Backslash gallery

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April 2012

SAMEDI, c’est GALERIES #39

Friday, 27 April 2012 14:16 Published in Blog

Après avoir passé une semaine à voir le magnifique stand commun de mes confrères Ilan Engel et Odile Ouizeman sur SLICK Brussels (compte-rendu à venir sur le blog), il me tenait à cœur de visiter enfin la galerie d'Ilan Engel rue des Archives, juste entre la rue de Bretagne et la rue Pastourelle.

Quand Ilan Engel vous parle d'une œuvre, il vous fait voyager. Et quelles œuvres! Nous avions adoré son stand minimaliste et radical à Art Paris. Celui de SLICK Brussels ne l'était pas moins. Et que dire de l'exposition actuelle à la galerie!


Direction donc la rue des Archives, au premier étage où l'on est chaleureusement accueilli. Samuel Bianchini présente "Opération Opération", sa première exposition personnelle  à la galerie. Il y déploie trois installations où le geste occupe une place de choix, que ce soit dans l'interaction ou dans l'image elle-même.


Montrée au Centre Pompidou il y a un an dans le cadre de l'exposition Hors Pistes, "D'autant qu'à plusieurs" est une installation interactive où l'on voit l'image reproduite à l'infini de deux personnes assises l'une derrière l'autre sur un gradin. Bien que l'on sente la dimension fondamentale du collectif et du politique, l'image reste un symbole, impossible à situer précisément. Meeting politique? Événement sportif? A chacun de se construire son propre contexte, sa propre histoire. Mais surtout, chacun peut, avec son curseur, faire applaudir et se lever les deux personnages, provoquant une sorte de "ola" qui surprend et amuse.














D’autant qu’à plusieurs, 2001
Dispositif interactif sur le web et installation
Pupitre tactile incliné, ordinateur, écran haute définition ou mono ou multi vidéo-projection

Développement informatique : Emmanuel Méhois (web) et Oussama Mubarak (installation)
Courtesy Ilan Engel Gallery, Paris

+ d'infos sur :
http://www.dispotheque.org/doc/dautan/fr/index2.htm


Dans la même pièce, on découvre "All Over", une création sur internet inspirée de l'Ascii Art, méthode d'affichage utilisée dans les débuts de l'informatique, où des images représentant des scènes indéfinies sont formées par des caractères typographiques, chiffres et devises. Au départ fixes, ces images se mettent en mouvement en fonction des flux boursiers du monde entier captés en temps réel. On se retrouve dans une double sensation contradictoire: à la fois spectateur face à la réalité des mouvements boursiers, à la fois admirateur de l'image qui est devant nous...













All Over, 2009
Dispositif sur internet
Réalisation informatique : Oussama Mubarak

Projet produit par le Jeu de Paume pour son “Espace virtuel”, commissariat : Marta Ponsa

En partenariat avec Corbis France
Courtesy Ilan Engel Gallery, Paris

A voir sur :
http://www.dispotheque.org/allover/




Dans le bureau, l'installation interactive, "Tous ensemble" est une série d'images représentant la même vue d'un boulevard vide, où un protagoniste, un manifestant, est présent, chaque fois différemment. Certains portent des pancartes, d'autres des banderoles ou encore des drapeaux. Plusieurs souris vous invitent à faire avancer le personnage mais toute la tension se situe dans le fait que tous les "utilisateurs" présents doivent composer ensemble : toutes les souris contrôlent un seul et même curseur…













Tous ensemble, 2007
Installation interactive
Socle, souris, ordinateur, vidéoprojection
Développement informatique : Emmanuel Méhois

Animations : Pascal Loddo et Patrick Hepner
Production : Dispothèque, avec le soutien du Citu Université Paris 8

Remerciements : Michèle Senghor
Courtesy Ilan Engel Gallery, Paris

+ d'infos sur :
http://www.dispotheque.org/doc/tousensemble/fr/index2.htm



Belle réflexion sur l'être ensemble, d'une actualité absolument parfaite.
Chapeau bas devant tant d'audace, M. Engel!



Samuel Bianchini
"Opération Opération"
jusqu'au 12 mai

ilan engel gallery
77 rue des Archives
Mardi - Samedi, 14h - 19h
http://www.ilanengelgallery.com

Artistes :
Stephan Crasneanscki
Christophe Dugied
Arnaud de Gramont
Mihai Mangiulea
Eric Michel
Julien Segard
Olivier Sémon
Yannig Willmann

 

Cet après midi, c’est Franck Scurti qui reçoit Backslash pour la visite de son atelier. Amateur de poésie, artiste aux multiples facettes , il vient d’ailleurs d’être nominé pour le prochain prix Marcel Duchamp, ce qui en dit dit long sur sa carrière.

Retour en 1999: Tout bascule pour lui. Las de livrer des oeuvres sous la forme de projets définis par des budgets de production, Franck Scurti décide de revenir à l’essence du geste artistique: la spontanéité et la simplicité. S’affranchir des problématiques de production pour retrouver un rapport direct aux objets et à la création. Loin de Jeff Koons ou Damien Hirst, il confie volontiers que tous les deux, ils n’ont pas le “même métier”. Pas de cravate ni d’attache case pour lui. Revenir au contact des matériaux, altérer, transformer, manipuler les machines et les process de production disparaissent au profits des main, de l’oeil et de l’inspiration

Depuis cette rupture, tout son univers s’est concentré autour de rencontres avec les formes diverses de la vie. Un objet, la rue, les gens qui y déambulent ou encore même l’actualité. L’artiste trouve son inspiration dans ces rencontres et s’attache ensuite a retrouver l’essences des choses. Certain objets se voient ainsi sacralisé comme une table de travail qui après avoir accueilli les oeuvres de l'artiste accède à son tour, comme par une forme de de reconnaissance, au statut d’oeuvre.


"Working table, 2012"

En retravaillant la surface de la table, maculée par les heures de travail, Franck Scurti nous livre une pièce qui allie une esthétique informelle et la rigueur du Bahaus par l’adjonction d’une lampe.

D’autres comme la pièce de Bridget Riley sont rendues anecdotiques par une reproduction empreinte de nonchalance et/ou par leurs mise au second plan.


"Bridget's comb, 2008"

Dans cette série de pièces, l’artiste dénonce le manque de sens qu’il ressent dans l’art optique et ré évalue la pièce via l’adjonction d’un peigne qui reclasse l’oeuvre de Riley dans une dimension décorative.

Les enseignes qui nous dominent, tombent au sol et les pierres sans intérêt au yeux de tous deviennent des oeuvres.

Cf les reflets, 2003: http://www.franckscurti.net/street_reflets_fr.php


Enseignes lumineuses, Dimensions variables
Neon signs, Various dimensions

Ces 2 derniers exemples illustrent bien le concept de rencontres.

C’est le reflet de l’enseigne de la pharmacie de sa rue sur le troittoir un soir de pluie qui conditionnera la base de la réflexion sur la série des enseignes.

Pour "Statement", l'artiste fît un rêve lors d'un séjour à Stockholm, celui d’une exposition dans laquelle chaque oeuvre avec une pierre collée dessus. Il pensait à ce rêve lorsqu’ Ulf Linde, célèbre critique d'art Suédois et ami de Duchamp lui adressa cette phrase: ” Art is a damned universal standing for nothing” qui se traduit par “l’art est une position universelle de merde qui ne représente rien”. Franck Scurti s’est alors lancé dans une série d’oeuvre où il écrit cette phrase à la main sur les pages bourse de journaux du monde entier en fixant une pierre dessus.

Une rencontre, un rêve qui devient réalité, Franck Scurti se définit comme un “chiffonier” très “fluxus” qui ne cherche pas le grandiose mais plutôt à nous livrer des oeuvres empreintes d’une forte dimension idéologique, une forme d’allégorie politique née d’une réflexion sur l’essence et les sens des choses. Un geste créatif qui s’éloigne de plus en plus des circuits de production; un geste spontané et manuel; le geste artistique.

SAMEDI, c’est GALERIES #38

Friday, 06 April 2012 14:50 Published in Blog

Cela faisait des semaines que je passais devant cette vitrine opaque de la rue de Notre-Dame de Nazareth, essayant d'entr'apercevoir l'espace. Mais Philippe Riss n'a rien laissé filtrer. Le suspens total. J'ai bien essayé de le cuisiner sur son stand à Drawing Now. Mais rien à faire! C'est hier que j'ai pu enfin découvrir l'Xpo Gallery!

Xpo Gallery a d'abord été anglaise, installée dans le South London pendant 3 ans, non loin de Stockwell et Clapham, avant d'ouvrir à Paris dans notre cher quartier du Haut Marais.

C'est dans un espace original et refait à la perfection, que Philippe Riss nous recevait hier soir. La galerie a été inaugurée avec une exposition personnelle de Cédric Quissola, que vous avez peut-être remarqué également la semaine dernière au salon du dessin.





4 séries de dessins aux identités imprécises se déploient sur les murs.


La première est celle des vanités instantanées où chaque dessin est une tentative échouée du portrait. Eloge de l'erreur et de la frustration que viennent presque contredire des couleurs acidulées. Les visages sont chaque fois dissimulés derrière des formes improbables.






Flou tranchant
67 x 74 cm, crayons de couleur sur papier


Le pouce malheureux
67 x 74 cm, crayons de couleur sur papier




La série en face s'appelle (Dés)illusions. C'est un très beau jeu entre un gaufrage, chaque fois identique, qui représente une sorte de roc de papier, ou des cristaux aux formes complexes. Toujours le même protagoniste, minuscule et touchant, dessiné au crayon de papier qui essaie de grimper, d'atteindre un but, un sommet, sans jamais y arriver… C'est très beau!






(Dés)illusion 1
64 x 44 cm, gaufrage & crayons de couleur sur papier



(Dés)illusion 5
64 x 44 cm, gaufrage & crayons de couleur sur papier




Ensuite, un étonnant ensemble de personnages étirés, reflets d'une "humanité augmentée". Portraits là encore mais de notre schizophrénie cette fois et de nos multiples identités virtuelles, extensions de nous-mêmes.









Humanité augmentée 2
35 x 56 cm, crayons de couleur sur papier


Humanité augmentée 4
26 x 54 cm, crayons de couleur sur papier



Pour finir sur ce portrait très contemporain et quelque peu désabusé, ceux d'enfants dont les visages vides nous parlent de conditionnement et de déterminisme culturel et social, de l'illusion du libre-arbitre...






Conditionnement 2
102 x 68 cm, huile sur papier


Conditionnement 4
102 x 68 cm, huile sur papier










Quand je dis que l'espace est refait à la perfection, je n'exagère pas! Cloisons surélevées, prises au sol, système d'éclairage absolument fantastique et entièrement modulable. Tout est dans la simplicité et l'excellence. "British" :  une grande classe mais avec beaucoup de modestie!

Xpo Gallery se veut résolument prospective, tournée vers l'avenir. Sa programmation donnera à voir toute une génération d'artistes qui ont grandi dans l'ère numérique, celle des mutations constantes, des superpositions, des références multiples et contradictoires, où la réalité est souvent modifiée ou dépassée par le virtuel. Les artistes représentés par Xpo Gallery s'interrogent sur la nature humaine devant ces nouvelles mutations, sur ce qui nous constitue, aujourd'hui, au XXIe siècle.

D'ailleurs, Xpo Gallery ne pouvait se permettre d'avoir un site Internet comme les autres. Elle a fait appel au talentueux graphiste Charles Beauté et à une jeune artiste que Backslash sait pleine d'avenir : Juliette Goiffon. C'est un hasard, mais ils exposeront non loin, à la Gaîté Lyrique, le 10 avril, pour les Editions Extraordinaires.


Cédric Quissola
Indécises identités
jusqu'au 13 mai

Xpo Gallery
17 rue Notre Dame de Nazareth
du mardi au samedi de 14h à 20h
http://www.xpogallery.com/

 

CHARLES BEAUTÉ

http://www.charlesbeaute.fr/

JULIETTE GOIFFON

http://www.juliettegoiffon.fr/

 

GLOBAL REPOSITIONNING SYSTEM
AVEC JULIETTE GOIFFON ET CHARLES BEAUTÉ
POUR LES ÉDITIONS EXTRAORDINAIRES
10 > 22 AVRIL
VERNISSAGE LE 10 AVRIL - 18H30 > 21H

GAÎTÉ LYRIQUE
3 BIS RUE PAPIN
75003 PARIS
WWW.GAITE-LYRIQUE.NET



J'en profite pour vous dévoiler la dernière édition du plan des Galeries du Haut Marais qui sera disponible dans les galeries d'ici quelques jours!!




















Rero casse la baraque !!!

Friday, 06 April 2012 13:32 Published in Blog

Rero casse la baraque !!!

Une vente, une cimaise qui s’effondre et Rero qui casse la baraque !!

Voici comment résumer la vente aux enchères de Street Art qui s’est déroulée hier à l’Hôtel Salomon de Rothschild sous le marteau de maître Pierre Cornette de Saint Cyr.
Alors que les derniers lots passent, j’entends des craquements bizarres venant de la cimaise devant laquelle je me trouve… Et là, je vois que ça commence à basculer dangereusement. Mon sang ne fait qu’un tour : courage, fuyons !!!

Heureusement, d’autres ont eu le réflexe contraire et sont accourus afin de soutenir l’immense cimaise qui supportait tout de même une bonne vingtaine d’œuvres. Je tiens ici à remercier un collectionneur bien connu de Backslash qui s’est courageusement élancé vers les deux toiles de Rero afin de les protéger !

Pas de blessé, mais par contre, quelques œuvres ont probablement souffert… Je n’en saurai pas plus, tout est immédiatement pris en main par la maison de vente.
Notons que l’étude avait certainement délégué l’accrochage.

Bref, la vente reprend après cet intermède et nous voici venus aux deux toiles de Rero, les derniers lots à passer.  Maître Pierre Cornette de Saint Cyr fait le show, parle d’un artiste devenu une référence dans le monde du Street Art et de sa galerie merveilleuse et dynamique (je ne pouvais pas ne pas mentionner cet aspect nécessaire à mon post) !
Bref, la première œuvre part à un très bon prix (déjà plus que l’estimation) et la seconde… à un excellent prix ! Backslash is delighted !!!!

Cette petite histoire de cimaise est aussi l’occasion pour moi d'écrire mon mécontentement face à un collectionneur peu scrupuleux que nous appellerons Monsieur Olivier D. Ce dernier a mis en vente une grande partie de sa collection et notamment des œuvres acquises depuis à peine deux ou trois semaines. Des œuvres de jeunes artistes qui n’ont pas encore d’intérêt à passer en vente et qui peuvent en souffrir fortement. Certains lots ont été ravalés et les cotes en éprouveront les conséquences !
Bravo Monsieur Olivier D. !!! La spéculation existe évidemment dans le monde de l’art mais parfois de la part d’imbéciles qui ne comprennent probablement pas grand chose à la création et dont le respect pour les artistes est certainement inexistant !

En parlant d’Art à Paris… avec du retard…

Tuesday, 03 April 2012 11:01 Published in Blog

En parlant d’Art à Paris… avec du retard…

Un soir de vernissage comme les autres, mais cette fois, on est accueilli d’entrée par le gratin du monde de l’art ! Pour ne citer qu’eux : Henri-François Debailleux, Philippe Piguet, Larry Gagosian, François Pinault, Marin Karmitz, Amaury de Solages…



Et c’est Joël Ducorroy qui nous propose cette balade dans l’antre du marché de l’art, sur le stand de la galerie Baudoin-Lebon. Fun, isn’t it ?

Un peu plus loin, la nouvelle recrue Templon : Kehinde Wiley et ses fameux portraits de jeunes issus de la rue sur des fonds de tableaux anciens. On adore !

Et on adore aussi la vision de Chiharu Shiota, une robe de poupée (ou de jeune baptisée) dans ses imbroglios de fils, qui fait penser à une hommage quelque peu mortuaire.


On fait quelques pas, on continue l’allée et on tombe sur le stand de Catherine Issert. Respect total ! Un stand magnifique où la sobriété rivalise avec la beauté de chaque pièce présentée.

Que ce soit François Morellet, Pascal Pinaud, Claude Viallat ou encore Xavier Theunis, toutes les œuvres s’admirent une par une et ne laissent aucune place au doute ou à l'à-peu-près. Bravo ! Incontestablement le grand moment de la foire !

Des ballons en ciment flottent au-dessus du stand de De Primi Fine Art.

Une belle sélection chez Catherine Houard…

Un sublime Bruno Peinado chez Mario Mauroner Contemporary !

La sobriété classieuse du stand d’Ilan Engel et le brio des photographies de Stephan Crasneanscki dans lesquelles on ne découvre la couleur qu’au plus près. Chapeau !

 

Les copains de la galerie Paris-Beijing !!! Toujours un monde fou sur leur stand et ça fait plaisir ! Le top de la création contemporaine chinoise mais pas que, on appréciera Nandan Ghiya ou Jean-Francois Rauzier.

Next booth is Bertrand Grimont ! Linda Sanchez présente un « tissu de sable », comme abandonné sur le sol, qui traduit une forme de poésie quasi abstraite où la matérialité deviendrait une sorte de nécessité créatrice.



Voilà, la première édition de Guillaume Piens pour Art Paris. Résultat : de très très beaux stands mais aussi des doutes sur certains (dont je n’ai pas parlé… diplomatie oblige), une impression de second marché très forte également. Voyons sur la durée…

 

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