin de sa léthargie, après la traditionnelle (petite) pause de Noël et un vernissage intense!
BACKSLASH vous promet cette année encore beaucoup d'expositions de qualité, d'artistes à découvrir et, bien sûr, chaque semaine des articles sur l'actualité du monde de l'art.
Pour inaugurer cette année 2012, voici donc de nouveau le désormais incontournable SAMEDI, c'est GALERIES! L'idée de ce rendez-vous est parti d'une frustration que les galeristes curieux connaissent bien : comment continuer à aller découvrir les galeries et ce qu'elles proposent quand son propre emploi du temps est le même? A BACKSLASH, nous avons trouvé une solution : se faire plaisir d'abord, rester attentif, tout en en faisant profiter le plus grand nombre. (J'en profite aussi pour remercier par la même occasion mes associés, qui me laissent vagabonder tranquillement.)
SAMEDI, c'est GALERIES est forcément subjectif et très didactique. Il est à l'origine de beaucoup de belles rencontres. J'espère que vous resterez nombreux à nous suivre!
Je ne suis pas allée très loin aujourd'hui : la pétillante rue Chapon a suffit à satisfaire mon appétit de découvertes. Nombreuses sont les galeries qui ont vernies, comme nous, samedi dernier. Nombreuses sont celles qui sont à visiter régulièrement.
Pour commencer, le versant Est de la rue, au numéro 13, avec la hautement sympathique galerie Isabelle Gounod, qui jouxte celle de Claudine Papillon. Elle propose une excellente exposition de Claire Tabouret qui se nomme "L'île" et qui englobe autant les idées de l'exil et de l'isolement que celles de la traversée et de l'aventure. Les grandes ou les petites toiles donnent en effet immédiatement une double impression saisissante : elles ont une dimension universelle et sont en même temps tellement actuelles. Entre chien et loup, pour reprendre l'expression de l'artiste, reprise par Claire Taillandier qui a écrit le communiqué, les œuvres de Claire Tabouret sont inquiétantes et sombres mais emplies de sérénité, quelque part entre le sujet intemporel du radeau de la méduse et l'espoir des peuples migrants d'aujourd'hui entassés dans de petites embarcations en route vers un monde "meilleur"…
Avant de laisser la place aux images, je vous laisse lire les propres mots de l'artiste :
"L’île tout comme la peinture est un endroit de solitude.
Un espace délimité qui, de par sa contrainte même, rend la liberté possible.
Des images attrapées à la volée sur internet, dans les journaux télévisés, sont le point de départ de mes tableaux. La peinture me permet de resserrer ce que ces flux d’images dispersent.
Peindre une de ces visions c’est pour moi presser l’image, l’essorer, j’essaye d’en extraire une lumière interne, un indice ténu. Il me faut parfois peindre plusieurs tableaux pour épuiser une image. De là viennent les séries.
Je me suis toujours intéressée aux personnages et situations qui ne rentrent pas dans des cases. À la difficulté à dire d’où l’on vient, ce que l’on est. Entre un pays et un autre, entre féminin et masculin, entre chien et loup.
Mes peintures s’installent à jamais dans ces moments de bascule, d'ambiguïté.
Il s’agit de resserrer mon attention sur l’oscillation entre la puissance narrative de ces images et la réalité de la peinture. Comme un funambule sur son fil, j’essaye de trouver un équilibre délicat. Une position à réajuster sans cesse.
"
Claire Tabouret, Marseille. Avril 2011





Claire Tabouret
L'ÎLE
jusqu'au 18 février
Galerie Isabelle Gounod
13 rue Chapon
mardi - samedi, 11h - 19h
http://www.galerie-gounod.com
L'exposition de Didier Trenet, "Championne de descente", chez Claudine et Marion Papillon nous accueille en effet avec un air de triomphe, un immense V de la victoire version vanille chocolat. Plus loin, un dessin serti d'éclats de verre. Encore après, des verges dans un sous-bois. Les œuvres rassemblées ici, si elles ont plus ou moins retenues mon attention, témoignent toutes d'un équilibre entre maîtrise technique et art de la plaisanterie. Un positionnement salutaire tant le cynisme a de plus en plus tendance à remplacer cette idée de la plaisanterie, franche et intelligente, cocasse et qui fait sourire intelligemment sans arrières pensées.




Didier Trenet
Championne de descente
jusqu'au 20 janvier et du 25 janvier au 25 février
Galerie Claudine Papillon
13 rue Chapon
http://www.claudinepapillon.com/
mardi - samedi, 11h - 19h
La tête ailleurs, je traverse de nouveau la rue Beaubourg, direction le versant Ouest de la rue Chapon. La première galerie sur ma route est la galerie Eva Hober, avec une exposition de Damien Cadio qui m'avait été fortement recommandée par un autre artiste, d'ailleurs grand collectionneur du premier.
J'avoue que dès le départ, avec les deux grands formats dans l'entrée, l'un présentant un homme en combinaison de plongée et l'autre deux escargots s'enlaçant, avec leur bave (?) comme point d'orgue, j'ai été vraiment charmée. Mon amour des escargots mis à part, on se laisse facilement emmener dans l'univers de ces grands formats sombres. Dans la salle principale, un grand tableau vraiment intrigant, qui m'a fait penser à une scène de film, fait face à une multitude de petits formats, "non spectaculaires", envers lesquels, nous dit le communiqué de presse, l'artiste a une préférence. Ils n'en sont pas moins forts pour autant ici. Autant de scènes étranges, dont on peut partir pour se raconter une histoire, se succèdent pour la plus grande joie du visiteur.





DAMIEN CADIO
TUPELO
jusqu'au 11 février
GALERIE EVA HOBER
35-37 rue Chapon
mardi-samedi, 11H-19H
http://www.evahober.com/
En face, on m'a beaucoup parlé aussi de l'exposition de Julien Tiberi organisée par la galerie Sémiose. Marc Bembekoff, commissaire du Palais de Tokyo, en a écrit le communiqué (l'artiste y a présenté son travail l'année dernière). Deux séries distinctes y sont présentées, de part et d'autre de l'espace. A gauche, l'artiste mêle avec habileté et humour sujets contemporains et esthétique de la caricature du XIXe dans la série "Riristi.mes Unlimited (A Constructed World)". A droite, toujours dans une esthétique XIXe, la série "Le Salon" (2007-2011) évoque tour à tour une foire du Concours Lépine de l'époque, avec "lampes à huile et autres prototypes de lampes électriques d’Edison", et une sorte d'exposition caricaturale des ancêtres du néon, dont le parallèle avec notre monde contemporain laisse songeur...
Suit ensuite une série de miroirs, qui m'ont laissé plus perplexe.
De magnifiques tableaux viennent également ponctuer l'espace. Somptueux. Initiées en 2007, ces œuvres font partie de la série "El astro de la suera" et montrent des vues nocturnes de la frontière américano-mexicaine près de Tijuana. Outre leur sujet, aux nombreuses références, très contemporain, la technique (un grattage de la couche de peinture noire mate recouvrant une plaque d’Isoler) permet une suggestion du sujet grâce à des noirs mats où l'on se perd...







Julien Tiberi
jusqu'au 11 février
Semiose
54 rue Chapon
mardi-samedi, 11H-19H
http://www.semiose.fr/
Je file ensuite découvrir une exposition toute en poésie et en recherche formelle chez Zürcher : "Renaissance", de Wang Keping. Un des fondateurs du premier groupe d’artistes chinois non-officiels, Xing Xing, à la fin des années 1970, dont a fait parti Ai Wei Wei, l'artiste est déjà bien identifié. Après des œuvres plus politiques dans les années 80, son travail s'est développé de manière plus formelle. Sont présentées ici des sculptures en bois, patinée au feu, imposantes par leur taille, que vous avez peut-être eu l'occasion de découvrir, notamment au Musée Cernuschi l'année dernière. Le bois y est travaillé en respect avec la matière brute, en accompagnant les formes naturelles du bois, et dans une simplicité qui sublime le corps féminin.





WANG Keping
Renaissance
jusqu'au 29 février
ZÜRCHER
56, rue Chapon
mardi-samedi / 12h - 19h
http://www.galeriezurcher.com
Je finis par la jeune galerie ALB tenue par Anouk Le Bourdiec qui présente sa quatrième exposition. Accueillie avec beaucoup de bonne humeur, je découvre les œuvres toute en finesse de Jean-Baptiste Perrot dont le travail joue sur les interstices, les trames et les enjeux de la représentation. L'illusion de la réalité et de ce que l'on perçoit est au cœur tant du sujet, entre abstraction et figuration, sorte d'images hypnotiques de ce qu'on devine être des architectures (ou bien est-ce des maquettes?), que de la technique : impression, gravure, dessin? Une réflexion sur le flou et le grésillement hautement menée.
A noter que la galerie, avec quelques "galeries amies", a initié un petit parcours de jeunes galeries du quartier. Des découvertes à venir!


Jean-Baptiste Perrot
Schéma directeur
jusqu'au 21 février
Galerie ALB ANOUKLEBOURDIEC
64 rue Chapon
mar - dim : 11:00 - 20:00

































