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September 2011

SAMEDI, c'est GALERIES #22

Friday, 30 September 2011 17:11 Published in Blog

 

 

Les jours passent, la rentrée est chargée et il y a tant d'expositions de qualité à voir! Comme toutes les semaines, ce sont les galeries, reconnues ou plus confidentielles, dans un éclectisme réjouissant, qui sont célébrées. Cette semaine, je vous emmène du côté des galeries du 13e arrondissement, dont le dynamisme est connu et s'est enrichi d'autres structures, d'initiatives privées ou publiques.

 

 

 

On commence par l'espace tenu par Nathalie et Christophe Daviet-Thery qui présentent actuellement une édition de Pablo Bronstein ainsi que diversions publications.

 

 

 

 

Important façade, 2011

Gravure colorée à la main

56,5 x 147 cm

Edition de 7 + 3 EA signées et numérotées

photo:  rebecca fanuele. Courtesy Christophe Daviet-Thery, Paris

 

 

 

PABLO BRONSTEIN
BOOKS AND PRINT
jusqu'au 22 octobre

 

Christophe Daviet-Thery

34 rue Louise Weiss

du mardi au samedi de 11h à 19h

http://www.daviet-thery.com

http://davietthery.wordpress.com/

 

 

 

 

 

Je suis une grande admiratrice du travail de Jean-Luc Verna, que l'on a souvent eu l'occasion de voir ici ou là ces derniers temps, mais également de la galerie Air de Paris, certainement l'une des galeries les plus inventives que je connaisse. Cette fois, c'est avec une grande exposition personnelle que l'oeuvre de "La Verna" est célébrée, avec un titre que je trouve sublime : “Vous n’êtes pas un peu beaucoup maquillé ?” - “Non”.

J'avais vu passer pas mal de vues de l'exposition mais comme toujours, la visite vaut le détour. On se trouve dès l'entrée face à une oeuvre imposante et typique du travail de l'artiste : "Paramour", inspirée du célèbre logo des films Paramount, dont une autre version "Silver Paramor" est présentée un peu plus loin.

Une musique (rock) se déclenche soudain dans l'espace et confère à la visite une autre dimension, plus décontractée et plus totale.

On découvre en vrac : des tirages noir et blanc, portraits grand format de l'artiste dont le corps fait oeuvre, intimes et saisissants, classiques tout en étant d'une grande contemporanéité ; des transferts sur bois dont l'aspect un peu brut contraste avec la finesse des dessins (certains ont des excroissances de cheveux, de plumes ou de "perfectos"); des oeuvres en verre, dans une vitrine, d'une finesse incroyable.

Finalement, toute la magie de l'oeuvre de Jean-Luc Verna est là: à la fois inscrite dans un temps précis et absolument universelle, rebelle et choquante, en marge, et pourtant d'un classicisme absolu, digne, et pour finir d'une grande maîtrise plastique.

Quand on sort, on tombe sur la réjouissante "Glissade dans la merde" qui nous fait partir avec un sourire sur les lèvres...

 

 

Courtesy galerie Air de Paris

 

 

Courtesy galerie Air de Paris

 

 

Courtesy galerie Air de Paris

 

 

Courtesy galerie Air de Paris

 

 

Courtesy galerie Air de Paris

 

 

Courtesy galerie Air de Paris

 

 

Courtesy galerie Air de Paris

 

 

Courtesy galerie Air de Paris

 

 

 

JEAN-LUC VERNA
“Vous n’êtes pas un peu beaucoup maquillé ?” - “Non”
jusqu'au 15 octobre 2011

 

Air de Paris
32 rue Louise Weiss

du mardi au samedi de 11 h à 19 h

http://www.airdeparis.com

 

 

 

 

 

Vient ensuite, presque à l'opposé, une exposition du très dynamique designer Robert Stadler. Je préfère vous le dire d'emblée : je ne suis malheureusement pas du tout "calée" en design, ni en "art-design" dont j'entends parler depuis quelques temps. Mais il n'est point question de ce dernier. Bien que l'immense Robert Stadler ait bénéficié de très très nombreuses expositions et publications, c'est donc en néophyte que j'ai visité cette exposition chez Triple V.

Je préférerais citer le designer lui-même dans le texte écrit par Vincent Pecoil et qui m'a permis de mieux comprendre son propos :

 

« à quelques exceptions près, comme par exemple la diffusion de la cuisine américaine, le plan de nos appartements est toujours aussi statique, les objets se trouvent toujours à la même place et les territoires d'expérimentation individuelle sont toujours aussi rares : la sortie plafonnière reçoit une suspension sous laquelle est placée une table, autour de laquelle sont posées des chaises, et un peu plus loin une télévision fait face à un canapé. »

 

L'exposition nous invite donc à reconquérir une certaine liberté quand à notre intérieur, à s'affranchir des conventions en vigueur. Intéressant. J'ai pour ma part autant apprécié l'esthétique des propositions présentées que leur liberté nouvelle. Je vous laisse découvrir en images et dans le désordre un porte-manteau libéré de son mur habituellement statique, un "Bout de canapé" qui n'en est pas un, un plafonnier qui peut se déplacer et modifier la configuration habituelle de notre salon et, enfin, la proposition de consacrer mur entier d'un appartement à l'expression anarchique. Cela donne presque envie de s'y mettre en rentrant.

 

 

Courtesy Triple V, Paris. Photos © droits réservés

 

 

Courtesy Triple V, Paris. Photos © droits réservés

 

 

Courtesy Triple V, Paris. Photos © droits réservés

 

 

Courtesy Triple V, Paris. Photos © droits réservés

 

 

Courtesy Triple V, Paris. Photos © droits réservés

 

 

Courtesy Triple V, Paris. Photos © droits réservés

 

 

Robert Stadler bénéficie également de deux autres expositions personnelles chez Carpenters Workshop Gallery jusqu'au 12 novembre, à Londres et à Paris (dans l'ancien espace de la Galerie de France).

 

 

Robert Stadler Wild at Home

jusqu'au 15 octobre

 

Triple V

24 rue Louise Weiss

du mardi au samedi de 11h à 19h

http://triple-v.fr/

 

 

 

 

On arrive ensuite, en ligne droite, à l'espace parisien du cneai, le centre national d'art imprimé situé à Chatou, dont la programmation est très dynamique (conférences, performances, invitations, etc.) A l'occasion de la sortie du n°5 de la revue " J'aime beaucoup ce que vous faites...  de Christian ALANDETE et Agnès VIOLEAU, le cneai propose jusqu'à demain une exposition de John Cornu, dont j'aime beaucoup le travail. L'artiste présente notamment 25 polyèdres (en béton?) comme tirés par magie d'une gravure d'Albrecht Dürer, Melencolia I, qui donne son titre à l'ensemble. Un bel ensemble de tirages, joliment abstraits, en réalité des gouttes de pluie photographiées de nuit, vient compléter l'ensemble.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

John Cornu

Melencolia
jusqu'au 1er octobre

 

cneai de paris
20 rue Louise Weiss
du mardi au samedi 11h - 19h
http://www.cneai.com

 

 

 

 

Une découverte, un peu plus loin, lorsque l'on s'aventure rue Duchefdelaville : Display art projects, bureau de conseil en art  créé par Liza Szlezynger dont les activités multiples se traduisent aussi par des expositions. En ce moment, une collaboration très graphique entre  Karina Bisch et Mai-Thu Perret, la trentaine, qui se sont inspirées d'un motif de 1924 composée par Varvara Stepanova (la femme de Rodchenko et figure du constructivisme). Les tableaux de Karina Bisch font écho au papier peint de Mai-Thu Perret dans un effet saisissant!

 

 

Crédit photo : Rebecca Fanuele. Courtesy DISPLAY art projects, Paris

 

 

KARINA BISCH et MAI-THU PERRET
PATTERN
jusqu'au 29 octobre

 

DISPLAY art projects
10 rue Duchefdelaville

Sur rendez-vous et le jeudi et le vendredi de 14h à 19h
http://www.display-artprojects.com

 

 

 

 

 

Et pour finir, rue du Chevaleret, entre les deux grandes expositions annuelles de la collection Rosenblum, Steve et Chiara Rosenblum reçoivent pour quelques jours les lauréats 2011 des Amis des Beaux-Arts de Paris. Il faut oser passer la porte, que dis-je, l'immense entrée noire monumentale, suivre les panneaux, résister à la tentation de voir ce qu'il se trame derrière les murs, longer des couloir et monter des escaliers. Parce qu'à l'arrivée, il y a une modeste mais très belle exposition.

Sur une proposition du label hypothèse, "comme elle vient" propose une exposition efficace des différents lauréats des prix décernés cette année par les Amis des Beaux-Arts. Personnellement, j'ai beaucoup aimé la très impressionnante sculpture de Sarah Feuillas, toute en équilibre, ainsi que les "dessins" de Mathieu Bonardet, étudiant en 4e année, dont la finesse et la simplicité m'ont touché. Ceux qui me connaissent ne s'étonneront pas de mon inclination pour ce type de travail.

Très belles également, les oeuvres sur papier de Claire Chesnier qui s'étendent et font respirer l'ensemble. Enfin, la vidéo END credits d'Achraf Touloub qui détourne avec humour le générique d'un film pour en faire tout autre chose...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

comme elle vient
Mathieu Bonardet - prix agnès b.

Claire Chesnier - prix agnès b.

Marin Esteban - prix de la Fondation Jean-François et Marie-Laure de Clermont-Tonnerre

Sarah Feuillas - prix de la Fondation Venet

Jean-Baptiste Moreira Bessa - prix Aurige Finance
Achraf Touloub - prix Thaddaeus Ropac

une proposition du label hypothèse

jusqu'au 1er octobre de 10h30 à 18h30

 

Rosenblum Collection & Friends
183 rue du Chevaleret
http://rosenblumcollection.fr/

 

 

 

Et bien sûr, non loin de là et parce qu'il fait un temps à continuer la ballade, vous pouvez également passer chez Three Star Books (sur rendez-vous) qui présente Simon Starling et au très pointu centre d'art Bétonsalon.

 

SIMON STARLING
jusqu'au 14 octobre

 

Three Star Books
49 rue Albert

sur rendez-vous du lundi au vendredi de 10h à 18h
http://www.threestarbooks.com

 


JIKKEN KÖBÖ
Commissariat : Mélanie Mermod
jusqu'au 29 octobre

 

Bétonsalon
9 esplanade Pierre Vidal-Naquet
http://www.betonsalon.net

 

Pour toute information, le site internet du quartier : http://www.louise13.fr/

 

L'arroseur arrosé.

Saturday, 24 September 2011 15:28 Published in Blog

Les boîtes aux lettres qui ornent nos rues souffrent souvent, à bon ou à mauvais escient, d'inspirations artistiques diverses. Tags, collages, graphittis, elles font partie intégrante de nos rues et les artistes qui y sévissent l’ont bien assimilé.

Aussi furent-ils relativement surpris de se trouver inviter directement  par le directeur de l’Adresse, le Musée de la Poste, à le faire en toute impunité. Idée originale, véritable ‘insight’, la Poste à su comprendre cette tendance et lui faire une place entière dans son propre musée.

Jay one, RERO, Tanq, Speedy Graphito, Mr Brainwash, AlexOne, L’Atlas, jeff aérosol, pour ne citer qu’eux, se sont prêtés au jeu de la réinterprétation d’une boite aux lettres fournie par la Poste.

Je me souviens d’un slogan publicitaire de la Poste qui disait ‘On a tous à y gagner’ ; cela n’a jamais été aussi vrai !

 

 

 

 

 

 

 

 

On n’est jamais si bien servi que par soi-même !

Saturday, 24 September 2011 14:28 Published in Blog

 

La controverse enfle mais l’Afrique du Sud reste muette…

Reprenons les faits : La 54e Biennale de Venise (6 juin – 21 novembre 2011) accueille dans son pavillon sud-africain les travaux des artistes Siemon Allen, Lyndi Sales, Mary Sibande et Zwelethu Mthethwa sous le commissariat de Lethole Mokoena accompagné du curateur Thembinkosi Goniwe. Vous me suivez toujours ?

C’est là que le bât blesse ! Le blog Panga Management vient de révéler que Lethole Mokoena est aussi galeriste (plus connu sous le nom de Monna Mokoena) et que deux des artistes qu’il représente ont été sélectionnés pour le pavillon, à savoir Lyndi Sales et Mary Sibande (voir plus haut)

Second scoop : le galeriste serait également un ami proche du ministre des arts et de la culture sud-africain ! Pour le moment, aucun des concernés ne dément ni ne confirme ces faits…

Seule conséquence connue : l’artiste Zwelethu Mthethwa a décidé de se retirer de la biennale à cause du « manque de transparence » de l’affaire. A suivre…

Mary Sibande

Samedi, c’est galeries # 21

Friday, 23 September 2011 16:09 Published in Blog

La rentrée nous a tous comblés en termes de vernissages. Essayons de ne pas compter le nombre de nouvelles expositions rien que dans le 3me arrondissement de Paris. Pour vous faciliter les choix, je vous propose la sélection du quartier qui n’en finit plus de monter :  le haut Marais.

 

Russian Tea Room

Nouvelle venue dans le quartier et nous lui souhaitons le meilleur, la Russian Tea Room propose un espace d’exposition spécialisé dans la photographie au rez-de-chaussée et un lieu hybride de conversation, rencontre, conférence, bibliothèque en sous-sol. Mais nous nous concentrerons sur l’exposition d’ouverture, group show de deux photographes, le japonais Shunsuke Ohno et le russe Dmitry Sokolenko. La fractalité est le thème de l’exposition. Fractalité : concept qui définit des objets dont la structure ne varie pas par changement d’échelle.

Shunsuke Ohno propose une vision pascalienne de l’infiniment grand et l’infiniment petit de Tokyo. Chaque particule de la ville est disséquée dans une approche à la fois globale et sacrée. Sacrée de par le titre de la série : Mandala.

 

Dimitry Sokolenko se concentre, lui, sur le petit. Chaque image, composée d’une infinité de pixels, devient langage visuel même dont le spectateur trouve quelques éléments d’interprétation dans les titres des œuvres liés à des personnages ou des évènements connus, notamment les attentats du World Trade Center.



Russian Tea Room

Dmitry Sokolenko et Shunsuke Ohno, Fractal : 10 septembre – 29 octobre 2011

42 rue Volta

75003 Paris

Mardi au samedi 11h-19h

 

Gabriel & Gabriel

Le travail du photographe Thomas Devaux s’inspire fortement de son expérience dans le monde de la mode. Ce sont à la fois les modèles et les personnalités photographiées mais également les matières et les objets du vêtement qui composent son univers de textures et de reconstruction des corps. Entre sacré et profane, le spectateur se perd volontiers dans une forme de portraitisation aux inspirations anciennes, quasi renaissantes. Mais ici les modèles ne sont pas magnifiés et une idée volontairement mortelle s’imprègne dans les photographies. En effet, l’artiste travaille avec des éléments glanés au Père-Lachaise (des pierres, des morceaux de métal, qui deviennent comme des paravents voilant la beauté des magazines).

 

Gabriel & Gabriel

Thomas Devaux, Attrition : 23 septembre – 20 novembre 2011

68 rue du Vertbois

75003 Paris

Mardi au samedi 11h-19h

 

New Galerie

Les jeux de pouvoir et les comportements sociaux interprétés par le plasticien Leopold Kessler sont définis au long de trois vidéos présentées dans l’espace de la rue Borda. La transgression et l’acceptation relient les interventions urbaines que l’artiste filme dans une certaine forme d’illégalité non définie en tant qu’illégalité intellectualisée mais en tant que mise en situation par souci de vérité. Une de ces trois vidéos se démarque pourtant des deux autres dans le sens où elle s’apparente plus spécifiquement à un documentaire, sans intervention de l’artiste. Dans un esprit quasi voyeuriste, Leopold Kessler filme un certain type de construction, caractéristique de l’architecture viennoise, pour finir par se concentrer sur une scène d’intérieur. Un homme brosse les cheveux d’une petite fille. L’image présente une définition assez complexe de la vision de l’artiste sur le paradoxe entre conte de fée et puissance capitalistique étroitement liée au loisir et au sexe.

 

New Galerie

Leopold Kessler : 10 septembre – 15 octobre 2011

2 rue Borda

75003 Paris

Mardi au samedi 14h-19h

 

Paris-Beijing

Le second volet de New Photography in Korea II propose la suite d’un panorama, non exhaustif, de la scène photographique coréenne des dernières années. L’industrialisation de la Corée du Sud a offert aux artistes une opportunité de témoignage des changements inhérents à une telle transformation. Les incertitudes et les dérives sociologiques induites par tous les bouleversements des dernières décennies se matérialisent sur support photographique. Les artistes présentés sont tous nés dans les années 70 et n’ont donc pas connu ce fameux « miracle coréen » mais vivent aujourd’hui toutes les conséquences de cette nouvelle société, notamment à travers la consommation, la globalisation ou encore l’urbanisation.

 

Paris-Beijing

New Photography in Korea II : 15 septembre – 29 octobre 2011

54 rue du Vertbois

75003 Paris

Mardi au samedi 11h-19h

 

MFC Michèle Didier

Egalement nouveau venu dans le quartier, l’espace de Michèle Didier produit et publie des travaux originaux d’artistes, et pas des moindres puisque nous commençons par Claude Closky. Inside a Triangle est un livre de photographies de routes, de sentiers, de trottoirs. Tous les paysages de cet ouvrage sont des détails de photographies trouvées sur le web et retravaillés par l’artiste. Les pages d’Inside a Triangle sont imprimées sur une face d’une longue bande de papier, pliée et reliée à la japonaise. Entre le premier et le dernier paysage, le cercle se referme. C’est l’histoire d’un long ruban plat qui se transforme en triangle.

 

MFC Michèle Didier

Claude Closky, Inside a Triangle : 10 septembre – 7 octobre 2011

66 rue Notre-Dame de Nazareth

75003 Paris

Mardi au samedi 12h-19h

 

 

Vincenz Sala

Bienvenue également à la galerie Vincez Sala ! L’artiste Tine Steen sculpte, dessine, fabrique, des portraits de personnes de son entourage proche. Ce sont le caractère et la personnalité de chacun qui ressortent de ces personnages. Il s’agit ici de la relation entre l’artiste et le modèle et de la notion de portrait à proprement parler. Tout est intimement lié puisque le dessin devient prétexte à la peinture qui devient elle-même prétexte à la sculpture.

L’artiste puise dans les traits de caractère de chacun de ses modèles pour en retranscrire des portraits plus ou moins réels.

 

Vincenz Sala

Tine Steen : 10 septembre – 8 octobre 2011

52 rue Notre-Dame de Nazareth

75003 Paris

Mardi au samedi 14h-19h

 

N’oubliez pas non plus la nouvelle exposition de Frédéric Léglise à la galerie Backslash jusqu’au 15 octobre 2011, China Dolls Are Not Afraid of Pink.

 

Charlotte Charbonnel en Arles

Thursday, 22 September 2011 14:15 Published in Blog

Les expositions estivales se prolongent jusqu’à l’automne en Arles. Charlotte Charbonnel y a poursuivi ses recherches au très fluvial Musée Réattu.

L’artiste tout d’abord. L’acoustique, la sismologie, le magnétisme, sont autant de pistes d’explorations que la plasticienne stigmatise dans des œuvres à la limite entre poésie et sorcellerie. L’image et la matière, le son et l’espace, se mêlent et s’entrechoquent au grès de ses recherches scientifiques.

La salle 13 ensuite. Coïncidence ou fait exprès ? On ne peut se défendre d’y trouver là un message. Car c’est bien la salle 13 que l’artiste a plongée dans la pénombre. Les œuvres y déploient leur dialectique, les unes après les autres, comme sur un chemin entendu.

48°34’ à 18°, l’énigmatique vidéo accueille le spectateur dans une atmosphère sourde et agitée. Galilée entre dans la danse. Mais s’agit-il bien d’un astre ? Et tourne-t-il ? La sphère pourrait tout aussi bien se trouver matière vivante, sorte de particule à mi-chemin entre animal et végétal. Le rond, la forme parfaite par excellence, celle de l’infini, des globes, de la naissance donc de la vie, s’agite et se meut dans des coordonnées géographiques et l’espace temporel.

Cinq Stéthosphères amènent le visiteur à manipuler la matière. Un casque sur les oreilles, des capteurs attrapent et nous transmettent les sons produits par les éléments. Il s’agit du cœur de la substance, de la masse et de l’énergie que composent chaque corps. On se rapproche ici d’une certaine forme de télépathie entre l’animé et l’inerte.

Resonarium ou son contraire et l’absolu. Deux formes coniques en limaille de fer s’attirent, comme aimantées, mais un seul cône tourne sur lui-même. C’est la perte de sens et de constance, cette constance même de l’univers qui se dérègle. La susceptibilité magnétique est agacée par le manque de continuité, l’absence de raison et du Verbe.

Echo : La nymphe grecque se matérialise sous la forme de cloches de verre de différentes tailles, empilées, à l’intérieur desquelles des dispositifs acoustiques saisissent les bruits inaudibles alentours. La transparence du verre se met au service des ondes et tend un fil entre l’acoustique et la psychoacoustique. De la nymphe, ne reste plus que la répétition et non plus le Verbe.

La Maquette pour colosse montre la matière dans son plus grand ensemble. Colosse, cité phrygienne abandonnée d’où ressurgit la totalité des substances, est un lien direct entre le visible et l’invisible. La limaille de fer, élément de prédilection de l’exposition, explose comme les entrailles de la Terre sous l’effet d’une bombe atomique. Ici, l’image est figée dans le temps. Après, il ne reste plus rien. L’artiste a capté le moment du doute parfait, l’instant fragile entre existence et néant, réel et irréel.

 

La galerie Backslash aura l'honneur de présenter une exposition personnelle de Charlotte Charbonnel du 17 mars au 21 avril 2011. Venez découvrir son laboratoire d'expériences au sein de notre espace.

 

Crédits photos : François Deladerrière

 

Charlotte Charbonnel au Musée Réattu

1er juillet – 16 octobre 2011

10 rue du Grand Prieuré
13 200 Arles

www.museereattu.arles.fr

 

 

India Art Collective

Tuesday, 20 September 2011 15:32 Published in Blog

 

L’art indien ! On s’active forcément autour de ce nouveau « mouvement »… pas si nouveau que ça finalement mais l’émergence des Subodh Gupta, Jitish Kallat ou autres Atul Dodiya et leurs poids sur le marché confortent les collectionneurs les plus réticents.

Sur le web :

Après le lancement un peu évasif, voire carrément raté, de la VIP Art Fair (22-30 janvier 2011), les foires « on-line » fleurissent. Nouvelle venue : India Art Collective, foire bi-annuelle dont la première édition se tiendra du 19 au 26 novembre prochain. Les galeries du monde entier, enfin celles qui souhaiteront y participer (gageons une forte affluence des marchands de New Delhi et Bombay), pourront y présenter, sur le même modèle que la VIP Art Fair, des stands virtuels aux œuvres d’artistes exclusivement indiens. On parle de « marketing collectif ». Ce n’est pas moi qui le dit mais les organisateurs eux-mêmes…

« Marketing collectif » donc ! On parle toujours d’art contemporain ?

Pour les coûts, les organisateurs de la foire proposent un stand de 20 œuvres maximum au prix de 150 000 roupies (environ 2 300 euros). On est loin des prix de la VIP.

Ceci étant dit, la foire prendra 7, 5% de chaque vente effectuée.

On souhaite donc beaucoup de succès à cette nouvelle foire et plein de ventes !

 

SAMEDI, c'est GALERIES #20

Friday, 16 September 2011 13:36 Published in Blog

C'était définitivement la rentrée, samedi dernier, dans le petit monde des galeries d'art contemporain parisiennes. Des dizaines et des dizaines de vernissages, d'expositions, des centaines d'artistes à voir! Il faut s'en réjouir. BACKSLASH aussi était en vernissage, ainsi que tout le quartier dit "du Haut Marais" dont je vous reparlerai la semaine prochaine. En attendant, il était très difficile de choisir parmi toutes ces nouveautés pour le premier rendez-vous de la rentrée de SAMEDI, c'est GALERIES!


Mon choix s'est cependant vite porté sur une proposition de grande qualité, dont beaucoup m'ont parlé: Piège pour un voyeur à la galerie Patricia Dorfmann, dont le commissariat est assuré par Jonathan Chauveau. Celui-ci réussit à réactiver une installation historique et très impressionnante de Michel Journiac, qui donne son titre à l'exposition, et réunit à cette occasion un ensemble d’œuvres dialoguant avec l'esthétique contemporaine du nu : photographies de Michel Journiac, aquarelles de Rebecca Bournigault, peinture d'Ida Tursic & Wilfried Mille et photographies du collectif France Fiction.

Tout d'abord, je citerais en bloc les propos recueillis par Vincent Labaume auprès de Martin Malburet (4 novembre 2003) qui ouvrent le communiqué avec intelligence et qui disent bien et à peu près tout sur l'installation de Michel Journiac (1969) :

" Piège pour un voyeur, l’une des plus belles expositions de Michel Journiac, n’a pas eu le retentissement qu’elle aurait dû avoir à l’époque dans la presse « généraliste » ou même « people ». C’était tout de même la première fois que l'on montrait le corps d’un homme nu dans une galerie parisienne ! Les invités, le soir du vernissage, étaient d’ailleurs extrêmement gênés et je crois bien qu'ils tournèrent pratiquement tous le dos à la cage de néons fluorescents dans laquelle était enfermé le jeune modèle. En fait, c’était le public qui était déshabillé par l’installation... Bien sûr, personne dans l’assistance ne se risqua à se dévêtir pour relayer le jeune homme encagé. Cependant, à chaque fois que quelqu’un s’approchait de lui pour le regarder de plus près, la lumière violente et acide du néon mettait son visage en pleine lumière. (...) Avec cette installation - performance dont la signification sado-masochiste n’échappe plus à personne aujourd’hui, Journiac affirmait d’une manière incroyable son homosexualité tout en restant dans l’énoncé le plus générique et le plus universel. Je crois que l’art corporel est vraiment né avec cette exposition. La « cage » de Journiac est un peu à l'art corporel ce que la « pissotière » de Duchamp est à l'art conceptuel."


J'emprunterais ici deux très belles images de l'installation trouvées sur le site de Lunettes Rouges, éloquentes bien qu'elles ne remplacent pas l'expérience in situ, suivies d'une photographie d'époque. (J'espère qu'il me pardonnera cet emprunt, mon appareil photo vient de mourir.)









Courtesy Galerie Patricia Dorfmann, Paris


S'il n'est plus besoin de noter l'importance de Michel Journiac dans l'histoire de l'art et sa présence extraordinaire dans l'imaginaire des artistes de toutes les générations mais si l'on trouve souvent des "traces" de ses performances transformées en reliques, il faut saluer l'engagement de la galeriste et la salutaire réactivation proposée par le commissaire. Une nouvelle performance est prévue samedi de 17h à 20h. Je ne saurais que trop vous recommander d'y aller.

Quant aux œuvres réunies pour l'occasion autour de "l'esthétique contemporaine du nu", l'on aurait envie d'en ajouter des centaines d'autres tant le sujet est vaste. Parmi celles présentées ici, les aquarelles de Rebecca Bournigault, que l'on avait coutume de retrouver, toujours avec joie, chez Frédéric Giroux, empruntent aux images pornographiques trouvées sur le web (sur U-Porn plus précisément) pour les isoler et leur donner un côté presque attachant, sensible, poétique.




Courtesy Galerie Patricia Dorfmann, Paris


On peut voir aussi un très grand format du couple Ida Tursic & Wilfried Mille… et une intéressante série de photographies de France Fiction, extraites spécialement pour l'occasion d'un film pornographique réalisé en 2009 pour le magazine Union, leader des magazines français « pour adultes ». Si le sujet est très commun, c'est l'esthétique froide, minimaliste, jouant de l'asymétrie et du déplacement qui retient l'attention.



Courtesy Galerie Patricia Dorfmann, Paris



Courtesy Galerie Patricia Dorfmann, Paris


"PIEGE POUR UN VOYEUR"
Michel Journiac - Rebecca Bournigault - Ida Tursic & Wilfried Mille - France Fiction
Commissaire : Jonathan Chauveau
Jusqu'au 24 septembre
PERFORMANCE LE SAMEDI 17 SEPTEMBRE 2011 DE 17H A 20H

GALERIE PATRICIA DORFMANN
61 rue de la verrerie
mardi - samedi 14h - 19h
http://www.patriciadorfmann.com/






Il me tenait à coeur également de vous présenter une exposition en forme de duel : HOT COLD imaginée par Christophe Le Gac à la galerie Olivier Robert, rue des Haudriettes. La proposition est (très) osée mais finement conçue et assez jubilatoire. HOT COLD fait dialoguer les peintures de Régine Kolle, proche de l'expressionnisme allemand mais aussi de la bande-dessinée, très colorée, avec les "images-sculptures" de Pierre Besson, sortes d'images mentales hybrides qui se traduisent principalement par des photographies et des sculptures. Tout les oppose : chaud/froid, expressivité/atonie, couleur/tons neutres, etc. Pourtant ils répondent tous deux à cette même interrogation, posée par le commissaire, que j'essaie de vous résumer ainsi :  qu'en est-il de la place de l’humain dans ce contexte de totale dématérialisation qui nous sert de monde aujourd'hui ? Economie immatérielle, prothèses numériques, monde virtuel omniprésent.

L’opposition du titre de l’exposition évoque deux approches plastiques différentes pour une hypothèse commune : comment traiter le rapport homme/machine ? Vaste programme! Réponse intéressante que de faire s'opposer et se compléter deux artistes a priori très différents. C'est cette opposition qui frappe, qui donne à penser et qui révèle à la fois les œuvres.
Le duel se joue aussi dans l'espace avec d'abord les huiles de Regine Kolle, dont je ne suis esthétiquement pas très proche, mais qui attirent par leur sujet : personnages qui semblent tout droit venir de jeux vidéos, ou de ceux qui les utilisent (les geeks). "L’ensemble exprime une société - la nôtre - littéralement plongée dans l’univers binaire du numérique. L’humain tente d’y trouver sa place, entre déconstruction reconstruction, par fragments, comme la facture de la majorité des tableaux de l’artiste. L’emploi de couleurs « chaudes » accentue ce sentiment : comment mettre de la vie dans un monde de plus en plus technoïde ?".











Ensuite, les sculptures et photographies de Pierre Besson, fan de science-fiction et de musique (rock progressif, ambiant, musique expérimentale…), les fameuses "images-sculptures" qui constituent un paysage mental hybride et, en un sens, apocalyptique (mais d'une apocalypse soudainement retombée) où subsistent les traces d'une humanité disparue "comme si une catastrophe venait de se dérouler et dans la grisaille froide d’un petit matin post-évènement, les humains auraient fui ou se seraient totalement désintégrés sous l’effet d’un gaz envoyé par une armée de robots."








Une exposition réjouissante que je suis allée voir avec un double intérêt, puisque vous pourrez retrouver entre autres des oeuvres de Pierre Besson dans la prochaine exposition de BACKSLASH dont le commissariat a été confié à… Christophe Le Gac!


HOT COLD
Régine Kolle / Pierre Besson
commissariat de Christophe Le Gac, architecte dplg
jusqu'au 8 octobre

Galerie Olivier Robert
5 rue des Haudriettes
mardi au samedi de 11h à 19
http://www.galerieolivierrobert.com




Et enfin, l'on ne peut passer rue des Haudriettes sans aller à la galerie Hussenot, qui présente actuellement une exposition personnelle de Jonathan Pylypchuk, un artiste né en 72 qui nous vient de… Winnipeg. Cela tombe bien :  cette scène artistique de Winnipeg est à l'honneur à La Maison Rouge (jusqu'au 25 septembre).
Je ne connaissais pas cet artiste, très bien identifié pourtant au États-Unis et en Europe,  et dont c'est la 3e exposition personnelle à Paris… Si j'ai dû m'acclimater un peu à l'esthétique utilisée, on est vite accaparé par la drôlerie des sculptures et l'importance de la dimension narrative. Il y a toujours semble-t-il une sorte de décalage, de dysfonctionnement dans les histoires ou les situations qui intriguent. "Chacune des saynètes de Jonathan Pylypchuk nous expose des personnages confrontés au douloureux dilemme d’un besoin essentiel d’interdépendance, face au drame psychique de l’isolement." Je vous laisse découvrir cet univers féroce en images.



































JON PYLYPCHUK
Love, my reluctant but faithful enemy
jusqu'au 11 octobre

Galerie Hussenot
5 bis rue des haudriettes
http://www.galeriehussenot.com
du mardi au samedi 11h à 19h

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