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Tuesday, 10 April 2012 14:59

“L’ART EST UNE POSITION UNIVERSELLE DE MERDE QUI NE REPRÉSENTE RIEN”; VISITE DE L’ATELIER DE FRANCK SCURTI

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Cet après midi, c’est Franck Scurti qui reçoit Backslash pour la visite de son atelier. Amateur de poésie, artiste aux multiples facettes , il vient d’ailleurs d’être nominé pour le prochain prix Marcel Duchamp, ce qui en dit dit long sur sa carrière.

Retour en 1999: Tout bascule pour lui. Las de livrer des oeuvres sous la forme de projets définis par des budgets de production, Franck Scurti décide de revenir à l’essence du geste artistique: la spontanéité et la simplicité. S’affranchir des problématiques de production pour retrouver un rapport direct aux objets et à la création. Loin de Jeff Koons ou Damien Hirst, il confie volontiers que tous les deux, ils n’ont pas le “même métier”. Pas de cravate ni d’attache case pour lui. Revenir au contact des matériaux, altérer, transformer, manipuler les machines et les process de production disparaissent au profits des main, de l’oeil et de l’inspiration

Depuis cette rupture, tout son univers s’est concentré autour de rencontres avec les formes diverses de la vie. Un objet, la rue, les gens qui y déambulent ou encore même l’actualité. L’artiste trouve son inspiration dans ces rencontres et s’attache ensuite a retrouver l’essences des choses. Certain objets se voient ainsi sacralisé comme une table de travail qui après avoir accueilli les oeuvres de l'artiste accède à son tour, comme par une forme de de reconnaissance, au statut d’oeuvre.


"Working table, 2012"

En retravaillant la surface de la table, maculée par les heures de travail, Franck Scurti nous livre une pièce qui allie une esthétique informelle et la rigueur du Bahaus par l’adjonction d’une lampe.

D’autres comme la pièce de Bridget Riley sont rendues anecdotiques par une reproduction empreinte de nonchalance et/ou par leurs mise au second plan.


"Bridget's comb, 2008"

Dans cette série de pièces, l’artiste dénonce le manque de sens qu’il ressent dans l’art optique et ré évalue la pièce via l’adjonction d’un peigne qui reclasse l’oeuvre de Riley dans une dimension décorative.

Les enseignes qui nous dominent, tombent au sol et les pierres sans intérêt au yeux de tous deviennent des oeuvres.

Cf les reflets, 2003: http://www.franckscurti.net/street_reflets_fr.php


Enseignes lumineuses, Dimensions variables
Neon signs, Various dimensions

Ces 2 derniers exemples illustrent bien le concept de rencontres.

C’est le reflet de l’enseigne de la pharmacie de sa rue sur le troittoir un soir de pluie qui conditionnera la base de la réflexion sur la série des enseignes.

Pour "Statement", l'artiste fît un rêve lors d'un séjour à Stockholm, celui d’une exposition dans laquelle chaque oeuvre avec une pierre collée dessus. Il pensait à ce rêve lorsqu’ Ulf Linde, célèbre critique d'art Suédois et ami de Duchamp lui adressa cette phrase: ” Art is a damned universal standing for nothing” qui se traduit par “l’art est une position universelle de merde qui ne représente rien”. Franck Scurti s’est alors lancé dans une série d’oeuvre où il écrit cette phrase à la main sur les pages bourse de journaux du monde entier en fixant une pierre dessus.

Une rencontre, un rêve qui devient réalité, Franck Scurti se définit comme un “chiffonier” très “fluxus” qui ne cherche pas le grandiose mais plutôt à nous livrer des oeuvres empreintes d’une forte dimension idéologique, une forme d’allégorie politique née d’une réflexion sur l’essence et les sens des choses. Un geste créatif qui s’éloigne de plus en plus des circuits de production; un geste spontané et manuel; le geste artistique.

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