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Friday, 09 December 2011 16:19

SAMEDI, c’est GALERIES #29

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Cette semaine, j'ai pris le prétexte d'aller voir l'exposition étonnante de Norbert Bisky chez Daniel Templon (et celle de He An à l'impasse) pour dédier ce SAMEDI, c'est GALERIES n°29 à quelques galeries alentour.



D'abord tout près, chez Laurent Godin, qui présente quatre très grands formats de Henrik Samuelsson, un suédois d'une cinquantaine d'années à l'univers légèrement apocalyptique, proche du côté obscur, sur fond de crise économique et de désolation.
Si j'ai trouvé trois des quatre toiles intéressantes, celle où figurent des cadres qui volent dans un ciel couvert avec ces personnages qui nous tournent le dos au premier plan, celle-ci mériterait une analyse bien plus approfondie…
Une mention spéciale pour le communiqué de l'exposition : une conversation entre Donatien Grau et Jan Aman qui nous parlent de beaucoup de choses (le nord de la Suède, la crise économique européenne, la crise globale que traverse notre époque, Michel Houellebecq, Marcel Duchamp, les indignés, Damien Hirst, JG Ballard, etc.), pour en fait nous parler du travail de l'artiste.
Cela commence par une réflexion sur l'eschatologie. Je vous traduis :
L'eschatologie (du grec ἔσχατος / eschatos, « dernier », et λόγος / lógos, « parole », « étude ») est le discours sur la fin des temps. Il relève de la théologie et de la philosophie en lien avec les derniers temps, les derniers événements de l’histoire du monde ou l’ultime destinée du genre humain, couramment appelée la « fin du monde » Voilà qui est plus clair. Et cela finit par l'idée que la Tate Modern est bombardée par un groupement de propriétaires siroteurs de Chablis. Je vous laisse découvrir ce qu'il y a entre les deux et aller voir l'exposition pour penser à tout cela!













Henrik Samuelsson
Speaking In Tongues At Shitty Hotels
jusqu'au 7 janvier 2012

Galerie Laurent Godin
5 rue du grenier Saint-Lazare
du mardi au samedi de 11h à 19h
http://www.laurentgodin.com





A deux pas également, Michel Verjux expose chez Jean Brolly, un artiste que j'aime beaucoup et dont j'ai malheureusement manqué l'exposition, avec Philippe Daney, à la Galerie Edouard Manet de Gennevilliers (sept.-oct.) qui avait l'air sublime. Cela tombe bien, les deux expositions sont liées. Sauf que nous ne sommes pas là dans un centre d'art mais dans une galerie, et non des moindres. Une exposition engagée, pour le moins.
Michel Verjux est un artiste qui travaille avec la lumière. C'est un peu réducteur mais je vous laisserai creuser un peu. Cela fait 20 ans qu'il expérimente ses "éclairages". Ils peuvent être vus comme des formes, des images, mais aussi comme un dispositif qui nous révèle tout le contexte de l'exposition et même notre propre présence.

Une exposition magnifique de simplicité. Je vous laisse regarder plutôt que de discourir plus avant.

















A noter que l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts publie, avec la collaboration de Jacinto Lageira, professeur d'esthétique à Paris I et critique d’art, les écrits de Michel Verjux.

MICHEL VERJUX
VANITÉ
jusqu'au 30 décembre 2011

Galerie Jean Brolly
+ La Vitrine
16 rue de Montmorency 

du mardi au samedi de 11h à 19h
http://www.jeanbrolly.com/

 



Autre exposition engagée, mais pas du tout dans le même sens, chez Eric Dupont, un autre prétexte de SAMEDI, c'est GALERIES pour aller découvrir son nouvel espace, qui est… absolument magnifique!! Nouvel espace, nouveau site internet mais une programmation toujours identique: engagée, profonde, réflexive et efficace, à l'image du galeriste?

Je découvre donc autant l'espace que le travail de Taysir Batniji, palestinien d'une quarantaine d'années, qui a exposé rien qu'en 2011 à la villa Emerige, à la biennale de Venise, au Centre Pompidou, à la Biennale d'Istanbul et au CRAC de Sète. Les oeuvres sont pour le moins percutantes. On commence avec des dizaines d'annonces immobilières vantant les mérites de villas de Gaza à deux pas de la plage, dont il ne reste pas grand chose, et le décompte du nombre de personnes y ayant habité. Dénonciation des bombardements de l'armée israélienne dans une esthétique reprenant la trivialité des annonces immobilières.

La suite de l'exposition est plus tournée vers la forme et le sensible. L'artiste semble partir d'idées de rien du tout, de pensées fugitives, pour construire son oeuvre. D'où un énorme MINE DE RIEN en… mine de plomb sur le mur du fond, un trousseau de clés en verre, un matelas en pavé, etc. Choses réjouissantes pour l'oeil et pour le cerveau. En souhaitant une très belle continuation au galeriste, je rentre dans mes pénates...






























Taysir BATNIJI
Le monde n’est pas arrivé
jusqu'au 21 janvier 2012

Galerie Eric Dupont
138 rue du Temple
du mardi au samedi de 11h à 19h
http://www.eric-dupont.com

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