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Friday, 24 February 2012 17:18

SAMEDI, c’est GALERIES #35

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Cela fait quelques temps que galeries et lieux d'exposition des 10e et 9e arrondissements se sont réunit pour proposer parcours et vernissages communs. BACKSLASH vous en avait déjà parlé là :
http://www.backslashgallery.com/component/k2/item/95-samedi-cest-galeries-.html#15&Itemid=286
Ils se sont tous rassemblés il y a 10 jours pour un nouvel évènement.
C'est l'occasion pour SAMEDI, c'est GALERIES de vous faire découvrir ce qui se passe en ce moment dans ce quartier en pleine effervescence situé entre le Haut Marais et la Gare du Nord. Pratique.











Premier arrêt chez Primo Piano dans une petite rue entre la rue d'Hauteville et la rue du Faubourg Poissonnière. Primo Piano organise des expositions relativement régulièrement mais elle ne fait pas que cela! Elle édite également des éditions limitées d'artistes et propose du conseil en communication et relations publiques. Comme de plus en plus de structures, elle conçoit son activité de promotion comme un tout et a de multiples casquettes.

Pas de plaque. Une porte blanche. Il ne faut pas hésiter à sonner. L'accueil est très sympathique!



L'exposition actuelle est proposée par Hanna Alkema. L'artiste, Yan Tomaszewski, l'a nommée "Embellissements". Ce passionné d'architecture et d'alpinisme, diplômé de l'ENSBA et de Normale Sup' en 2011, sélectionné au Salon de Montrouge la même année, et doctorant à l'EHESS, a effectivement son mot à dire sur l'embellissement de Paris.
L'artiste présente un ensemble d’œuvres qui se jouent avec humour des grands mouvements parisiens de réforme urbaine, des grands travaux haussmanniens qui ont transformé (ou défiguré, c'est selon) Paris à des projets plus actuels.
Avec "Embellissements (Francigenum opus)", une série de photocopies de clichés de Paris, Yan Tomaszewski retravaille des vues contemporaines où les éléments d'architecture sont revisités au feutre dans une version plus gothique.
Il y a aussi cette petite peinture à l'huile, confrontation entre le célèbre peintre romantique Caspard David Friedrich et le portrait officiel du Baron Haussmann, très XIXe par Henri Lehmann.












Il termine son remaniement par une vidéo pleine d'humour, "Proposition pour un musée sur une île déserte", en s'attaquant à l'île Seguin, devenue l'enjeu de tant de projets depuis maintenant bientôt 20 ans! Yan Tomaszewski y propose aussi le sien, il n'y a pas de raisons! Celui d'un musée évidemment. On le voit errer en explorateur, casque de chantier sur la tête, dans cet immense terrain industriel en devenir avant de tracer au sol un plan (dérisoire) pour un musée imaginaire.









Yan Tomaszewski
Embellissements
jusqu'au 24 mars

PRIMO PIANO
4 rue Gabriel Laumain
75010 Paris
http://www.primopiano.fr/
Du jeudi au samedi de 14h à 19h




Rue Bleue, à deux pas, Warm Grey, une agence de création graphique créée par Franck Blais et Jean-Louis Chapuis, a généreusement dédié un espace à la création plastique contemporaine avec une programmation pointue et éclectique. Depuis septembre 2009, l'espace d'en bas se veut un espace de monstration, de recherche et d'aide à la création, modeste mais concret, pour les artistes.

A l'occasion des vernissages communs du 15 février dernier, Aurélien Froment a été invité à projeter "Fourdrinier Machine Interlude", une vidéo de 10 minutes qui avait été montrée en juin 2010 à Bâle pour Art Parcours, commande de MCH Swiss Exhibition.






L'espace d'en bas a également exposé Remy Briere, Jean-Jacques Lebel ou Raphaëlle Bidault-Waddington. Un espace et une programmation à suivre. Une démarche généreuse à saluer.


L'espace d'en bas
2 rue Bleue
75009 Paris
http://www.warmgrey.fr
du lundi au vendredi de 14h à 19h




Tout prêt du boulevard Magenta et de la Gare de l'Est, la Galerie Jérôme Poggi présente la première exposition personnelle de Julien Crépieux, jeune artiste qui aime s'approprier films, images, textes ou musiques via différents médiums.
Là encore, il ne faut pas hésiter à sonner et à s'aventurer dans la cour. Une charmante jeune femme vous accueille avec un grand sourire et un un livret détaillé sur les œuvres.



Première oeuvre : "Reprise de volée". La chaleur est étouffante. Cette installation est composée de plusieurs diaporamas projetés sur des écrans de télévisions éteints. Le dispositif est astucieux. Personnellement, j'aime beaucoup le bruits des diapositives qui s'enclenchent. Mais là n'est pas le propos. C'est de lumière dont il s'agit ici. Les images utilisées proviennent de films  dans lesquels la lumière éblouit un personnage, qui s'en protège.





Dans l'espace inférieur de la galerie est présentée une vidéo, "Sans titre (Spaceship Earth)", un plan serré sur un sol aride parsemé d'une végétation rare. Expérience contemplative tandis que le cadre s'élargit lentement.





Près de l'escalier, un calembour, en rouge sur blanc , petit commentaire discret sur l'exposition : "Tout fout le camp", dont l'ironie et l'humour sont salvateurs.



Et pour finir, il y a ces petits collages de la série "Up_AnD_Downloading".




Julien Crépieux
Rien ne bouge
jusqu'au 24 mars

Galerie Jérôme Poggi
115-117 rue Lafayette
75010 Paris
http://www.galeriepoggi.com/
du mardi au samedi de 10h à 19h





Et pour finir en beauté, un lieu qui vaut vraiment la peine d'être découvert, sans parler de la sublime exposition d'Ulla von Brandenburg.

Le lieu d'abord. Square Maubeuge. Un bel immeuble de style. Là encore, on prend son courage à deux mains, on sonne et on monte au deuxième étage. Pas de plaque mais bientôt on vous ouvre et vous invite chaleureusement à entrer.



Un espace d'exposition dans un  appartement fabuleux! Beaucoup de lumière. Style ancien. Ensemble très soigné. Loin d'être une solution par défaut, l'appartement est le point de départ d'un engagement et d'une réflexion réelle sur l'espace privé comme lieu d'exposition. Il y a des galeries dans des appartements et il y a ROSASCAPE. La spécificité de l'espace, son intimité, permet d'explorer d'autres normes d'accrochage et surtout un autre regard sur les œuvres.
La programmation y est de grande qualité (Benoît Maire, Fabien Giraud, Katinka Bock) et l'identité visuelle et intellectuelle clairement pensée et énoncée.

La structure ensuite. Loin de se cantonner à des expositions et à de vagues principes, ROSASCAPE est un vrai espace de rencontre et de projets : rencontres entre artistes et penseurs du monde contemporain avec les rendez-vous "Who's talking", édition de livres d'artistes, rencontres autour de la question du livre d'artiste pour tous les acteurs, de l'artisan au collectionneur, édition de multiples, avec notamment le projet Libelle : incroyable projet démarré en février 2009 et dont la durée de vie est fixée à 3 ans, six œuvres éditées chaque année, 30 exemplaires numérotés et signés, 1300 exemplaires gratuits à disposition du public, sur un support précis : une feuille A2 imprimée recto verso. Libelle nous invite à réfléchir sur l'appropriation des œuvres et l'acte de collectionner avec une belle générosité. Il a réunit (dans l'ordre) les artistes Yona Friedman, Rodney Graham, Renaud Auguste-Dormeuil, Tatiana Trouvé, Fabien Giraud et Raphaël Siboni, Dora Garcia, Benoît Maire, Simon Starling, Vittorio Santoro, Camille Henrot, Kantinka Bock et Christian Jendreiko, Raymond Gervais et enfin Ulla von Brandenburg pour la dernière édition. Le type de projet que l'on est triste de découvrir si tard… mais qui continue jusqu'en novembre!

L'exposition enfin. Dès l'entrée, on est happé par l'atmosphère. Une voix, celle de l'artiste?, envahit l'espace. Quelques beaux dessins qui se répondent dans l'entrée où l'on retrouve notamment le motif récurant du ruban.





Et puis, l'entrée du salon, grandiose. Et un grand tissu multicolore, ou plus exactement une tenture composée de losanges, élément caractéristique du vocabulaire de l'artiste qui barre toute visibilité et incite à passer d'un côté ou de l'autre.



Curtain Diamonds. Photo Marc Dommage



Curtain Diamonds. Photo Marc Dommage

Des deux côtés, un film en noir et blanc, "Spiegellied" (le chevalier inexistant) en deux parties, où la voix est omniprésente et le dialogue en allemand. (La traduction est proposée.)


Spiegellied I & II. Photo Marc Dommage




Spiegellied I & II. Photo Marc Dommage


Vous pouvez apercevoir, dans les bureaux, "Actrice", une sublime aquarelle sur papier de soie…

Et n'oubliez pas votre œuvre d'art avant de partir!



ULLA VON BRANDENBURG

Le chevalier inexistant
jusqu'au 31 mars 2012


Rosascape
3 square Maubeuge
75009 Paris
Tel. +33 1 75 50 05 80
Sonner à Rosascape et 2e étage
du mardi au vendredi de 10h à 18h et le samedi de 14h à 19h
http://rosascape.com



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