Les peintures d'Ellsworth Kelly n'ont pas fait l'objet d'exposition à Paris depuis 20 ans! Qu'on se le dise, SAMEDI, c'est GALERIES sort de son habituelle promotion de la jeune création pour se perdre dans la contemplation de l'exposition de Kelly à la galerie Marian Goodman.
Immense galerie qui depuis plus de 30 ans promeut artistes américains et européens sur les 2 continents. Dès 1965, Marian Goodman a commencé dans l'édition de multiples avec les plus grands (Lewitt, Warhol, Smithson, Oldenburg, etc.) puis elle a ouvert sa galerie à New York en 77 avec la première exposition personnelle aux États-Unis de… Marcel Broodthaers!
Eternelle passeuse entre son pays et toute l'Europe, c'est en 1995 qu'elle ouvre une antenne à Paris. L'espace qu'elle occupe à Paris rue du temple existe depuis presque 15 ans.
4 peintures. 4 panneaux de bois peints en blanc, sur lesquels se superposent en partie des panneaux courbes de couleur verte, rouge, jaune ou bleue.
Cela peut ne pas sembler très palpitant d'emblée. Et pourtant, l'émotion est là. La force des œuvres vous submerge. Et comment parler aussi de l'engagement, celui de l'artiste, celui de la galerie.
Bien sûr, Ellsworth Kelly est un artiste consacré, sa galerie internationalement reconnue. Où est le risque me direz-vous? Aucun. C'est la force de la proposition qui frappe.
Ellsworth Kelly, à 88 ans, l'un des plus grands maîtres de l'abstraction américaine, revient à Paris avec son habituelle et déconcertante simplicité qui, pourtant, n'en finit pas de questionner l'autonomie de l'art et la beauté de la forme.
Si j'écris "revient à Paris", c'est que l'artiste entretient avec la ville une longue histoire d'amour qui commence en 1948. C'est à cette période justement qu'il dessine pendant une représentation au Théâtre Marigny "Relief in Blue, une courbe qui reprend celle du rideau de théâtre… Se libérant ainsi de la figuration.
Je ne vais pas gloser longtemps sur cette exposition. Il y a suffisamment de matière sur le travail de Kelly. Comme toujours, je me contenterais de vous proposer quelques images en espérant que vous vous y rendrez...
courtesy Galerie Marian Goodman
courtesy Galerie Marian Goodman
courtesy Galerie Marian Goodman
courtesy Galerie Marian Goodman
courtesy Galerie Marian Goodman
courtesy Galerie Marian Goodman
Ellsworth Kelly
Curves on White (Four Panels)
jusqu'au 13 juillet
Galerie Marian Goodman
79 rue du Temple
mardi - samedi 11h - 19h
http://www.mariangoodman.com
Slick Bruxelles, le off
Bon ça fait un peu un mois qu'on est revenu mais le temps passe si vite… Je voulais tout de même vous faire une petite visite off de la foire off d'ArtBrussels, la bien nommée Slick.
Première édition belge pour l'équipe de Slick et un endroit magnifique, la Wild Gallery, sise vers la gare du Midi. Backslash est venu, a vu et a aimé!
Voici en images quelques instants de notre séjour bruxellois, entre montage de stand, soirées, vernissages et démontage.
Premier jour, arrivée à la Wild Gallery:
Les camions belges ont une manière bien à eux de se garer haut perché!
La signalétique des sous-sols de la Wild, très important!

Petit intermède culinaire au Wiels, pause déjeuner pendant le montage...
Le montage donc! Des caisses, des outils, des œuvres et des vélos!
Une fois le stand monté, on file à la soirée d'un collectionneur bien connu.
Ambiance chantier, le personnel porte des casques dans la buvette qui sert des soupes chaudes (en l'an 2012, un froid terrible sévissait sur Bruxelles), les incontournables excellentes frites belges, etc.
Le temps de l'expo…
… et hop, on retourne à la buvette! On y croise tout le monde de l'art franco-belge et on est comme chez soi!
Un peu plus tard, le parking désaffecté ouvre pour une garage-party bien ambiancée dans une atmosphère bleutée. On parle art entre artistes, foires entre marchands, actualité entre journalistes.
Jour de vernissage sur Slick, un intermède rose vient délecter les visiteurs.
Comme dans toutes les villes du monde, les galeristes profitent des foires pour venir des expositions. Un petit tour de galeries s'impose, notamment dans l'impressionnant espace d'Almine Rech.
Sur la foire, rencontre entre directeur artistique, jeune artiste talentueux et marchand.
Enfin, après une semaine artistique épuisante entre stand, soirées et gastronomie belge, vient le démontage. C'est toujours un moment un peu triste mais avouons qu'il est bon de rentrer chez soi aussi et de pouvoir enfin se reposer un peu!

Prochaine étape : Bâle, la grande messe de l'art contemporain! On vous racontera, promis!
SAMEDI, c'est GALERIES (le 40e!) reprend après une petite pause, due au montage de notre exposition actuelle, pour s'intéresser à un très bel ensemble d’œuvres de Gregory Derenne que vous pouvez voir en ce moment à l'incontournable galerie Bertrand Grimont.
Ceux qui s'intéressent à l'art contemporain le plus pointu connaissent bien cette galerie de la rue de Montmorency que l'on peut retrouver également dans les foires prestigieuses et les revues de qualité.
Gregory Derenne est l'un de mes artistes favoris à la galerie. Je ne pouvais pas ne pas vous en parler ici.
Diplômé de l'ENSBA en 2007, l'artiste a un univers bien à lui, entre lumière aveuglante et obscurité. Ou plutôt, il part du noir pour nous amener vers la lumière, laissant une part d'ombre omniprésente. Le caractère dramatique de ses œuvres est renforcé par cette tension entre la précision de certains traits et l'évanescence qui caractérise les autres. Et c'est cette tension et cette maitrise qui vous marquent quand vous regardez les toiles de Gregory Derenne, qui prend à l'inverse comme sujets des environnements éphémères et souvent illusoires, se situant toujours en retrait ou d'un point de vue inhabituel, comme un peu mélancolique.
Après lui avoir consacré une première exposition personnelle en 2010, la galerie Grimont réitère avec conviction cette année. L'exposition se nomme "Sunlights" et montre un ensemble autour, surtout, des… cathédrales et églises! Encore une fois, l'artiste prend le contrepied de ce que l'on attend de lui et s'intéresse à ces monuments d'éternité. Vitraux et claire-voies sont prétextes à de superbes jeux de lumière et de couleurs tandis que piliers et architectures sont ceux de lignes de fuite qui rentrent dans l'obscurité.
Vous ne pourrez que vous perdre dans ces œuvres pleines de grâce et de subtilité!









Gregory Derenne
"Sunlights"
jusqu'au 7 juin
Galerie Bertrand Grimont
47 rue de Montmorency
mardi - samedi 14h-19h
http://www.bertrandgrimont.com
Après avoir passé une semaine à voir le magnifique stand commun de mes confrères Ilan Engel et Odile Ouizeman sur SLICK Brussels (compte-rendu à venir sur le blog), il me tenait à cœur de visiter enfin la galerie d'Ilan Engel rue des Archives, juste entre la rue de Bretagne et la rue Pastourelle.
Quand Ilan Engel vous parle d'une œuvre, il vous fait voyager. Et quelles œuvres! Nous avions adoré son stand minimaliste et radical à Art Paris. Celui de SLICK Brussels ne l'était pas moins. Et que dire de l'exposition actuelle à la galerie!
Direction donc la rue des Archives, au premier étage où l'on est chaleureusement accueilli. Samuel Bianchini présente "Opération Opération", sa première exposition personnelle à la galerie. Il y déploie trois installations où le geste occupe une place de choix, que ce soit dans l'interaction ou dans l'image elle-même.
Montrée au Centre Pompidou il y a un an dans le cadre de l'exposition Hors Pistes, "D'autant qu'à plusieurs" est une installation interactive où l'on voit l'image reproduite à l'infini de deux personnes assises l'une derrière l'autre sur un gradin. Bien que l'on sente la dimension fondamentale du collectif et du politique, l'image reste un symbole, impossible à situer précisément. Meeting politique? Événement sportif? A chacun de se construire son propre contexte, sa propre histoire. Mais surtout, chacun peut, avec son curseur, faire applaudir et se lever les deux personnages, provoquant une sorte de "ola" qui surprend et amuse.



D’autant qu’à plusieurs, 2001
Dispositif interactif sur le web et installation
Pupitre tactile incliné, ordinateur, écran haute définition ou mono ou multi vidéo-projection
Développement informatique : Emmanuel Méhois (web) et Oussama Mubarak (installation)
Courtesy Ilan Engel Gallery, Paris
+ d'infos sur :
http://www.dispotheque.org/doc/dautan/fr/index2.htm
Dans la même pièce, on découvre "All Over", une création sur internet inspirée de l'Ascii Art, méthode d'affichage utilisée dans les débuts de l'informatique, où des images représentant des scènes indéfinies sont formées par des caractères typographiques, chiffres et devises. Au départ fixes, ces images se mettent en mouvement en fonction des flux boursiers du monde entier captés en temps réel. On se retrouve dans une double sensation contradictoire: à la fois spectateur face à la réalité des mouvements boursiers, à la fois admirateur de l'image qui est devant nous...



All Over, 2009
Dispositif sur internet
Réalisation informatique : Oussama Mubarak
Projet produit par le Jeu de Paume pour son “Espace virtuel”, commissariat : Marta Ponsa
En partenariat avec Corbis France
Courtesy Ilan Engel Gallery, Paris
A voir sur :
http://www.dispotheque.org/allover/
Dans le bureau, l'installation interactive, "Tous ensemble" est une série d'images représentant la même vue d'un boulevard vide, où un protagoniste, un manifestant, est présent, chaque fois différemment. Certains portent des pancartes, d'autres des banderoles ou encore des drapeaux. Plusieurs souris vous invitent à faire avancer le personnage mais toute la tension se situe dans le fait que tous les "utilisateurs" présents doivent composer ensemble : toutes les souris contrôlent un seul et même curseur…



Tous ensemble, 2007
Installation interactive
Socle, souris, ordinateur, vidéoprojection
Développement informatique : Emmanuel Méhois
Animations : Pascal Loddo et Patrick Hepner
Production : Dispothèque, avec le soutien du Citu Université Paris 8
Remerciements : Michèle Senghor
Courtesy Ilan Engel Gallery, Paris
+ d'infos sur :
http://www.dispotheque.org/doc/tousensemble/fr/index2.htm
Belle réflexion sur l'être ensemble, d'une actualité absolument parfaite.
Chapeau bas devant tant d'audace, M. Engel!
Samuel Bianchini
"Opération Opération"
jusqu'au 12 mai
ilan engel gallery
77 rue des Archives
Mardi - Samedi, 14h - 19h
http://www.ilanengelgallery.com
Artistes :
Stephan Crasneanscki
Christophe Dugied
Arnaud de Gramont
Mihai Mangiulea
Eric Michel
Julien Segard
Olivier Sémon
Yannig Willmann
“L’ART EST UNE POSITION UNIVERSELLE DE MERDE QUI NE REPRÉSENTE RIEN”; VISITE DE L’ATELIER DE FRANCK SCURTI
Cet après midi, c’est Franck Scurti qui reçoit Backslash pour la visite de son atelier. Amateur de poésie, artiste aux multiples facettes , il vient d’ailleurs d’être nominé pour le prochain prix Marcel Duchamp, ce qui en dit dit long sur sa carrière.
Retour en 1999: Tout bascule pour lui. Las de livrer des oeuvres sous la forme de projets définis par des budgets de production, Franck Scurti décide de revenir à l’essence du geste artistique: la spontanéité et la simplicité. S’affranchir des problématiques de production pour retrouver un rapport direct aux objets et à la création. Loin de Jeff Koons ou Damien Hirst, il confie volontiers que tous les deux, ils n’ont pas le “même métier”. Pas de cravate ni d’attache case pour lui. Revenir au contact des matériaux, altérer, transformer, manipuler les machines et les process de production disparaissent au profits des main, de l’oeil et de l’inspiration

Depuis cette rupture, tout son univers s’est concentré autour de rencontres avec les formes diverses de la vie. Un objet, la rue, les gens qui y déambulent ou encore même l’actualité. L’artiste trouve son inspiration dans ces rencontres et s’attache ensuite a retrouver l’essences des choses. Certain objets se voient ainsi sacralisé comme une table de travail qui après avoir accueilli les oeuvres de l'artiste accède à son tour, comme par une forme de de reconnaissance, au statut d’oeuvre.

"Working table, 2012"
En retravaillant la surface de la table, maculée par les heures de travail, Franck Scurti nous livre une pièce qui allie une esthétique informelle et la rigueur du Bahaus par l’adjonction d’une lampe.
D’autres comme la pièce de Bridget Riley sont rendues anecdotiques par une reproduction empreinte de nonchalance et/ou par leurs mise au second plan.

"Bridget's comb, 2008"
Dans cette série de pièces, l’artiste dénonce le manque de sens qu’il ressent dans l’art optique et ré évalue la pièce via l’adjonction d’un peigne qui reclasse l’oeuvre de Riley dans une dimension décorative.
Les enseignes qui nous dominent, tombent au sol et les pierres sans intérêt au yeux de tous deviennent des oeuvres.
Cf les reflets, 2003: http://www.franckscurti.net/street_reflets_fr.php

Enseignes lumineuses, Dimensions variables
Neon signs, Various dimensions
Ces 2 derniers exemples illustrent bien le concept de rencontres.
C’est le reflet de l’enseigne de la pharmacie de sa rue sur le troittoir un soir de pluie qui conditionnera la base de la réflexion sur la série des enseignes.
Pour "Statement", l'artiste fît un rêve lors d'un séjour à Stockholm, celui d’une exposition dans laquelle chaque oeuvre avec une pierre collée dessus. Il pensait à ce rêve lorsqu’ Ulf Linde, célèbre critique d'art Suédois et ami de Duchamp lui adressa cette phrase: ” Art is a damned universal standing for nothing” qui se traduit par “l’art est une position universelle de merde qui ne représente rien”. Franck Scurti s’est alors lancé dans une série d’oeuvre où il écrit cette phrase à la main sur les pages bourse de journaux du monde entier en fixant une pierre dessus.

Une rencontre, un rêve qui devient réalité, Franck Scurti se définit comme un “chiffonier” très “fluxus” qui ne cherche pas le grandiose mais plutôt à nous livrer des oeuvres empreintes d’une forte dimension idéologique, une forme d’allégorie politique née d’une réflexion sur l’essence et les sens des choses. Un geste créatif qui s’éloigne de plus en plus des circuits de production; un geste spontané et manuel; le geste artistique.

Cela faisait des semaines que je passais devant cette vitrine opaque de la rue de Notre-Dame de Nazareth, essayant d'entr'apercevoir l'espace. Mais Philippe Riss n'a rien laissé filtrer. Le suspens total. J'ai bien essayé de le cuisiner sur son stand à Drawing Now. Mais rien à faire! C'est hier que j'ai pu enfin découvrir l'Xpo Gallery!
Xpo Gallery a d'abord été anglaise, installée dans le South London pendant 3 ans, non loin de Stockwell et Clapham, avant d'ouvrir à Paris dans notre cher quartier du Haut Marais.
C'est dans un espace original et refait à la perfection, que Philippe Riss nous recevait hier soir. La galerie a été inaugurée avec une exposition personnelle de Cédric Quissola, que vous avez peut-être remarqué également la semaine dernière au salon du dessin.
4 séries de dessins aux identités imprécises se déploient sur les murs.
La première est celle des vanités instantanées où chaque dessin est une tentative échouée du portrait. Eloge de l'erreur et de la frustration que viennent presque contredire des couleurs acidulées. Les visages sont chaque fois dissimulés derrière des formes improbables.

Flou tranchant
67 x 74 cm, crayons de couleur sur papier
Le pouce malheureux
67 x 74 cm, crayons de couleur sur papier
La série en face s'appelle (Dés)illusions. C'est un très beau jeu entre un gaufrage, chaque fois identique, qui représente une sorte de roc de papier, ou des cristaux aux formes complexes. Toujours le même protagoniste, minuscule et touchant, dessiné au crayon de papier qui essaie de grimper, d'atteindre un but, un sommet, sans jamais y arriver… C'est très beau!

(Dés)illusion 1
64 x 44 cm, gaufrage & crayons de couleur sur papier
(Dés)illusion 5
64 x 44 cm, gaufrage & crayons de couleur sur papier
Ensuite, un étonnant ensemble de personnages étirés, reflets d'une "humanité augmentée". Portraits là encore mais de notre schizophrénie cette fois et de nos multiples identités virtuelles, extensions de nous-mêmes.


Humanité augmentée 2
35 x 56 cm, crayons de couleur sur papier
Humanité augmentée 4
26 x 54 cm, crayons de couleur sur papier
Pour finir sur ce portrait très contemporain et quelque peu désabusé, ceux d'enfants dont les visages vides nous parlent de conditionnement et de déterminisme culturel et social, de l'illusion du libre-arbitre...

Conditionnement 2
102 x 68 cm, huile sur papier
Conditionnement 4
102 x 68 cm, huile sur papier

Quand je dis que l'espace est refait à la perfection, je n'exagère pas! Cloisons surélevées, prises au sol, système d'éclairage absolument fantastique et entièrement modulable. Tout est dans la simplicité et l'excellence. "British" : une grande classe mais avec beaucoup de modestie!
Xpo Gallery se veut résolument prospective, tournée vers l'avenir. Sa programmation donnera à voir toute une génération d'artistes qui ont grandi dans l'ère numérique, celle des mutations constantes, des superpositions, des références multiples et contradictoires, où la réalité est souvent modifiée ou dépassée par le virtuel. Les artistes représentés par Xpo Gallery s'interrogent sur la nature humaine devant ces nouvelles mutations, sur ce qui nous constitue, aujourd'hui, au XXIe siècle.
D'ailleurs, Xpo Gallery ne pouvait se permettre d'avoir un site Internet comme les autres. Elle a fait appel au talentueux graphiste Charles Beauté et à une jeune artiste que Backslash sait pleine d'avenir : Juliette Goiffon. C'est un hasard, mais ils exposeront non loin, à la Gaîté Lyrique, le 10 avril, pour les Editions Extraordinaires.
Cédric Quissola
Indécises identités
jusqu'au 13 mai
Xpo Gallery
17 rue Notre Dame de Nazareth
du mardi au samedi de 14h à 20h
http://www.xpogallery.com/
CHARLES BEAUTÉ
JULIETTE GOIFFON
http://www.juliettegoiffon.fr/
GLOBAL REPOSITIONNING SYSTEM
AVEC JULIETTE GOIFFON ET CHARLES BEAUTÉ
POUR LES ÉDITIONS EXTRAORDINAIRES
10 > 22 AVRIL
VERNISSAGE LE 10 AVRIL - 18H30 > 21H
GAÎTÉ LYRIQUE
3 BIS RUE PAPIN
75003 PARIS
WWW.GAITE-LYRIQUE.NET
J'en profite pour vous dévoiler la dernière édition du plan des Galeries du Haut Marais qui sera disponible dans les galeries d'ici quelques jours!!





Rero casse la baraque !!!
Une vente, une cimaise qui s’effondre et Rero qui casse la baraque !!
Voici comment résumer la vente aux enchères de Street Art qui s’est déroulée hier à l’Hôtel Salomon de Rothschild sous le marteau de maître Pierre Cornette de Saint Cyr.
Alors que les derniers lots passent, j’entends des craquements bizarres venant de la cimaise devant laquelle je me trouve… Et là, je vois que ça commence à basculer dangereusement. Mon sang ne fait qu’un tour : courage, fuyons !!!

Heureusement, d’autres ont eu le réflexe contraire et sont accourus afin de soutenir l’immense cimaise qui supportait tout de même une bonne vingtaine d’œuvres. Je tiens ici à remercier un collectionneur bien connu de Backslash qui s’est courageusement élancé vers les deux toiles de Rero afin de les protéger !

Pas de blessé, mais par contre, quelques œuvres ont probablement souffert… Je n’en saurai pas plus, tout est immédiatement pris en main par la maison de vente.
Notons que l’étude avait certainement délégué l’accrochage.
Bref, la vente reprend après cet intermède et nous voici venus aux deux toiles de Rero, les derniers lots à passer. Maître Pierre Cornette de Saint Cyr fait le show, parle d’un artiste devenu une référence dans le monde du Street Art et de sa galerie merveilleuse et dynamique (je ne pouvais pas ne pas mentionner cet aspect nécessaire à mon post) !
Bref, la première œuvre part à un très bon prix (déjà plus que l’estimation) et la seconde… à un excellent prix ! Backslash is delighted !!!!
Cette petite histoire de cimaise est aussi l’occasion pour moi d'écrire mon mécontentement face à un collectionneur peu scrupuleux que nous appellerons Monsieur Olivier D. Ce dernier a mis en vente une grande partie de sa collection et notamment des œuvres acquises depuis à peine deux ou trois semaines. Des œuvres de jeunes artistes qui n’ont pas encore d’intérêt à passer en vente et qui peuvent en souffrir fortement. Certains lots ont été ravalés et les cotes en éprouveront les conséquences !
Bravo Monsieur Olivier D. !!! La spéculation existe évidemment dans le monde de l’art mais parfois de la part d’imbéciles qui ne comprennent probablement pas grand chose à la création et dont le respect pour les artistes est certainement inexistant !
En parlant d’Art à Paris… avec du retard…
En parlant d’Art à Paris… avec du retard…
Un soir de vernissage comme les autres, mais cette fois, on est accueilli d’entrée par le gratin du monde de l’art ! Pour ne citer qu’eux : Henri-François Debailleux, Philippe Piguet, Larry Gagosian, François Pinault, Marin Karmitz, Amaury de Solages…
Et c’est Joël Ducorroy qui nous propose cette balade dans l’antre du marché de l’art, sur le stand de la galerie Baudoin-Lebon. Fun, isn’t it ?
Un peu plus loin, la nouvelle recrue Templon : Kehinde Wiley et ses fameux portraits de jeunes issus de la rue sur des fonds de tableaux anciens. On adore !
Et on adore aussi la vision de Chiharu Shiota, une robe de poupée (ou de jeune baptisée) dans ses imbroglios de fils, qui fait penser à une hommage quelque peu mortuaire.
On fait quelques pas, on continue l’allée et on tombe sur le stand de Catherine Issert. Respect total ! Un stand magnifique où la sobriété rivalise avec la beauté de chaque pièce présentée.
Que ce soit François Morellet, Pascal Pinaud, Claude Viallat ou encore Xavier Theunis, toutes les œuvres s’admirent une par une et ne laissent aucune place au doute ou à l'à-peu-près. Bravo ! Incontestablement le grand moment de la foire !
Des ballons en ciment flottent au-dessus du stand de De Primi Fine Art.
Une belle sélection chez Catherine Houard…
Un sublime Bruno Peinado chez Mario Mauroner Contemporary !
La sobriété classieuse du stand d’Ilan Engel et le brio des photographies de Stephan Crasneanscki dans lesquelles on ne découvre la couleur qu’au plus près. Chapeau !
Les copains de la galerie Paris-Beijing !!! Toujours un monde fou sur leur stand et ça fait plaisir ! Le top de la création contemporaine chinoise mais pas que, on appréciera Nandan Ghiya ou Jean-Francois Rauzier.
Next booth is Bertrand Grimont ! Linda Sanchez présente un « tissu de sable », comme abandonné sur le sol, qui traduit une forme de poésie quasi abstraite où la matérialité deviendrait une sorte de nécessité créatrice.
Voilà, la première édition de Guillaume Piens pour Art Paris. Résultat : de très très beaux stands mais aussi des doutes sur certains (dont je n’ai pas parlé… diplomatie oblige), une impression de second marché très forte également. Voyons sur la durée…
- Larry gagosian
- Stephan Crasneanscki
- templon
- parisbeijing
- Bertrand Grimont
- claude Viallat
- François Pinault
- Chiharu Shiota
- Guillaume Piens
- Art Paris
- Philippe Piguet
- HenriFrançois Debailleux
- Marin Karmitz
- Amaury de Solages
- Joël Ducorroy
- BaudoinLebon
- Kehinde Wiley
- Catherine Issert
- François Morellet
- Pascal Pinaud
- Xavier Theunis
- De Primi Fine Art
- Catherine Houard
- Bruno Peinado
- Mario Mauroner Contemporary
- Ilan Engel
- Nandan Ghiya
- JeanFrancois Rauzier
- Linda Sanchez
En cette semaine dédiée au dessin, SAMEDI, c'est GALERIES prend le relai du post de Miss D. sur DRAWING NOW et se consacre exceptionnellement à son HORS LES MURS à seulement quelques minutes de la foire.
Vous ne pouvez pas louper l'entrée de l'immeuble rue de Richelieu avec ses grandes bannières et une immense œuvre de Jacques Villeglé en façade. Artiste invité par Philippe Piguet, il nous parle en hiéroglyphes. Attention quand même de ne pas vous laisser absorber par le déchiffrage et la contemplation, la circulation va à toute vitesse!
Après un accueil chaleureux, vous pouvez découvrir un très beau grand format d'Iris Levasseur représentée par la galerie Odile Ouizeman. Outre l'étrangeté envoutante du sujet, on retrouve bien le "coup de pinceau" (ou plutôt ici "le coup de crayon") admirable de l'artiste.

Dans une grande salle, sont mis face à face, dans un accrochage sobre et qui laisse respirer les œuvres, un fusain de Nina Fowler (Galerie Dukan Hourdequin), des dessins de Le Gun dans des cercueils (Exquisite Corpse Series, Galerie Suzanne Tarasiève), un grand format de Jérôme Zonder, qui vient habilement compléter l'exposition récente chez Eva Hober, bien que j'ai préféré les œuvres vues à la galerie à celle présentée ici, et enfin des découpages de Mathias Schmied (Galerie Olivier Houg). Ce dernier a découpé et plastifié des pages de comics (en VF: de bandes dessinées), ne retenant que des explosions ou des éléments d'architecture, pour ensuite les agencer en une frise. Le procédé est original et l'ensemble vraiment magnifique! J'ai beaucoup aimé.





Il faut oser pousser un rideau, dans cette même salle, pour découvrir une installation incroyable d'Eric Winarto (Galerie Charlotte Moser). Une longue bande qui semble faite de diverses séquences est éblouissante. Réalisé avec de l'acrylique blanche que fait vibrer la lumière noire, le dessin est minutieux et en même temps d'une belle sensibilité. Voici encore une variante bien peu traditionnelle du dessin!



Toujours au rez-de-chaussée, une petite salle est consacrée à Pierre Weiss, invité par Catherine Millet (auteure cette année du Musée Imaginaire de Drawing Now).
D'autres surprises nous attentent à l'étage, avec à gauche plusieurs salles consacrées à Gilgian Gelzer (Galerie Jean Fournier), qui joue avec les perspectives avec de grands traits rouges et bleus.


A droite, d'immenses dessins-écritures au ton sarcastique et militant de Charles Derenne (Galerie du Jour - Agnès B.) viennent envahir les murs blancs.

Et puis une superbe vidéo, Other Faces, de William Kentridge (Marian Goodman) qui vous retient, avec une bande-son troublante et l'habituel talent de l'artiste. Prenez 9 minutes pour voir la vidéo. Elle est visible également à la galerie dans le cadre d'une exposition autour du dessin (Dean, Penone, Orozco, Toroni et Wiener).

On change ensuite radicalement d'univers avec les fragiles dessins et les sculptures de Catherine Melin (Galerie Isabelle Gounod). Toute en retenue, l'artiste a inscrit avec une grande délicatesse ses structures étranges, éléments d'architecture, objets, on ne sait, qui répondent avec grâce à d'autres structures, tangibles celles-ci, en bois calciné, presque intemporelles.




On termine avec un grand format de Nina Fowler.
Je ne peux que vous recommander cette visite à l'opposée des stands bien alignés et de la foule. C'est tout à l'honneur de Drawing Now et des exposants que de nous proposer cette respiration.
C'est un peu comme se balader dans des galeries le samedi : avoir tout son temps pour regarder les œuvres et faire quelques rencontres. Il y a d'ailleurs pas mal de galeries qui ont joué le jeu avec une programmation tournée vers le dessin, voire des expositions pensées vers cette actualité!
A samedi prochain!
Drawing Now Hors les murs
17 rue Richelieu
jusqu'au 1er avril
http://www.drawingnowparis.com
- Eva Hober
- Odile Ouizeman
- Galerie du Jour
- Agnès B.
- drawing now
- Isabelle Gounod
- Suzanne Tarasiève
- Dukan Hourdequin
- Nina Fowler
- Iris Levasseur
- Jérôme Zonder
- Marian Goodman
- Catherine Millet
- Jacques Villeglé
- Philippe Piguet
- Le Gun
- Mathias Schmied
- Olivier Houg
- Eric Winarto
- Charlotte Moser
- Pierre Weiss
- Gilgian Gelzer
- Jean Fournier
- Charles Derenne
- William Kentridge
- Catherine Melin

































