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Friday, 17 February 2012 16:14

SAMEDI, c’est GALERIES #34

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Cette semaine, un SAMEDI, c'est GALERIE DES GALERIES!
Oui, je sais, certains me diront que je suis totalement hors sujet. Qu'il est plus nécessaire de promouvoir les petites structures que sont les galeries plutôt que l'espace créé par Guillaume Houzé, héritier des Galeries Lafayette et amoureux de l'art en général et de l'art contemporain en particulier.
Et bien en ce matin pluvieux, j'avais terriblement envie de voir cette exposition romantique, plongée dans l'obscurité. C'est comme cela. Petit tour d'horizon.


Créée en 2005, si je ne me trompe pas, la Galerie des Galeries est un espace permanent qui met en valeur les liens entre mode, art, design et cinéma, avec 4 expositions par an environ, la plus célèbre étant Andidote, dont c'était la 7e édition cet hiver.  La Galerie des Galeries fait aujourd'hui partie du paysage de l'art contemporain et est parfaitement identifiée par tout le monde. Elle est bien connue aussi pour ses vernissages fastueux dans ce cadre quand même très sympathique! :-) Ou comment combiner création contemporaine pointue, champagne et gratin du monde de l'art. Parfait pour jeunes galeristes. :-)


Ce qui est bien à la Galerie des Galeries, c'est que tout est extrêmement didactique (et bilingue). Et c'est une très bonne chose. Vous avez un petit livret avec quelques mots sur l'exposition, sur la commissaire invitée, sur les artistes. Il y a de longs cartels avec explications et petite biographie à côté de chaque œuvre. Il y a même une vidéo avec interviews des artistes et de la commissaire, réalisée par Tribeca 75, et qui est, à mon sens, bien plus efficace que des cartels, qui restent quand même, petit bémol, pas si faciles à saisir pour tout le monde.




Donc, aucune excuse ici pour ne pas comprendre les œuvres montrées et pourquoi elles sont là.
Vous voulez creuser? Pas de problème, des dossiers complets sur chaque artiste sont disponibles, ainsi qu'un catalogue. La Galerie des Galeries publie pour chaque exposition un petit catalogue très bien fait (Bernard Chauveau Editeur).

 

Vous pouvez même passer un peu de temps à la petite librairie et/ou acheter des éditions d’œuvres.

 

Pour ma part part, j'ai craqué sur :

De quoi vous mettre en condition.
J'aurais bien pris aussi une édition de Claude Lévêque à 650 euros mais je n'avais que 5 euros sur moi… :-)
Et puis il y a le dossier de presse complet à télécharger sur le site + la page Facebook qui reprend la vidéo, les images de l'expo et l'ensemble des informations…
Bref, aucune excuse! Je ne vais donc pas vous faire le résumé des infos disponibles mais plutôt essayer de vous donner envie d'y aller.


Ces petites précisions faites, ce n'est pas l'espace que je suis venue voir (bien que j'aime beaucoup le plafond) mais l'exposition "Into The Woods" imaginée par Daria de Beauvais.
Elle ne pouvait que me plaire au départ. Une commissaire talentueuse et 11 artistes femmes, plus ou moins de ma génération. Un thème que j'aime beaucoup (une certaine vision mélancolique de l'art, une ballade en forêt, une atmosphère mystérieuse). Cela change du néon.
Nous avions eu l'occasion de nous confronter à une ambiance similaire à Backslash, mais avec un choix d’œuvres très différent, avec l'exposition L'Exil imaginée par Gaël Charbau en novembre dernier :
http://www.backslashgallery.com/expositions/ce-que-vous-avez-rate/179-le-royaume-et-lexil-second-volet-lexil-commissariat-de-gael-charbau.html
Voir également son exposition "Rituels" à la Fondation Ricard quelques mois auparavant. Comme souvent (et c'est là tout l'intérêt de l'art), ce n'est pas parce que le sujet semble proche que les expositions ou les œuvres le sont.

Daria de Beauvais, commissaire d'exposition au Palais de Tokyo et commissaire indépendante très active et remarquée, nous emmène dans un univers mystérieux. En scène!

On entre dans l'exposition via ce long tunnel noir avec des étoiles que tout le monde connaît maintenant (n'est-ce pas?). D'ailleurs, après quelques recherches, j'aimerais beaucoup connaître le nom de la personne qui l'a imaginé… Donc, dans le tunnel, on est stoppé par une œuvre sonore de Marcelline Delbecq, très belle.

 

Ce n'est pas un hasard si elle ouvre l'exposition. Si ce n'est pas complètement nouveau, Daria de Beauvais compose avec le son et la musique avec beaucoup d'intelligence. Référence aujourd'hui aussi importante dans l'art contemporain que les arts visuels eux-mêmes, la musique fait de nos jours partie prenante des œuvres et, de plus en plus, des expositions. La commissaire l'utilise donc à bon escient ici avec une "playlist" (liste de lecture aurait pu être écrite) qui vient donner une teinte particulière à l'exposition, au même titre que les lumières tamisées.

 

Car, finalement, je vais vous l'avouer : si le format de l'exposition personnelle est de loin le plus adapté pour rendre compte du travail d'un artiste, j'aime par-dessus tout l'exposition "d'auteur". Comme toujours, il y en a qui vont hurler au mot "auteur" versus celui d'"autonomie", etc. Moi, j'aime quand une exposition, tout en respectant le sens des œuvres et la volonté des artistes, prend parti, propose quelque chose. C'est un exercice de style difficile mais très stimulant pour le visiteur. "Into The Wood" est une vraie exposition d'auteure et c'est agréable.

Certes, je pourrais aussi parler du fait qu'il n'y a que des femmes dans cette exposition. C'est intéressant. Je ne suis d'ailleurs pas d'accord avec la commissaire sur ce point : il y a une différence dans l'esthétique des œuvres selon qu'elles soient faites par des hommes ou des femmes. Mais peu importe. Personne ne s'émeut quand il n'y a que des hommes. Il y a 100% de femmes dans cette exposition et c'est tant mieux! :-)


Quand on passe le tunnel, la première œuvre que l'on voit est un grand paravent d'Anne-Laure Sacriste, "Reverse Island", sublime, qui révèle deux faces très différentes. On est déjà intrigué par cette artiste.

Se déploient ensuite globalement dans l'espace les éléments du quotidien d'Alicia Kwade qui semblent glisser inéluctablement vers le sol, un grand format d'Iris van Dongen, une sculpture informe mais relativement intrigante de Laëtitia Badaut Haussmann et la peinture murale d'Anne Wenzel sur laquelle se détache au premier plan sa sculpture de cerf, bien plus impressionnante en réalité que toutes les images que j'ai pu voir. Comme souvent, la force de l’œuvre réside dans cette matérialité qui vous convainc. Il ne reste plus grand chose de ce cerf et c'est aussi envoutant qu'insoutenable.
(Il y a aussi la vidéo de Jessica Warboys.)

Au milieu de l'espace, trois branches d'arbres (magnolia, bambou et olivier dixit le livret). C'est une œuvre de Maria Loboda qui, hors contexte, ne m'aurait pas plu du tout je crois. Elle est ici très bien mise en valeur, avec un jeu de lumière parfait. Elle interroge.

 



Un peu plus loin, dans une salle à part, une série de sculptures qui ne m'ont pas bouleversé de Mimosa Echard, jeune artiste qui vient de l'Ensad, et, incroyables, les peintures d'Anne-Laure Sacriste, que j'ai trouvé absolument sublissimes! Difficiles à décrire. Des noirs profonds. Des sujets énigmatiques.

 

Enfin, l'exposition se termine avec un balai incrusté de diamants et autres matières précieuses (comme si c'était de la saleté) de Susan Collis, une œuvre pour le moins énigmatique, trop indéchiffrable à mon avis, de Sophie Bueno-Boutellier et deux œuvres qui méritent à elles seules le déplacement. Nichée entre une colonne et un mur, une sorte de toile d'araignée, ou simplement de longues chaînes en acier et en argent entremêlées de Mimosa Echard. C'est "inphotographiable", mais quelle délicatesse! Quelle modestie! Et quelle efficacité!



Une dernière œuvre clos l'espace, de la même artiste dont l’œuvre ouvre l'exposition : une toute petite photographie de Marcelline Delbecq qui représente un sous-bois. Comment vous le dire ? Avec un jeu de lumière, cette photographie irradie littéralement. Je ne sais pas pour vous, mais je l'ai trouvé fascinante et réellement exceptionnelle.

Dépêchez-vous, c'est jusqu'au 17 mars seulement!



Into the Woods
par Daria de Beauvais
Avec Laëtitia Badaut Haussmann, Sophie Bueno-Boutellier, Susan Collis, Marcelline Delbecq, Mimosa Echard, Alicja Kwade, Maria Loboda, Anne Laure Sacriste, Iris Van Dongen, Jessica Warboys, Anne Wenzel.
jusqu'au 17 mars 2012

La Galerie des Galeries
1er étage des Galeries Lafayette
40 boulevard Haussmann
Du mardi au samedi de 11 h à 19 h
http://www.galeriedesgaleries.com


Page Facebook : http://www.facebook.com/pages/La-Galerie-des-Galeries/194940323856770

La vidéo de Flore Mongin pour Tribeca 75 : http://www.tribeca75.com/Into-the-woods-a-la-Galerie-des-Galeries_a973.html

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