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Friday, 02 December 2011 17:21

SAMEDI, c’est GALERIES #28

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Cette semaine, et après le récit bruxellois de la semaine dernière, un SAMEDI, c'est GALERIES qui se consacre pour une fois à 3 "pointures" du marché de l'art : les galeries Karsten Greve, Michel Rein et Emmanuel Perrotin. Tous simplement parce que je me suis aperçue que je n'avais jamais parlé d'eux dans notre rendez-vous… Rétablissons les choses et allons observer quelques expositions parmi les "grands".

 

Une exception : j'étais déjà passée, un peu par hasard, à la galerie Karsten Greve pour mon premier SAMEDI, c'est GALERIES (!). C'était une exposition de Pierrette Bloch que j'avais beaucoup aimé. On la retrouve en ce moment dans une exposition collective qui réunit 12 artistes, jeunes et moins jeunes, en début de carrière ou internationalement reconnus (le premier facteur n'étant pas toujours corrélé au second), autour de travaux sur papier et qui s'intitule sobrement "On paper III". Une troisième édition donc.

Dans la première salle que vous connaissez, sont accrochés avec beaucoup de justesse les oeuvres de Claire Morgan, une "jeune" (elle a 30 ans), que j'ai trouvé absolument magnifiques, toutes en simplicité et en sensibilité, énigmatiques juste ce qu'il faut, les petits formats de James Castle (1899-1977), un ensemble d'autres petits formats de Marina Karella (1940), très efficaces pour nous plonger dans l'étrangeté, et une oeuvre tardive de Louise Bourgeois.

 










 

Au fur et à mesure du dédale, on croise, justement, quelques oeuvres de Pierrette Bloch (1928), que je trouve toujours aussi émouvantes, et un grand pastel de Joel Shapiro (1941), que l'on a vraiment l'impression d'avoir déjà vu mais qui reste très beau. Entre deux salles, on tombe sur une série de pastels de Justine Harari vraiment intéressante. Sujet très contemporain (le droit d'auteur, l'appropriation des images, you tube, les jeux vidéo, etc.) et rendu tout en douceur et en imprécision voulue. En parlant d'imprécision contrôlée, on arrive dans une salle consacrée à Raul Illarramendi. C'est pour lui que je suis venue voir cette exposition. J'avais eu l'occasion de voir son travail dans l'exposition "Outre-Forêt" organisée par Joël Riff au 6b. Très beau travail, qui nous plonge dans une sensation de spontanéité quand tout est finalement soigneusement contrôlé. La marque des grands, non? Souhaitons-lui beaucoup de bonnes choses pour l'avenir!
Pour finir l'exposition, Gideon Rubin (1973) et Louis Souter (1871-1942).

















Cela fait du bien une exposition avec tant de mixité. S'il y avait un dîner avec l'ensemble des artistes, j'aurais adoré être là pour les écouter!

Une autre chose pour finir sur la différence de générations, qui n'a rien avoir avec l'exposition : comment se peut-il qu'une galerie comme Karsten Greve n'a pas de site internet? Cela m'est impossible à comprendre... même si cela n'enlève rien à la galerie en elle-même.


On paper III
Pierrette Bloch, Louise Bourgeois, James Castle, Gotthard Graubner, Justine Harari, Raul Illarramendi, Silia Ka Tung, Marina Karella, Claire Morgan, Gideon Rubin, Joel Shapiro, Louis Soutter
jusqu'au 7 janvier 2012

Galerie Karsten Greve
5 rue Debelleyme
mardi - samedi 10h - 19h
http://www.artnet.com/kgreve-paris.html

 

 

Direction l'exposition dont tout le monde parle, pour diverses raisons d'ailleurs : JR chez Emmanuel Perrotin. Oui, tout le monde en parle, partout. JR et Emmanuel Perrotin sont des communicants hors pair. Rien que pour cela, peut-être était-il logique qu'ils fassent une exposition ensemble?
Voir une exposition quand l'on vous en a déjà beaucoup parlé, quand vous avez vu les photos, ce n'est pas tout à fait pareil. On y va toujours avec un peu d'a priori, négatifs comme positifs. Petit résumé.

Finalement, ce que j'ai préféré est la première chose que l'on voit, et que chaque visiteur photographie avec beaucoup d'application : la façade. Il faut dire que "ça en jette". Très impressionnant visuellement. Jouissif. Et puis le "commitment", comme on dit, du galeriste est intéressant.





A l'intérieur, au rez-de-chaussée, des photographies des nombreuses et talentueuses interventions de JR de par le monde. Je suis assez enthousiaste quant aux interventions in situ mais les photographies, même belles, bien réalisées, je ne sais pas… J'avoue ne pas être complètement conquise.





















Passons à l'étage (tiens, les ascenseurs de Cattelan sont toujours là, si réjouissants). Là, l'espace est scindé en 3. D'abord, à gauche, au fond, une salle sombre. C'est l'aspect participatif. Chacun peut partir avec un poster de soi, ou de l'autre, qu'il doit/peut coller où il veut. Et, croyez-moi, il y a du monde dans cette salle! La galerie a-t-elle embauché quelqu'un exprès? Je ne suis pas toujours fan de ce côté un peu "animation". Mais là, c'est assez subversif finalement et un peu comme un espace de liberté dans l'atmosphère feutrée et pleine de tenue d'une galerie. Une bouffée d'air frais et de drôlerie en quelque sorte.
Passons au deuxième type d'espace de l'étage : des oeuvres plus "plastiques" de JR. Papiers froissés, papiers collés sur du fer rouillé ou du bois avec plus ou moins de réussite. Moins pour ces portraits de vieillards et ces "oeils" qui nous regardent. Plus pour ces papiers sur bois.
3e partie : des vidéos qui documentent le travail in situ, avec montage emphatique, interviews des participants, stop-motions, musique choisie, etc. Personnellement, je serais bien restée une heure pour me documenter.








© Guillaume Ziccarelli


© Guillaume Ziccarelli


© Guillaume Ziccarelli


© Guillaume Ziccarelli




Comme de nombreuses personnes de ma génération, j'aime bien le travail de JR. Il nous fait du bien sans nous heurter. Il s'intéresse au "tiers-monde" (mais cela ne se dit plus), aux pauvres, aux enfants, aux personnes âgées. Il essaie de nous faire réagir, de nous faire prendre conscience des choses.
Et l'ensemble du système qu'a imaginé JR depuis ses débuts pour s'auto-financer était pour moi comme un pied de nez à tout le marché de l'art. Il est important que les artistes puissent vivre de leur travail grâce à la vente de leurs oeuvres. Mais il faut que cela aille dans le sens du travail.
Vous comprendrez facilement pourquoi je ne peux qu'être un peu déçue par cette exposition, trop inégale et trop "documentaire".



Bref, après cette longue analyse, un petit tour par l'impasse pour voir, quand même, l'exposition de Murakami - Klein. Oui, vous avez bien lu. Takashi Murakami rend hommage à Yves Klein. Deux géants qui se rencontrent? Une rencontre hors de propos? J'ai un peu envie de vous laisser décider tous seuls. J'avoue que mon coeur balance encore un peu… Je ne suis pas une immense fan de Murakami, même si j'en reconnais l'importance. Yves Klein, c'est autre chose, indéniablement génial. Les deux sont aussi farceurs. Mais cette exposition a l'air très sérieuse. J'y ai admiré les oeuvres d'Yves Klein toutes en finesse. J'ai regardé simplement celles de Murakami…



© André Morin


© André Morin


© André Morin


© André Morin


© André Morin


© André Morin


© André Morin



JR
Encrages

Takashi Murakami
Hommage to Yves Klein

jusqu'au 7 janvier

Galerie Emmanuel Perrotin
76 rue de Turenne
mardi - samedi 11h - 19h
http://www.perrotin.com


 

Enfin, un peu à l'opposé, plus loin sur la rue de Turenne, Michel Rein présente Allan Sekula au rez-de-chaussée et Dan Perjovschi à l'étage, dans un espace nouvellement aménagé.
Déjà la 5e exposition personnelle de l'artiste à la galerie. Saluons en passant la constance. Deux phrases célèbres vous mettent dans le bain: 
"Quant à l'action qui va commencer, elle se passe en Pologne - c'est à dire nulle part."
Alfred Jarry (présentation de la première représentation d'Abu Roi)
"Braves polonais, prenez garde: prenez garde que pour pouvoir trop bien être, vous empiriez votre situation."
Jean-Jacques Rousseau
Allan Sekula conçoit la photographie comme une pratique sociale. Elle est aussi biographique, exploration de ses racines polonaises. Elle nous parle aussi de migration et de rencontres…
A noter, le beau parti pris du mur rose, très réussi.

 
















Michel Rein a augmenté en septembre dernier son espace d'exposition d'un premier étage. Nous y découvrons en ce moment Dan Perjovschi, pour une troisième exposition personnelle. Il y présente ses dessins si caractéristiques, d'une efficacité redoutable et qui sont pourtant plein de poésie, autour du centenaire d'Emil Cioran.










Allan Sekula
Polonia and…

Dan Perjovschi
Dessiner Cioran

jusqu'au 14 janvier


Galerie Michel Rein
42 rue de Turenne
mardi - samedi 11h - 19h
http://www.michelrein.com/


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