Cette année encore, à l'approche de la FIAC et du fameux bal jaune, le prix de la fondation Ricard pour l'art contemporain a été décerné. Nouveauté cette année : deux lauréats sont arrivés ex æquo, Isabelle Cornaro et Benoît Maire.
Rappelons juste pour les non-initiés que ce prix permet à de jeunes artistes de rentrer rejoindre les 65 000 pièces du Centre Georges Pompidou, ce qui en dehors d'être une consécration, leur offre une très forte visibilité à l'instar du prix Marcel Duchamp.
Cette année, comme je vous le disais, ce sont donc deux lauréats qui ont été élus Isabelle Cornaro et Benoît Maire. Double acquisition donc pour le Centre avec les pièces, pour "Paysage avec Poussin et témoins oculaires (III)" pour la première et "Esthétique des différents, point 1 et 2" pour le second.



C'est tout naturellement, sous le patronage de Corinne Ricard, Collette Barbier, Alain Seban et Alfred Pacquement, qu'ont été salués ces deux artistes prometteurs.
Longue route à eux deux !
Soulignons pour finir, que contrairement aux préjugés, cette année, une galerie bordelaise et non la moindre, a été mise en valeur au travers de ce prix, Cortex Athletico.
Pour infos, voici les grandes lignes de leurs travaux respectifs.
ISABELLE CORNARO
Dans ses oeuvres, Isabelle Cornaro interroge les systèmes et les signes de représentation dans l'histoire de l'art. À travers la série Paysage avec Poussin et témoins oculaires, elle s'intéresse à la transposition de l'espace réel en représentation abstraite. Inspirées des paysages idéalisés de Nicolas Poussin (1594-1665), ces installations font référence à la technique de Poussin qui consistait à construire des chambres noires percées d'un trou par lequel l'artiste regardait ses mises en scène de figurines et d'objets en cire composant les éléments du paysage qu'il était en train de peindre. Chez Isabelle Cornaro, les figures peintes sont transposées en objets, placés selon un principe de vues en contre-plongée et de perspective. Ils sont choisis pour leur signification ou leur charge symbolique.
BENOIT MAIRE
Depuis 2009, Benoît Maire poursuit des recherches dans le cadre d'un "work in progress" intitulé Esthétique des différends dont l'oeuvre distinguée par le Prix Fondation d'entreprise Ricard est la première étape. La notion du différend est empruntée au philosophe Jean-François Lyotard. Elle permet à l'artiste de travailler avec deux outils de pensée : le relativisme et la forme linguistique. "Comment puis-je dire ce que je vois ? Je propose donc un travail où le mot remplace l'image et vice versa.", précise l'artiste.
L'oeuvre Esthétique des différends, point 1 et 2 (2009) comprend deux vitrines avec des notes, dessins, ébauches de sculptures, photomontages, collages ou peintures, ainsi qu'une vidéo sur un socle qui présente des textes de l'artiste. Toute la recherche est également publiée au fur et à mesure dans les cahiers d'un coffret qui se trouve dans la collection de la Bibliothèque Kandinsky.
Une séance du cycle Prospectif Cinéma sera dédiée aux vidéos et films expérimentaux de l'artiste Benoît Maire le 27 octobre 2011 au cinéma 1 du Centre Pompidou.

































