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Thursday, 06 October 2011 14:13

DELTA alias Boris Tellegen : L'ingénieur du Chaos

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Musique electro minimale dans un atelier à côté du cœur d’Amsterdam.

L’homme qui m’ouvre est grand, blond, la quarantaine, tout sourire. C’est lui. Je suis devant Boris Tellegen, alias DELTA.

Pour ceux qui ne le connaissent pas, sachez que DELTA est un des pionniers du graffiti en Europe. Les premières apparitions de son tag ‘DELTA’ remontent à 1984.

DELTA se démarque tout de suite par son style; il ne sort pas d’une école d’art et n’est pas né dans une cité. Il est brillamment diplômé de l’école d’ingénieur Faculty of Industrial Design at the Technical University. Il ne tag pas pour marquer un territoire, mais pour offrir un mode de lettrage et d’expression différent de ce qui se peignait alors sur les murs du Bronx ou de Brooklyn.

Il refuse très rapidement de suivre une carrière d’ingénieur, et se concentre sur la rue. Ces travaux ne sont pas moins emplis de la rigueur mécanique du designer. Ses graffitis jouent sur des perspectives inversées et /ou contrariées. Ses peintures murales se déstructurent très vite. Les lettrages explosent pour révéler autre chose, des structures inintelligibles et originales.

DELTA disparait en délaissant le graffiti et Boris Tellegen, l’artiste, surgit, fort de l’héritage de son aîné.

Les formes simples se découpent  sur des matériaux de tous ordres, bois, papier, carton, mousse de polyuréthane; et les structures s’assemblent sous des formes diverses comme le collage, la sculpture, la peinture.

Mais en refusant l’ingénierie, c’est surtout l’ordre que DELTA décide de fuir. L’ordre en tant que logique, l’ordre d’assemblage, l’ordre établit.

 

L’amour de la précision méticuleuse des maquettes qu’il a réalisées durant ses années d’étude poussent Delta à délaisser les murs au profit de la sculpture. C’est donc tout naturellement que les formes issues de ces lettrages de graffiti s’extrudent. Les faces des perspectives des lettres de ses tags prennent corps et deviennent les pièces d’un jeu complexe de superpositions.



L’artiste me confit que notre monde est régit par l’ordre et que c’est cet ordre qui dirige nos pensées. Nous nous sommes habitués à vivre avec des représentations très concrètes du monde qui nous entoure : un mur droit et blanc, une lettre plate et noire, une voiture à quatre roues. C’est contre cela que Boris Tellegen lutte. Il se bat contre nos structures de représentations et de constructions mentales.

Il a décidé de laisser une place au chaos. Il a décidé de laisser le chaos supplanter et remplacer la logique des choses. L’ordre.  Aussi lorsque qu’il construit le mur de l’installation « Exothermic », tout est là.

Tous les matériaux nécessaires sont présents, plaquo platre, isolant, structures métalliques et bois; même le câblage électrique est prévu. Se laissant conduire par ce qu’il nomme le chaos et non par la logique, Boris Tellegen construit son mur. Laissant la place à l’imprévu et à un refus des conventions, il élabore une structure mural qui échappe au sens commun nous offrant une pièce qui reprend l’essence même du mur, c'est-à-dire une cloison divisant un espace en deux, mais une séparation assemblée dans un ordre différent et qui nous déstabilise, nous poussant à nous interroger sur la validité des structures qui nous régissent et sur les partis pris qui nous ont, de tout temps, été imposés.

 

Une leçon que nos dirigeants devraient peut-être entendre ; reconstruire les règles qui nous régissent, en y apportant une réflexion moins conventionnelle et établie.

Notez pour finir, que BACKSLASH sera fière de pouvoir vous présenter ces dernières pièces très bientôt... Mais chut! C'est un secret.

 

 

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